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PI. LXXXVIII

Niger ; pectore, jugulo , gulâ , humerisque sanguineïs ; a lis cauddque nigris ( mas senior ).

Supra obscure et dilute f uscus; subtus, coccineus; imo ventre, cruii bus , remigibus ; rectricibusque obcuré fus ci s ( adultus).

Griseus, nigro punctatus , fasciâ oculorum alrâ (junior).

Troupiale de la Guyane, Briss., Ornith., tom. 2, pag. 107, n° i8, pl. 1,

fis- *•

Idem, Buffon, Hist. nat. des Ois., tum. 3, pag. 218, pl. enl, 536. Troupiale de Cayenne, Idem, pl. enl. n° 236.

TROUPI ALES.

Le troupiale tacheté de Cayenne, idem , pag . 223, pl. enl. n° 448- \fig- î et 2.

Le cardinal brun, Brisson, tom. 3, pag. 5 1 , n° 3o.

Oriolus Guyanensis, Linn ., G/n., Sjst. fiat., édit. i3, n° g.

Idem, Lath., index, n° 16. Oriolus Americanus, idem , n° i5.

Tanagra militaris, Linn., Gin., n° i y. Idem, Lath., index, n° 38.

Oriolus melancholicus , Linn., Gm., n° i y. Idem, Latli., index , «° 33.

Militaris tanager, Lath. Synopsis, tom. i, pag. o.l\i, n° 4o.

Gujana oriole, Idem, tom. 2, pag. 34o, i5.

Shomburger, Lath., idem, pag. 44 1 ? «° 3i.

Tordo de gollado tercero , de Azara apuntamientos para la Hist. Natur. de los paxaros del Paraguay y rio de la Plata, tom. i, pag. 3og, n° yo.

Cet oiseau n’est point, comme l’a pensé Montbeillard , une simple variété du troupiale commandeur, qui en diffère par une grande partie de son plumage et de son genre de vie; de plus, l’un et l’autre ne se montrent jamais dans les mêmes contrées : le premier habite la Guyane et le Paraguay , l’autre ne se trouve que dans l’Amérique septentrionale, depuis la Nouvelle -Espagne jusqu’au Canada. Le savant collaborateur de Buffon, Latham, et Gmelin, ont fait des doubles et triples emplois en donnant comme des espèces distinctes le troupiale de cet article , sous sa livrée d’adulte et de jeune âge. ( Voyez la Synonymie. )

Cette espèce, que Sonnini a observée à la Guyane, et dont le mâle a un ramage agréable et imitateur, donne à son nid une forme longue, cylindrique et le suspend aux branches des arbres. Elle se tient au Paraguay, dans les marais et dans les campagnes qui les avoisinent, se pose sur les joncs et sur les autres plantes, et cherche à terre sa nourriture. Quoiqu’elle ne soit point farouche , elle se cache communément dans les joncs et les broussailles, plutôt pour y trouver sa pâture, que par crainte ou par défiance.

Chez ce troupiale, dans l’âge avancé, toutes les parties supérieures, les ailes et la queue sont d’un beau noir; le pli de l’aile, la gorge et toutes les parties postérieures d’un rouge vif; les rectrices paraissent, vues sous un certain jour, comme moirées transversalement d’une couleur de plomb; l’iris

1 3o CASSIQUES.

est noir, ainsi que le dessus du bec, dont le dessous est d’un bleu céleste; les pieds sont noirâtres. Longueur totale, 6 à 7 pouces.

Le même, lorsqu’il est adulte, diffère du précédent en ce que le noir esl remplacé par du noirâtre; que chaque plume de cette couleur est bordée de gris; que le rouge des parties inférieures est varié de traits blanchâtres qui terminent chaque plume : l’intérieur des rémiges et l’extrémité des rectrices sont grisâtres.

Le jeune, avant sa première mue, n’a aucun indice de rouge dans sa livrée; les plumes des parties supérieures sont brunâtres et bordées de gris ou d’un jaunâtre plus ou moins sombre; la gorge est sans tache et brune; un trait de la même couleur passe immédiatement sous les yeux, se prolonge en arrière en deux traits noirs parallèles , dont l’un accompagne le trait brun par-dessus et l’autre embrasse l’œil par-dessous; le bec est d’un gris bleuâtre; les pieds sont couleur de chair.

division. CASSIQUE, Cassicus.

Bec plus long que la tête, entier, robuste, convexe en dessus, droit, longicône, pointu , gibbeux à la base de sa partie supérieure, et formant un angle arrondi dans les plumes du front. PL H, n° 5.

Narines rondes, ouvertes, situées près du capistrum.

Langue pointue, cartilagineuse et bifide à son extrémité.

Tarses nus, annelés, forts.

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l’externe, totalement séparé de l’interne.

Ailes moyennes; première rémige plus courte que la cinquième, troisième et quatrième les plus longues de toutes.

Queue à douze rectrices.

Quoiqu’à l’exemple de M. de Lacépède, nous ayons séparé les cassiques, les carouges, les troupiales, les baltimores et les loriots, que Linnée et Latham ont classés dans leur genre oriolus, on doit néanmoins les réunir pour n’en former qu’une seule famille , attendu que tous se rapprochent par plusieurs caractères , par quelques habitudes et par la même industrie dans la

CASSIQUES. i3i

construction de leur nid, ainsi que nous l’avons vu dans les articles précédens. Les cassiques n’en montrent pas moins que les autres. L’yapou ( oriolus persicus, Linn. ) lui donne une forme singulière: c’est celle d’une cucurbite étroite, surmontée de son alambic; il est composé simplement d’herbes desséchées, et il n’y entre ordinairement ni crin ni autre substance semblable. L’on voit souvent plusieurs centaines de ces nids suspendus au même arbre etagités par les vents. Celui du cassique rouge ( oriolus hœmorhous , Linn.) est suspendu aux branches des arbres qui s’avancent sur les rivières, et composé de brins d’herbes desséchées; le fond est beaucoup plus épais que le reste ; l’ouverture n’est pas tout à fait à la partie d’en haut , elle est un peu plus basse et conduite obliquement, de sorte que de quelque côté que la pluie vienne , elle ne peut entrer dans ce berceau. Mais si on consulte leurs attributs génériques, on voit entre tous ces oiseaux des différences frappantes; en effet, le bec des cassiques est lisse, droit, très-fort, très-dur, et la mandibule supérieure s’avance sur le front en forme d’angle arrondi , et quelquefois plus haut que cette partie. Nous avons dit précédemment que celui des carouges est grêle, un peu arqué, que la base de sa partie supérieure est moins avancée sur le front et se termine en pointe ; le bec des troupiales est droit comme celui des cassiques, plus épais à sa base que celui des carouges, et se prolonge de la même manière sur la tête. Les mandibules des baltimores sont à leur origine comme celles des troupiales, mais l’angle frontal de la supérieure est moins prononcé ; et elles présentent dans leur forme , comme l’a fort bien observé le savant collaborateur de Buffon , une pyramide à cinq pans, dont deux pour la supérieure et trois pour l’inférieure. Enfin, le bec des loriots diffère presque totalement de celui de tous les autres, en ce qu’il est déprimé à sa base, recourbé et échancré vers le bout de sa partie supérieure, et retroussé à l’extrémité de l’inférieure.

Les cassiques se plaisent dans les bois, ne fréquentent point les campagnes , cherchent leur pâture sur les arbres , dans les broussailles et à terre , marchent avec aisance et ne voyagent point. Ils se nourrissent de vers , d’insectes , de baies et de graines qu’ils avalent entières. Tout leur convient en captivité, et ils y montrent la docilité des troupiales; ils ont la même aptitude pour articuler des paroles, imiter le cri de divers animaux et appren-

CALERIE UES OISEAUX. IIe PARTIE. 18

t32 CASSIQUES.

dre des airs siffles. La ponte est de deux à quatre œufs, et ils en font plusieurs dans l’année. On trouve les cassiques dans l’Amérique méridionale , au Brésil, à la Guyane, au Paraguay, etc.

LE CASSIQUE NOIR, Cassicus niger.

Pl. LXXXIX.

Niger viridi violaeeoque miitans ( mas ).

Niger , minus nitens (femina).

Obscure fuscus (junior).

Ainsi que je l’ai remarqué chez les q aise aies, anis, etc., il existe deux races ou deux espèces très- voisines dans les cassiques noirs, lesquelles ne diffèrent entre elles que par la taille et toutes les proportions relatives; du reste elles se ressemblent parfaitement. L’une a douze pouces de longueur totale, et l’autre en a seize.

Le chant du mâle est varié, étendu et ne manque pas d’agrément. Il jette, souvent un cri qui semble exprimer ga-ha-ha, et quelquefois il prononce le mot poupoi. Cette espèce, d’un caractère solitaire, habite de préférence les lieux remplis de broussailles et de buissons, ne fréquente point les campagnes découvertes et s’élève rarement à la cime des arbres. Elle suspend son nid aux branches basses, lui donne la forme d’une bourse sphérique à sa base, longue de dix-huit à vingt-quatre pouces; son extérieur est composé d’herbes desséchées, de divers matériaux flexibles et tissés avec art; l’intérieur a dix pouces de diamètre, et est rempli dans le fond de feuilles sèches sur lesquelles la femelle dépose trois ou quatre œufs marbrés de gris-brun et presque sphériques.

Le plumage du mâle est noir sous un aspect, mais sous d’autres cette couleur jette des reflets verts et violets; le bec est d’un noir mat; l’iris jaune; les pieds sont bruns ou noirs. La femelle n’en diffère que par un vêtement à reflets moins apparents. Le jeune est totalement d’un brun sombre. On trouve cette espèce à Cayenne et dans quelques-unes des grandes îles Antilles.

STOTJRNELLES.

5ème famille. LEIMONITES, Leimonites.

Pieds médiocres, un peu robustes.

Tarses annelés, nus.

Doigts au nombre de quatre : trois devant, un derrière; les extérieurs soudés à leur base, le postérieur épaté.

Bec médiocre, droit, entier, à pointe obtuse, ou un peu renflée, ou aplatie.

ière division. STOURNELLE, Sturnella.

Bec droit, entier, convexe en dessus, dilaté et obtus à sa pointe; mandibule inférieure, formant à sa base un angle arrondi dans les plumes du front. Pl. H, n° 6.

Narines rondes, couvertes d’une membrane saillante.

Langue cartilagineuse, plate, fourchue à son extrémité.

Tarses nus, annelés.

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l’externe, totalement séparé de l’interne; pouce plus long et plus robuste que les doigts latéraux, pl. B B, n° 8.

Ongle postérieur le plus long et le plus fort de tous.

Ailes moyennes; première et cinquième rémiges à peu près égales, deuxième, troisième et quatrième les plus longues de toutes; deux secondaires très-prolongées.

Des deux espèces dont cette division est composée , l’une se trouve dans l’Amérique septentrionale et l’autre. dans sa partie méridionale. La première, qui est le type de ce petit groupe, a été classée jusqu’à présent dans celui de Y étourneau, lequel renferme un grand nombre d’oiseaux trèsdisparates, quant aux caractères génériques. Les stournelles en diffèrent assez, comme dit Buffon pour celui de cet article, afin de mériter un nom distinct, et il a assez de rapports pour mériter un nom analogue : aussi l’a-t-il appelé s tourne , dénomination que j’aurais conservée, si depuis elle n’eût pas été employée pour signaler des oiseaux qui ne présentent avec lui aucun

l34 STOURNELLES.

rapprochement; c’est pourquoi je l’ai remplacée, afin d’éviter la confusion, par un nom qui en donne la même idee.

Les stournelles ont le bec terminé comme celui de l’étourneau; mais il en diffère en ce que la mandibule supérieure forme dans les plumes du front une échancrure profonde, assez large, arrondie à son extrémité et à peu près pareille à celle des cassiques; tandis que chez les vrais étourneaux cette échancrure est étroite et pointue; de plus, chez les premiers, le doigt postérieur est aussi long que l’intermédiaire et beaucoup plus que les latéraux. Ce même doigt est, chez les derniers, plus court que celui du milieu, et ne dépasse pas les autres. Si l’on porte son attention sur les ailes, on voit que celles des étourneaux ont une petite plume bâtarde qu’on cherche inutilement chez les stournelles; que la première rémige est la plus longue de toutes, et que toutes les secondaires sont beaucoup plus courtes que les primaires , ce qui n’existe pas chez ceux-ci. ( Voyez ci-dessus). On voit par ces détails que, comme la plupart de toutes les divisions, celle-ci a plusieurs ramifications; mais, en ne donnant de la valeur qu’à une seule, il en est résulté que des auteurs ont placé les stournelles parmi les étourneaux; d’autres avec les cassiques, et quelques-uns avec les alouettes.

Les stournelles ne se plaisent que dans les prairies et les marécages; en effet, ils y restent toute l’année et y nichent, d’où est venu à celui dont nous publions la figure, le nom américain de meadow-ark (alouette de prés). Leur ponte est de cinq à sept œufs , et leur nourriture consiste en insectes et en diverses semences.

LE STOURNELLE A COLLIER, Sturnella collaris.

Suprà fusco , nifescente et nigricante varia; subtus J2ava; fasciâ pectorali nigrâ , curvd; rectricibus laleralibus a/bis.

Large lark, Catesby , Carol, i , pl. 33.

L’étourneau de la Louisiane, Briss., Ornith., tom. 3, pag. igi.

Le stourne ou l’étourneau de la Louisiane, Buffon , Hist. nat. des Ois., tom. 3, pag. 19 1, pi. enl. n° 2 56.

STOURNELLES.

Le fer-à-cheval ou le merle à collier, idem , lom. 3, pag. 3y.

Sturnus ludovicianus , Linn., Gm ., Syst., liât., édit. 1 3, il0 3. Idem , Lnth ., index , n° 3.

Alauda magna, Linn., Gm., n° n.

Louisiane stare, Lath., Synopsis, tom. 2, pag. 6, n° 3.

Cette espèce habite, comme je l’ai dit ci-dessus, les prairies et les marais des Etats-Unis, et des individus portent leurs courses jusque dans la Guyane. Elle ne se perche sur les arbres que lorsqu’elle est pourchassée, y reste peu de temps, et n’y passe jamais la nuit. Elle est sédentaire dans une grande partie de l’Amérique septentrionale ; néanmoins un grand nombre en émigre aux approches des frimats. On y voit une plus grande quantité d’individus en automne qu’en toute autre saison, parce qu’alors ceux qui nichent à la Nouvelle-Écosse, au Canada, et dans des régions encore plus boréales, quittent leur pays natal et séjournent alors au centre des États-Unis.

Ces oiseaux courent avec vitesse, ont le vol vif, planent et filent comme la perdrix grise ; et s’ils sont poursuivis, ils vont, dès qu’ils sont posés à terre, se blottir au pied d’un buisson ou dans une touffe d’herbes, et toujours du côté opposé à l’objet qui les effraie. Ils remuent la queue de haut en bas quand ils sont sans inquiétude, et horizontalement si on les surprend. Ce dernier mouvement est un indice certain qu’ils sont prêts à s’envoler. Us restent par familles pendant l’hiver, et s’isolent par paires au printemps; chaque couple s’approprie alors un canton où il ne souffre aucun être de son espèce.

Le mâle est très-attaché à sa femelle, et tous les deux montrent une grande affection pour leur progéniture. On le voit souvent, pendant l’incubation, posé sur les clôtures des champs, où il réjouit sa compagne par un ramage assez agréable , mais dont la phrase est courte : l’un et l’autre font entendre un sifflement aigu quand on leur porte ombrage. Us construisent leur nid à terre, au milieu d’une plante touffue et avec des herbes sèches. Une seule ponte annuelle de cinq à six œufs blancs, parsemés de taches et de quelques grandes mouchetures d’un brun rougeâtre, surtout sur le gros bout, est le résultat de leurs amours. Les petits ne se séparent de leur père et mère qu’au printemps. Les vers, les insectes, diverses semences, et principa-

STOURNELLES.

lement les graines de l’ornithogale, à fleurs jaunes, composent, leur nourriture.

Le mâle a trois bandes longitudinales sur le sommet de la tète, lesquelles naissent à l’origine de la mandibule supérieure; celle du milieu est rousse et s’élargit sur l’occiput; les deux autres sont d’un brun noirâtre; une tache d’un jaune foncé se fait remarquer sur chaque côté près du bec, et un trait noir en arrière de cette partie. Les joues et les tempes sont grises; le dessus du cou et du corps est varié de gris, de brun, de noir et de roux: la première couleur occupe le bord des plumes ; les trois autres sont sur leur milieu; les deux dernières dominent seules sur le croupion; les petites et les moyennes couvertures alaires ont une bordure grise : cette teinte prend un ton ardoisé sur la partie antérieure de l’aile; ses grandes couvertures sont rousses et tachetées de noir; les rémiges brunes en dedans, grises dans le milieu et rousses à l’extérieur; les quatre premières pennes de la queue sont blanches avec une petite tache noire vers leur extrémité ; celle qui les suit de chaque côté est rayée de brun en dedans, et les autres portent des taches noirâtres sur un fond hrun ; toutes sont pointues et un peu étagées. La gorge est blanche à son origine, et ensuite du jaune vif qui règne sur les parties postérieures. Line marque d’un beau noir se dessine en forme de fer-à-cheval sur le bas du cou , et se termine en pointe sur la poitrine ; les flancs sont parsemés de taches noires, les couvertures inférieures de la queue rousses; les pieds jaunâtres; le bec est brun en dessus et couleur de corne en dessous. Longueur totale, 9 pouces 4 lignes. Telle est la robe du mâle pendant l’été, mais après la mue et pendant l’hiver, il porte celle indiquée par Buffon pour son étourneau de la Louisiane. A cette époque, le fer-à-cheval est varié de gris, et le jaune des parties inférieures présente un mélange de grisâtre et une nuance moins vive.

La femelle diffère du mâle par des couleurs moins pures et par la plaque noire qui a moins d’étendue. Le jeune est brun où les adultes sont noirs ; le jaune du dessous du corps est peu apparent et on n’aperçoit qu’un trèspetit vestige du fer-à-cheval.

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