‹ La galerie des oiseaux (volume 2)Chapitre 74 sur 251 · PL XLI · texte numérisé non relu

PL XLI

Cap i te , collo ,• corpore , alis caudâque cceruleis.

Coucou bleu de Madagascar, Brisson, Ornith., tom. 4 , pag. 55^, n° 26.

Tait-Sou, Bufjon, Hist. nat. des Ois., tom. 6, pag. igi, pl. enl., n° i^,Jig. 2, sous le nom de Coucou bleu de Madagascar.

Cuculus cæruleus, Linn., Gmel. , Syst. nat., édit. i3, n° i5.

Blue cuckow , Lath . , Synopsis, tom. \ ,pag. 53 1 , n° 2g.

Tait-Sou est le nom que cette espèce porte à Madagascar. Tout son plumage est d’un beau bleu à reflets verts et violets sur les ailes, et trèséclatans sur la queue; les yeux sont entourés d’une peau nue et rouge; le bec et les pieds sont noirs; le jeune est d’un bleu-vert sans reflets. On voit au Muséum d’Histoire naturelle un individu dont la robe est en grande

partie blanche. Il y a des Tait-Sous qui sont, suivant Mauduyt, un quart plus petits que les autres; est-ce une différence de sexe, ou une race distincte de celle-ci?

5ème division. COUCOU, Cuculus, Linnée.

Bec médiocre, entier, lisse, arrondi, un peu comprimé latéralement, arqué, pl. D, n° 3.

Narines ouvertes, ovales, garnies d’une membrane saillante sur les bords.

Langue aplatie, entière, courte, terminée en flèche.

Bouche assez fendue.

Jambes couvertes de plumes longues et pendantes.

Tarses emplumés au-dessous du talon , pas plus longs et souvent plus courts que le doigt le plus allongé.

Deux doigts devant, réunis à leur base; deux derrière, totalement séparés ; postérieur externe versatile.

Ailes longues, pointues; première rémige ordinairement plus courte que la septième; troisième la plus longue de toutes.

coucous.

Queue à dix rectrices.

Cette division est composée de trente-quatre espèces, nombre moins considérable que dans les ouvrages de Linnée, de Buffon, etc., parce qu’avec raison on en a retiré une grande partie pour les diviser particulièrement , non-seulement d’après leurs caractères, et surtout parce qu’ils n’ont point les mœurs et les habitudes des vrais coucous. En effet ceux-ci ne font point de nids , pondent dans ceux d’autres oiseaux , et confient leur progéniture à des mères étrangères, qui en ont soin comme de leurs propres petits; tandis que les autres construisent un nid, couvent leurs œufs, et nourrissent leur famille.

La cause de ce phénomène, qu’on remarque aussi chez deux oiseaux de l’Amérique1 qui, d’après leurs attributs, diffèrent essentiellement des coucous, est encore inconnue; cependant M. Hérissaut l’attribue à la conformation particulière des viscères qui s’oppose à l’incubation. Dans les autres oiseaux, dit-il, l’estomac est presque joint au dos, et totalement recouvert par les intestins; dans les coucous, au contraire, l’estomac est placé d’une manière toute différente : il se trouve dans la partie inférieure du ventre, et il recouvre absolument les intestins. De cette position de l’estomac, il s’ensuit qu’il est aussi difficile au coucou de couver ses œufs et ses petits, que cette opération est facile aux autres oiseaux, dans lesquels les parties qui doivent peser presque immédiatement sur les œufs ou sur les petits sont molles, et capables de se prêter sans danger à la compression qu’elles doivent éprouver; il n’en est pas de même dans les coucous : les membranes de leur estomac sont chargées du poids de leur corps, et comprimées entre les alimens qu’il renferme et des corps durs; elles éprouveraient conséquemment une compression douloureuse et contraire à la digestion. ( Mémoires de V Académie des sciences , année

Un point très- important reste encore à éclaircir : il est certain que la femelle coucou dépose ses œufs dans des nids étrangers, le plus souvent un seul dans chaque ; mais quels moyens emploie-t-elle à cette fin, surtout dans ceux des petits oiseaux, comme fauvettes, pouillots, pipis, etc.; nids

’ Passerines des pâturages et tangario , voy. l’Encyclopédie méthodique.

coucous.

qui sont bien loin d’avoir les proportions qu’exigent sa grosseur et une consistance assez forte pour supporter son poids sans être déformés. Celui du pouillot, par exemple, présente encore plus de difficultés que les autres, attendu qu’il est construit en forme de four, avec une très -petite entrée sur le devant; malgré cela la femelle coucou y dépose un œuf sans nullement l’endommager, ce qui est une preuve certaine qu’elle y introduit l’œuf sans y entrer, et probablement d’une des deux manières dont il va être question. M. Levaillant nous dit qu’il a remarqué que la femelle d’un coucou d’Afrique avait avalé son œuf après l’avoir pondu, l’ayait conservé dans son œsophage jusqu’au moment où elle l’a regorgé dans le nid dont elle avait fait choix. Un autre naturaliste m’a assuré avoir surpris la femelle de notre coucou à l’instant où elle venait de pondre à terre, et l’avoir vu prendre l’œuf avec son bec, et le transporter dans un buisson voisin où était le nid d’une fauvette babillarde. Ces deux faits méritent d’être pris en considération.

LE COUCOU CUIVRÉ, Cuculus cupreus, Latham.

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