ATRI-CAPILLA
Cet oiseau a cinq pouces cinq à six lignes de longueur, et huit pouces et demi de vol.
Le mâle a le derrière de la tête et le sommet jusqu’aux yeux, couverts d’une calotte noire. Le reste de cette partie et le tour de son col sont d’un gris-ardoise' ; mais ce gris , plus clair sur la gorge , s’étend sur le grisblanc de sa poitrine. Son bec est brun; ses flancs sont ombrés de noirâtre. Son ventre et les couvertures inférieures de sa queue sont gris-blanc , comme sa poitrine ; son dos est gris-brun tirant sur l’olivâtre , ainsi que son croupion, les couvertures supérieures de sa queue, les petites de ses ailes et le bord extérieur des pennes dont l’intérieur est d’une teinte plus foncée. Ses pieds sont couleur de plomb et les ongles noirâtres.
La femelle diffère du mâle en ce que le dessus de sa tête est d’un roux-brun , et que le gris qui couvre son col n’est pas ardoisé.
M. de Buffon dit , que les petits sont , pendant tout l’été , très ressemblants pour le plumage, au bec-figue, et que ce n’est qu’à la première mue qu’ils prennent leurs couleurs. Suivant un auteur moderne (i), les jeunes ressemblent aux femelles jusqu’à la mue, mais on distingue le mâle, à cet âge, par la teinte de la tête qui est d’un roux-noirâtre.
Cette espece, qui se trouve communément en Italie, en France, en Allemagne et jusqu’en Suède, est assez rare en Angleterre.
(i) Voyez Dict. d’Hist. nat. appliquée aux arts , 1817.
i FAUVETTE A TÊTE NOIRE, DE FRANCE.
Les mâles arrivent en France dans les premiers jours d’avril, et les femelles n’y paroissent que vers le quinze. Ils se plaisent dans les lieux ombrageux le long des eaux. Ils se nourrissent d’insectes et de vers. Si, à l’époque de leur arrivée , le froid les prive d’insectes, ils mangent des baies de la /auréole, du lierre et de l'aubépine.
Dès qu’ils sont appariés, ils s’occupent de la construction de leurs nids : le mâle cherche la meilleure position , et dès qu’il l’a trouvée il l’annonce à sa femelle par un ramage plus doux et plus tendre. Presque toujours, c’est dans les buissons d’églantier et d’aubépine, à deux ou trois pieds de terre , au bord des chemins riverains des bois, dans les bois même et dans les haies, que la femelle établit son nid. Sa ponte est de quatre à cinq œufs fond verdâtre avec des taches d’un brun léger, suivant M. de Buffon ; et marbrés couleur marron foncé sur un fond marronclair, suivant d’autres écrivains (i).
Le mâle soulage sa femelle dans le travail de l’incubation , depuis dix heures du matin jusqu’à quatre et cinq heures du soir.
Il paroît que, comme toutes les autres Fauvettes, celle à tête noire abandonne quelquefois ses œufs lorsqu’ils ont été touchés.
Les petits naissent sans aucun duvet et se couvrent de plumes en peu de jours. Ils sautent du nid, dès qu’on les approche, et l’abandonnent; ils suivent alors leurs parents en sautillant de branche en branche, et le soir ils se réunissent tous pour passer la nuit ensemble. Toute la famille se perche sur une même branche , le mâle est à un bout , la femelle à l’autre, et les petits au milieu, tous serrés les uns contre les autres.
M. de Buffon prétend que cette Fauvette ne fait en France qu’une seule couvée; il ajoute que « si elle en fait deux en Italie (ainsi que le « dit Olina) il en doit être ainsi de plusieurs espèces d’oiseaux dans un “ climat plus chaud et où la saison des amours est plus longue. »
Le mâle de la Fauvette à tête noire, dont le chant est le plus agréable, le plus continu et tient un peu de celui du rossignol, est le plus recherché pour mettre en cage. On doit préférer les jeunes pris aux rets auprès des abreuvoirs , vers août et septembre.
(i) oyez Dict. d’Hist. nat. appliquée aux arts, 1817.