‹ La galerie des oiseaux (volume 2)Chapitre 127 sur 251 · DO · texte numérisé non relu

DO

SAMALIES.

précédentes et la suivante, dans des bambous creux, après les avoir fait sécher cà la fumée, autour d’un bâton, et leur avoir ôté les entrailles, les ailes, la queue et les pieds; ce qui fait qu’on en voit très-rarement sans être mutilés. Les Papous appellent le Superbe Shagawa , ou autrement oiseau de Serghile; il porte à Ternate et Tidor, où il s’en vend beaucoup, le nom de Sujfo-o-Kokotoo [ oiseau de paradis noir); la gorge est de cette couleur, à reflets violets : les plumes de sa partie inférieure s’étendent sur le devant du cou et sur la poitrine, ensuite elles s’écartent sur les côtés du ventre, dont elles laissent le milieu à découvert; cet ornement présente à son extrémité la forme d’une queue d’hirondelle; il est d’un vert bronzé, changeant en violet; le dos, le croupion, les ailes, les couvertures de la queue, et ses pennes offrent la même couleur, mais à reflets violets, selon la direction de la lumière. Les longues plumes, qui partent des épaules, se relèvent tantôt très-haut, tantôt plus ou moins, sur le dos, s’inclinent en arrière et forment comme une espèce de mantelet, qui s’étend presque jusqu’au bout des ailes. Elles ont à la vue et au toucher l’éclat et le moelleux du velours; celles qu’on voit sur le dessus du bec et qui se présentent comme deux petites huppes, sont noires, de même que les mandibules, le ventre et les pieds. Longueur totale , 8 pouces 8 lignes.

4ème division. SAMALIE, Paradisea.

Bec robuste, convexe en dessus, garni à sa base de petites plumes veloutées, comprimé latéralement; mandibule supérieure à échancrure usée vers

le bout; PI. I, n° 4-

Narines percées .à jour, à demi couvertes par les plumes du capistrum.

Langue à pointe déchiquetée et aiguë.

Tarses nus, annelés, robustes.

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l’externe, et totalement séparé de l’interne.

Ongles forts et très-crochus.

Ailes à penne bâtarde, moyenne; première rémige plus courte que la septième; quatrième et cinquième les plus longues de toutes.

SAMALIES.

rSi

Queue à douze rectrices, y compris les deux longs brins.

Plumes hypocondriales très-longues , flexibles, décomposées, ou plumes cervicales médiocres et roides.

Ce groupe est divisé en deux sections et composé de cinq espèces , qui se trouvent à la Nouvelle- Guinée. Toutes sont remarquables par la richesse de leurs couleurs et un luxe de plumes placées, chez les uns sur les côtes de dessous du corps, et chez une seule sur la partie supérieure du cou.

Leur partie historique manque de renseignemens sur leurs mœurs, leurs habitudes et généralement sur leur genre de vie; il faut cependant en excepter l’oiseau de paradis proprement dit (paradisea apoda ), le plus commun de tous, le premier connu, et sur lequel nous allons entrer dans quelques détails. Les Portugais le nomment Passaros de Sol; les habitans de Ternate Manuco Dewata ( oiseau de Dieu ), Hurong Papua ( oiseau des Papous ); d’autres l’appellent Soffa ou Sloffa; il est connu à Amboine et Banda sous le nom de Manu-Key-Jrou ( oiseau des îles Key et Arou ), et il porte dans ces îles celui de Fanaan.

Cette espèce reste dans les îles d’Arou pendant la mousson sèche ou de l’ouest, et retourne à la Nouvelle-Guinée au commencement de la mousson pluvieuse ou d’est. Elle voyage en bandes composées de trente à quarante individus, sous la conduite d’un autre oiseau qui vole toujours au-dessus de la troupe. Ce chef est, dit Valentin, dans le voyage de Forster , noir et tacheté de rouge; mais, jusqu’à présent, personne ne dit l’avoir vu en nature. Ces oiseaux de paradis ne s’en séparent jamais, soit qu’ils volent, soit qu ils se reposent; mais cet attachement pour leur guide cause quelquefois leur perte, quand il se pose à terre; car ils ne peuvent s’envoler que très-difficilement, a cause de la forme et de la disposition particulière de leurs plumes. Ils se perchent sur les grands arbres, particulièrement sur le Waringa à petites feuilles, et à fruits rouges dont ils se nourrissent [Ficus Benjamina , Forster). L’étendue, la quantité, la longueur, la souplesse de leurs plumes hypocondriales leur permettent bien de s’élever fort haut, les aident à se soutenir dans l’air, à le fendre avec la légèreté et la vitesse de l’hirondelle, ce qui les a fait désigner par le nom d’ Flirondelle de Ternate; mais si le vent devient contraire, ce luxe de plumes nuit à la direction du vol, et alors ils

n’évitent le danger qu’en s’élevant perpendiculairement dans une région d’air plus favorable, et ils continuent leur route. Quoiqu’ils prennent toujours leur vol contre la direction du vent, et qu’ils évitent le temps d’orage, ils sont quelquefois surpris d’une bourrasque; c’est alors qu’ils courent les plus grands dangers : leurs plumes longues et flexibles se bouleversent, s’enchevêtrent; l’oiseau ne peut plus voler; ses cris répétés annoncent sa détresse; il lutte en vain contre l’orage; son embarras augmente; sa frayeur redouble l’impuissance de ses efforts, il chancelle et tombe. Les Indiens, attirés par ses cris, le saisissent et le tuent, et il n’échappe à la mort qu’en gagnant promptement une élévation d’où il peut reprendre son vol.

Le nom que nous avons imposé à cette division vient de celui Somalie k, que les Indiens de l’est de Céram ont donné à Yoiseau de paradis des Papous , ou la petite Somalie, qu’on a eu tort de présenter comme un individu de l’espèce du précédent, dont il diffère par une taille moindre, par certaines habitudes, et la distribution de quelques couleurs.

LA SAMALIE ROUGE, Paradisea rubra.

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