ÉTOURNEAUX
2ime division. ÉTOURNEAU, Sturnus.
Bec droit, tendu, entier, un peu déprimé, à pointe obtuse et un peu aplatie; mandibule supérieure à bords un peu évasés, plus longue que l’inférieure. PI. H, n° 7.
Narines à ouverture longitudinale, couvertes en dessus par une membrane un peu gonflée.
Langue cartilagineuse, aplatie, fendue et coupée carrément à son extrémité.
Tarses nus , annelés.
Doigt intermédiaire réuni à la base avec l’extérieur, et totalement séparé de l’intérieur, pouce et doigt externe égaux, pl. B B, n° g.
Ongle postérieur le plus long de tous.
Ailes moyennes ; à penne bâtarde très-petite et grêle; première, deuxième et troisième rémiges les plus longues de toutes.
Queue à douze rectrices.
Dans les quinze espèces dont les auteurs ont composé .cette division, on n’y trouve que trois ou quatre véritables étourneaux , attendu que tous les autres n’ont aucun des caractères indiqués pour ce groupe : tels sont les sturnus collaris, mauritinus, qui sont la fauvette des Alpes en double emploi; le gallinaceus, qui est un martin; les sturnus mexicanus, obscurus, qui sont des troupiales ; le cinclus ( merle d’eau ) , qui est le type d’un genre particulier ; les sturnus ludovicianus , militaris et lojca , qui font partie du genre précédent; lés viridis et olivaceus , qui ne sont pas assez connus pour être certain qu’ils soient de vrais étourneaux. Daudin et Sonnini ont encore augmenté leur nombre en y rangeant mal à propos notre martin pêcheur sous le nom d 'athis; le quiscale barite sous celui de barila; le crispicollis , qui est un polochion ; le geojjroy , qui doit être le type d’une nouvelle division ; les choucador et V éclatant, qui se rapprochent, il est vrai, de l’étourneau par quelques habitudes, mais qui en different essentiellement par leurs caractères génériques. Enfin, on voit encore au Muséum d’histoire naturelle le troupiale commandeur ( oriolus phceniceus) , classé dans le même cadre; il
ETOURNEAUX.
suffisait cependant de comparer son bec à celui de letourneau pour s’apercevoir qu’il y était très-déplacé.
Les étourneaux, dont deux espèces habitent en Europe, se tiennent par bandes nombreuses depuis l’automne jusqu’au printemps, époque où ils s’isolent par paires, et à laquelle le mâle fait entendre un chant ou plutôt un gazouillement presque continuel. Ils nichent indifféremment dans un trou d’arbre, de muraille ou de rocher. La ponte est de quatre ou cinq œufs: ils en font ordinairement deux par an; mais la seconde n’est pas aussi nombreuse que la première. Leur nourriture consiste en limaces, vermisseaux, scarabées, baies et diverses graines qu’ils avalent entières.
L’ÉTOURNEAU UNICOLOR, Sturnus unicolor.
Pl. xci.
Niger nitens (mas). Pallidior (femina). Fuscus (junior).
De la Marmara, Mémoire lu a T Académie de Turin , 18 août 181g.
L’étourneau unicolor, Themminck, Manuel d'ornithologie, 2e édit., pag. i3i.
Idem, Encyclopédie méthodique , Ornithologie, pag. 632.
Cette espèce, dont on doit la connaissance à M. de la Marmora, se trouve dans les îles de Sardaigne et de Corse, où elle se tient et niche dans les rochers ; elle s’approche quelquefois des habitations et se perche alors sur les toits des maisons.
Le mâle est d’un noir lustré à reflets légers, pourprés, peu éclatans, mais assez mats sur les parties inférieures ; le bec est noirâtre à la base et jaune dans le reste; les pieds sont d’un brun jaunâtre. La femelle n’en diffère qu’en ce que les reflets ont moins d’éclat. La livrée du jeune est totalement brune, comme celle de notre étourneau dans son premier âge; et après sa première mue on voit à l’extrémité des plumes quelques taches blanchâtres qui disparaissent au printemps.