PI. CXXI
Gris eo -fus eus ; gulâ abclomineque albis.
La grande hirondelle d’Espagne, Briss. , O mit h. , torn. i, pag. 5o4, n° i\. Le grand martinet à ventre blanc, Buffon , Hist. nat. des Ois., loin. 6, pag. 660.
Hirundo melba, Linn., G/nel., Syst. nat., edit. i3, n° 11.
Idem, Lath., Index , n° 36.
Greatest martin or swift, Edwards ois., pl. 2 7.
White-bellied swift, Lath., Synopsis, tom. i,pag. 586, n° 36.
MARTINETS
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On rencontre cette espèce en Suisse, à Constantinople, en Italie et en Savoie , où elle arrive vers le commencement d’avril ; elle se tient pendant les premiers quinze jours sur les étangs et les marais, et ne gagne les hautes montagnes , son domicile habituel , qu’à la fin de ce mois. Elle s’élève plus haut que le martinet noir, et vole avec beaucoup plus de rapidité. Comme celui-ci, elle se tient en troupes plus ou moins nombreuses, et circule sans cesse autour des pointes de rochers qui s’élèvent au-dessus des précipices où elle a placé son nid. Ce nid, que M. Jules Delamotte, amateur très-distingué et très-bon observateur, a vu sous les abat-vent des clochers de la cathédrale de Fribourg, était attaché le long d’un soliveau; il est très-petit, proportionnellement à la grosseur de l’oiseau, composé de paille et de mousse liées ensemble avec une matière gluante qui , lorsqu’elle est sèche, lui donne une consistance fort dure. Il est de la forme de celui de X hirondelle salangane; la ponte est de quatre à cinq œufs blancs, allongés.
Lorsque cet oiseau se retire dans son gîte, il le fait d’emblée, comme les chauve-souris, et n’y rentre que quand il fait entièrement nuit. Le mâle et la femelle s’y tiennent blottis l’un contre l’autre, et sont alors si peu farouches qu’il faut les toucher pour les faire partir. Leur cri est faible , plaintif et assez doux; mais il est plus retentissant et plus soutenu que celui du martinet noir, lorsqu’ils s’élèvent au-dessus des précipices. Ils sont connus en Savoie sous le nom de jacobin , d’après leur plumage qui est d’un grisbrun sur la tête et toutes les parties supérieures, plus foncé sur les ailes et la queue, avec des reflets rougeâtres et verdâtres (ces couleurs sont plus rembrunies chez les mâles); la gorge, la poitrine et le ventre sont blancs; un collier gris-brun marqué de noirâtre est sur le cou; les flancs sont variés de la dernière couleur et de blanc; le bas-ventre et les couvertures inférieures de la queue , du même brun que le dos; les pieds couleur de chair, garnis de duvet sur le devant et le côté intérieur; le bec est noir. Longueur totale 8 pouces et demi. Le jeune se distingue de l’adulte en ce que lesplumes des parties supérieures sont terminées par une lunule d’un grisblanc.
ENGOUIÆVENS.
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3ème division. ENGOULEVENT, Caprimulgus.
Bec petit, très-déprimé, et garni à sa base de soies divergentes; mandibule supérieure à pointe comprimée , échancrée et crochue ; l’inférieure retroussée vers le bout. PI. K, n° 7.
Narines larges, closes par une membrane, et à ouverture tubuleuse.
Lqngue étroite, cartilagineuse, entière, pointue.
Bouche très-fendue , très-ample.
Tarses courts, en partie emplumés, annelés.
Doigts antérieurs réunis à leur base par une petite membrane; postérieur grêle, articulé sur le côté du tarse, et versatile chez plusieurs. PI. BB, n° 12.
Ongle intermédiaire , dentelé sur le bord interne chez la plupart.
Tète aplatie.
Cou très-court.
Oreilles très-amples.
Yeux grands.
Ailes longues, deuxième ou troisième rémige la plus alongée de toutes.
Queue de diverses formes, à dix rectrices.
Parmi les trente espèces de cette division, deux se trouvent en Europe, d’autres en Afrique, plusieurs en Amérique, et quelques-unes dans les grandes Indes et en Australasie ; ainsi donc cette famille est répandue sur tout le globe; mais les engoulevens sont beaucoup plus nombreux dans le sud que dans le nord. Tous sont demi-nocturnes, chassent pendant les crépuscules ; plusieurs s’en occupent avant le coucher du soleil , et d’autres dans une partie de la nuit, au clair de la lune. Tous ont un genre de vie et des mœurs à peu près pareils; tous sont insectivores, et, comme les hirondelles et les martinets, ils saisissent leur proie en volant à sa rencontre, le bec ouvert, engloutissant même les plus gros insectes, qu’ils retiennent dans leur large bouche, au moyen d’une salive gluante; et ils semblent les aspirer pour les avaler.
Quelques-uns se posent à terre, et ont la faculté de s’élever dans les airs, tandis que d’autres en sont privés, si, comme les martinets, ils ne trouvent
ENGOULEVENS.
une petite élévation pour pouvoir s’aider de leurs longues ailes. Ceux qui se perchent sur les arbres ne le font pas tous de la même manière : les uns se posent longitudinalement sur une branche, et semblent la cocher, comme le coq fait la poule; d’autres s’accrochent aux arbres, le corps vertical, de même que les pics, et la plupart ne peuvent se tenir perchés qu’appuyés sur le tarse; enfin il en est qui n’ont pour refuge qu’un trou d’arbre. Des espèces ne fréquentent que les lieux découverts, et se réunissent pour chasser en commun ; d’autres sont solitaires , et ne se plaisent que dans l’intérieur des bois, tandis que plusieurs se trouvent dans les uns et dans les autres. Toutes celles dont on connaît les habitudes font leur ponte sur la terre nue; cependant il faut en excepter quelques-unes, qui, comme Xurulau , la font dans le creux d’un arbre sec : elle n’est ordinairement que de deux ou trois œufs.
L’ENGOULEVENT CLIMACURE, Caprimulgus
climacurus.