‹ La galerie des oiseaux (volume 2)Chapitre 3 sur 251 · FAUVETTE A TÊTE NOIRE, DE FRANCE · texte numérisé non relu

FAUVETTE A TÊTE NOIRE, DE FRANCE

Pour habituer cet oiseau à la cage, il faut lui lier les extrémités des ailes, lui donner la même nourriture qu’au rossignol, avec des fruits tendres, et même des poires et des pommes.

Si l’on veut en élever de petits , il faut les prendre, à moitié couverts de plumes, c’est-à-dire, huit ou neuf jours après qu’ils sont éclos; les nourrir de même que les jeunes rossignols; les tenir très proprement sur de la mousse sèche et renouvelée deux fois le jour; les tenir, en hiver, en lieux assez chauds pour que leur boire et leur manger ne gèlent pas. Si les petits élevés en cage sont à portée d’entendre le rossignol , ils perfectionnent leur chant et le disputent à leur maître.

On est parvenu à faire nicher de ces Fauvettes en captivité. Pour cela, on les tient dans un jardin et la volière garnie d’arbustes verts, ou dans un appartement pour les conserver en hiver.

Si, comme on le prétend (i), la Fauvette à tête noire est celle que M. de Buffon a voulu peindre comme \' emblème des amours volages, d faut, ainsi que cet historien de la nature l’a fait lui-même, ajouter qrn pour être vive et gaie, « cette Fauvette n’en est ni moins aimante ni moi fidèlement attachée. » C’est du moins ce que le mâle force à croire, d’ap ses petits soins envers sa femelle aussitôt leur alliance, ses assiduités près de cette compagne pendant tout le temps de l’incubation , ses atte tions pour elle dès que ses petits sont éclos , son exactitude à faire l’édu cation de ses petits , et sa constance auprès de leur mère long-temps même après leur éducation.

Rien ne peut altérer la tendre affection de ce mâle , pas même la perte de sa liberté ; et lorsqu’il en est privé avec sa famille , on le voit nourrir ses petits et leur mère , et forcer celle-ci à manger lorsque le chagrin la porte à refuser de la nourriture.

Ainsi que les rossignols , les Fauvettes aiment à voyager. Dans la saison du départ, à la fin de septembre, les Fauvettes de volière s’agitent pendant la nuit, sur-tout au clair de la lune, comme si ces prisonniers savoient qu’ils ont un voyage à faire ; « et ce désir de changer de lieu , u dit M. de Buffon , est si profond et si vif qu’ils périssent alors en grand

(i) Dict. d’Hist. nat., 1817.

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