‹ La galerie des oiseaux (volume 2)Chapitre 90 sur 251 · PL LVI · texte numérisé non relu

PL LVI

Cinerea; ar tubas nigris ; pectore rubro; lectricibus caudœ remigumque posticarum albis ( mas. ). Subtus fusco-ferruginea ( femina ).

Capile cinereo , pectore riifescente-griseo ; ventre fulvo ( junior ).

Le bouvreuil, Briss., Ornith. , lom. 3 , pag. 3o8, n° 1.

Idem, Biiffon, Hist. nat. clés Ois., tome 4, page 372 ,pl. enl. , n° j 45.

Loxia Pyrrbula, Linn., Gm., Sjst. nat., édit. i3, n° 4, idem, Lath.

Rotbrüstiger kernbeisser, JFolf et Meyer, tas chenbuch, etc., pag. 147.

Bulfincb , Lath., Synopsis, lom. 2, pag. i43, n° 5i.

Il existe dans cette espèce deux races qui ne diffèrent entre elles que par la grosseur. Elles ont le même genre de vie; mais les gros font bande à part, quoiqu’ils habitent souvent les mêmes cantons que les petits. Quelquefois ont les voit ensemble sur le même arbre, où ils sont attirés par 1» nourriture qui leur est commune; c’est pour peu de temps; car dès qu’ils le quittent chaque famille se sépare. On les distingue encore par un chant

BOUVREUILS

différent. Joli plumage, belle voix, gosier flexible, familiarité, attachement; telles sont les qualités qui ont mérité à cet oiseau la place qu’il occupe dans nos volières. Le bouvreuil étonne par ses sons harmonieux, et doit à l’art leur perfection. Ces petites phrases exprimées d’une manière si touchante, ces caresses si douces, si tendres, et prodiguées avec une satisfaction sensible , sont dues souvent aux leçons d’une jeune et naïve institutrice.

Le chant naturel du bouvreuil est composé de trois cris distincts, qui paraissent exprimer les syllabes lui, lui , lui ; l’un se fait entendre d’abord seul lorsqu’il débute, ensuite trois ou quatre fois; à ces coups de sifflets succède un gazouillement enroué et finissant en fausset. Il a en outre un autre cri doux et plaintif qu’il répète fort souvent et qu’il fait entendre sans aucun mouvement du bec et du gosier, mais qu’il accompagne d’un remuement dans les muscles de l’abdomen.

Cette espèce, qui possède toutes les qualités qu’on peut désirer dans les oiseaux qu’on destine à son amusement , est nuisible dans l’état sauvage ; car elle fait du dégât dans nos vergers, en mangeant et détruisant les bourgeons des arbres fruitiers, surtout des pruniers, poiriers et pommiers. Le mâle et la femelle restent appariés pendant toute l’année, vivent ensemble et s’éloignent peu l’un de l’autre. Ils habitent ordinairement les bois situés sur les montagnes, et ne les quittent qu’à la mauvaise saison pour descendre dans les plaines. On en voit alors près des habitations, le long des haies, dans les vergers et les bosquets. Ils vivent de baies, de graines, des bourgeons du bouleau, de l’aune -et du tremble. Quelques-uns restent au printemps dans les jardins et les charmilles, où ils font leur nid; ils le placent ordinairement dans l’épaisseur des buissons isolés, et préfèrent ceux d’épine blanche. Le mâle aide la femelle dans la construction du nid et la nourrit pendant l’incubation; ils composent ce berceau de petites boisettes à l’extérieur, arrangées négligemment dans la bifurcation d’une branche, et en garnissent l’intérieur de fibres ou du chevelu des racines. La ponte est de cinq ou six œufs d’un blanc bleuâtre, avec des taches rouges, et d’un pourpre obscur.

Chez le mâle, la tête, le menton, les ailes et la queue sont d’un noir lustré, à reflets violets; la gorge, le devant du cou, la poitrine, le haut du

BOUVREUILS

ventre et le bord extérieur de la dernière plume des grandes couvertures alaires, d’un beau rouge ; le dessus du cou , le dos, les petites couvertures des ailes, la moitié des moyennes, d’un cendré bleuâtre; le croupion, le basventre et les couvertures inférieures de la queue, blancs; le bec est noir, les pieds sont noirâtres. Longueur totale, cinq pouces et demi.

La femelle diffère du mâle en ce que le noir est sans reflets et qu’une teinte d’un cendré vineux remplace le rouge.

Le jeune a la tête et le dessus du corps d’un gris-cendré; la gorge et la poitrine d’un gris-roussâtre , le ventre fauve; une bande transversale roussâtre sur les ailes; le bas-ventre et le croupion d’un blanc sale; le bec noirâtre.

D. Bec crénelé vers le milieu et sur les bords de sa partie supérieure ,

pl. E, n° 8.

LE BOUVREUIL NOIR, Pyrrhula nigra.*'

Pl. LY1I.

Nigra; macula albâ humeri basique remigum primarium exteriorum.

Little blach bulfincb, Catesby car. i pl. 68.

Le bouvreuil noir du Mexique, Buffon , Histoire nat. des Ois tom. 4, page 3o4.

Idem, Brisson, Ornith., tome 3, page 3i6, n° 3.

Loxia nigra , Lirai. , Gin. , Syst. nat. , édit. 1 3, n° 4o.Idein, Lath., index , n° 5g.

Black grossbill, Lath ., Synopsis, tome i,page, 147, n° 60.

Le bec de cet oiseau présente une conformation particulière, car, outre qu’il est crénelé, sa base supérieure est plus élevée que le front. Je l’ai eu vivant à la Havane, dans les États-Unis et en France; c’est pourquoi je puis assurer qu’il est d’un naturel doux et si craintif que quoique armé d’un bec robuste , il n’osait disputer sa nourriture à des oiseaux renfermés dans sa volière et beaucoup plus faibles que lui. Je ne l’ai jamais entendu chanter; mais il jetait assez souvent un petit cri aigu, surtout quand on l’inquiétait.

GROS-BECS

On le trouve à file de Cuba et au Mexique. Tout son plumage est d’un noir profond, sans reflets, à l’exception du pli de l’aile, de l’origine des premières rémiges et des couvertures inférieures de l’aile qui sont d’un beau blanc; le bec et les pieds, d’un brun-noirâtre; la queue est étagée. Longueur totale, quatre pouces un quart.

4ème division. GROS-BEC, Coccothraustes . Loxia, Linnée, Gmelin.

Bec robuste , droit, bombé , conique, pointu; mandibule supérieure aussi ou plus élevée que le front, à son origine, communément à bords lisses , rarement munie sur chaque bord vers sa base d’une dent aiguë, ou d’un angle saillant vers le milieu, couvrant les bords de l'inférieure, à palais concave et strié longitudinalement.

Narines petites, ouvertes, rondes, à demi-cachées par les plumes du capisïrum chez la plupart.

Langue épaisse, bifide à son extrémité.

Tarses nus , annelés

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l’externe et totalement séparé de l’interne.

Rémiges première, deuxième et troisième les plus longues de toutes.

Queue composée de douze pennes.

Les quatre-vingts espèces que renferment cette division n’ont pas tous le bec conformé de même; les uns l’ont à sa base aussi ou plus élevé que le front à bords lisses, tandis que chez d’autres la mandibule supérieure est munie d’une angle saillant vers le milieu, et chez une seule, garnie d’une dent aiguë à son origine, ce qui a donné lieu à trois sections. Illiger les classe dans le même genre que les fringilles. En effet on ne peut disconvenir que le bec de celles-ci ne présente aucune différence avec celui des deux premières sections , si l’on n’a pas égard h son élévation ; mais si on adopte cette réunion, on ne peut se dispenser de lui imposer un nom générique, tout autre que celui de gros-bec; car il paraîtrait ridicule si on l’appliquait aux chardonnerets , tarins , bengalis , sènègalis , etc., etc.

Les gros-becs sont seminivores, bacci voies et entomophages ; ils mangent

GROS-BECS

rarement des insectes, quand ils sont adultes, mais le plus grand nombre en donnent à leurs petits dans les premiers jours de leur naissance; d autres cassent les noyaux pour en avoir l’amande, et tous dépouillent les graines de leur péricarpe avant de les avaler. Ils construisent leur nid dans les buissons, sur les arbres, et le placent à une élévation plus ou moins grande. La ponte est ordinairement de quatre ou cinq œufs. Les petits naissent couverts de duvet.

Plusieurs sont, il est vrai, privés d’un chant très-remarquable; mais on ne doit pas généraliser cette privation à toutes les espèces, comme la fait Montbeillard, à l’article du cardinal huppé, puisque cet oiseau et plusieurs de ses congénères ont un fort beau ramage. La plupart vivent par couples; d’autres s’isolent peu de temps après les couvées; plusieurs restent en famille jusqu’au printemps et quelques-uns se réunissent en bandes nombreuses.

A. Bec a bords lisses , pl. E, n° 9.

LE GROS-BEC ROSE-GORGE, Coccothraustes

rubricollts.

Pl. LVIII.

C api te , mento, corpore supra, alis cauddque nigris ; gutture rubro ; pec tore , ventre , uropjgio albis (mas. ).

Corpore supra, nigricante , sublus albo et fusco maculalo ( femina ).

Le gros-bec de la Louisiane, Briss., Ornith., tome 3 , pag. 247, n° pl. 12.

Le rose-gorge, Biiff., Hist. nat. des Ois.,pl. enl., n° 1 52t,Jzg. 2.

Loxia ludoviciana , Linn. , G/n. , Syst. nat., édit. 1 3 , n° 38, Idem , Lath., index , n°

Fringilla punicea, Linn., Gm. , n° 8 1 . Idem. Lath., n° 34-

Red-breasted grosbeak, Lath., Synopsis, tom. 2, pag. 5a6, n° 2l\.

Red-breasted finch, idem, pag. 272, n° 3o ; Pennant, Arct. zool.,tom. 2, pag. 372, n° 243.

(JALER1E DES OISEAUX. IIe PARTIE. 10

GROS-BECS

Moineau à poitrine et ventre pourprés, Buff. édit, de Sonnini , loin. 48 T pag. a4o.

Ce bel oiseau, que je n’ai rencontré qu’une seule fois dans le sud de l’état de Newiork, se voit plus communément sur les bords du lac Ontario et à la Louisiane. Rare partout, il n’babite les contrées septentrionales que pendant l’été, fréquente les grands taillis, et ne se plaît que dans les endroits les plus fourrés. Il place son nid sur les arbres touffus, le compose de petites bûchettes en dehors et d’herbes fines en dedans. La ponte est de quatre ou cinq œufs blancs et tachetés de brun.

Trois couleurs dominent sur le plumage du mâle : un noir foncé est répandu sur la tête, le dessus du cou , le menton, le dos, les petites et les grandes couvertures supérieures des ailes, sur le bord extérieur de leurs pennes et de celles de la queue; un blanc pur règne sur les cotés du cou, la poitrine, le ventre, le croupion, les moyennes tectrices de l’aile, à l’origine de ses quatre premières pennes ; à l’extrémité de ses grandes tectrices et de ses pennes secondaires, où il prend la forme de mouchetures irrégulières. On remarque encore cette couleur sur le coté interne des six rectrices les plus extérieures. Un rouge éclatant occupe la gorge , le devant du cou et descend par un trait longitudinal sur la poitrine : cette couleur est encore indiquée par des taches sur la partie antérieure de l’aile et sur les flancs; les couvertures sous-alaires sont roses; le bec est blanc, et faiblement nuancé de brun à sa pointe; les plumes des jambes sont de la dernière teinte. Longueur totale, six pouces dix lignes.

Des individus du même sexe ont les flancs tachetés de noir; plusieurs plumes de la gorge frangées de blanc et quelques-unes tachetées de rouge sur le menton. Celui qui est figuré dans les planches enluminées de Buffon a la gorge et la poitrine roses; mais cette nuance n’est pas naturelle; la couleur rouge de l’oiseau quia servi de modèle au dessinateur avait été dégradée par les fumigations du soufre qu’011 employait alors au Musée d’Histoire naturelle pour la conservation des peaux. Latham décrit une variété dont les côtés de la poitrine et les plumes des jambes sont d’un brun ferrugineux, et dont les couvertures inférieures de la queue sont d’un jaune pâle. On doit encore rapporter au mâle le red-breasled finch de Pen-

GROS-BECS

nant et de Latharn, présenté par ces ornithologistes et ceux qui les ont copiés pour une espèce particulière. Quoiqu’ils aient placé cet oiseau dans un autre genre, on ne peut disconvenir que c’est réellement un gros-bec à gorge rouge, quand on compare sa description à celle du précédent. Cet oiseau a été vu avec six ou sept de ses semblables, à Sandyhook, péninsule qui est à l’entrée de la baie de Newiork. Il a le bec et le ventre blancs; des marques de la même couleur sur les ailes; la gorge, le devant du cou et la poitrine d’un beau rouge; la tête, le dessus du cou, le dos, les ailes, la queue et les pieds noirs. Telle est la description faite par Pennant, qui le premier en a parlé sans faire mention de ses dimensions et de ses proportions.

La femelle a le bec noirâtre; les plumes de la tête , du cou et du dos de cette teinte dans leur milieu, et brunes sur les bords; les couvertures supérieures des ailes pareilles à la tête, et terminées de blanc; la gorge et toutes les parties postérieures de cette couleur et tachetées de brun ; les rémiges et les rectrices d’un brun sombre; les iatérales de la queue d’un blanc sale en dedans. Le gros-bec noirâtre, loxia obscurci, a un plumage tellement analogue à celui de cette femelle, que je ne balance pas à les réunir, d’autant plus qu’on le trouve dans les mêmes contrées.

Les jeunes mâles, sous leur première livrée, ressemblent à leur mère ; mais ils portent ensuite un vêtement dont les couleurs ne prennent de l’éclat et de la pureté que dans leur deuxième année; avant d’y parvenir, elles sont distribuées de cette manière : le bec est brun en dessus, couleur de corne en dessous; la tête, le dessus du cou et du corps Sont d’un blanc-jaunâtre, tacheté de brun-noirâtre; les ailes et la queue noires; les petites couvertures alaires, l’extrémité des pennes secondaires, l’origine des quatre premières rémiges, l’intérieur des rectrices latérales, le ventre et les parties postérieures blancs; la gorge est de la même couleur, et pointillée de rose foncé; le devant du cou et la poitrine sont tachetés de brun et de rouge; les couvertures inférieures des ailes comme chez le mâle, et les pieds bruns.

GROS-BECS

B. Mandibule supérieure , munie d’un angle saillant sur chaque bord , vers le milieu, et inclinée a sa pointe, pl. E, n° io.

LE GROS-BEC A TÈTE NOIRE, Coccothraustes

erj'thro mêlas.

Pl. LIX.

Rubra ; remigibus rectricibusque obscurioribus ; capite alro ( mas. ) aureovirescens ; subtus flava ; remigibus olivaceo-viridibus rufoque exlus marginatis (femina.)

Black-beaded grosbeak, Lath., Synopsis , loin. ■ i,pag . i5o ,pl. 43.

Gros-bec à tête noire, 2 e édit, du Houe. dict. d’ Histoire naturelle , tom. i3, pag. 547.

Loxia erytrhomelas, Lalh., index, n° 70. Idem, Lirm., Gm ., Sysl. nat., édit. i3, n° 83.

Chez le mâle de cette espèce, qu’on trouve à Cayenne, le bec est blanc à sa base et sur le milieu de la mandibule inférieure; le reste est noir; la tête et la gorge sont de cette couleur; le corps est d’un rouge sombre, tendant au noir sur les ailes et la queue ; celle-ci est un peu arrondie, et les pennes ont leur extrémité pointue; les pieds sont bruns; le plumage de la femelle est, en dessus, d’un verdâtre orangé, avec quelques taches semées çà et là; les côtés du cou sont d’un rouge orangé foncé, le dessous du corps est jaune; les pennes des ailes et de la queue sont d’un vert-olive et bordées de roux à l’extérieur.

C. Mandibule supérieure garnie d’une dent a sa base et sur chaque bord ,

pl.’Ej, n° ii.

LE GROS-BEC PONCEAU, Coccothraustes ostrina .

Pl. LX.

Nigra; capite, gutlure, collo , pectore caudâque ostrinis.

FR1NG1LLES. 71

Loxie ponceau, Vieillot, Hist. nat. des Oiseaux chanteurs de la zone torride, pag. 79,/'/. 48-

Idem , 2e édition du Nouveau dict. d’Hist. naturelle , lom. 1 3 , pag. 548.

Idem, Encyclopédie méthodique , ornithologie , pag. 1018.

Ce gros-bec des Indes et de l’Afrique, se distingue de tous ses congénères par son bec armé d’une dent un peu aigiie à la base et sur chaque bord de sa partie supérieure. Un rouge-ponceau domine sur la tête, la gorge, le cou, la poitrine, les flancs et la queue; le reste du plumage, le bec et les pieds sont noirs. Longueur totale , 5 pouces 3 lignes.

5e,nc division. FRINGILLE, Fringitta.

Bec moins épais que la tête, à bords droits, entier, brévicone, pointu; mandibule supérieure couvrant les bords de l’inférieure, droite, rarement inclinée vers le bout, à palais creux et strié longitudinalement.

Narines rondes, couvertes en tout ou en partie par des plumes très-courtes et dirigées en avant.

Langue épaisse, arrondie, à pointe comprimée et bifide.

Tarses nus, annelés.

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l’externe , totalement séparé de l’interne.

Ailes moyennes; les quatre premières rémiges, à peu près égales entre elles, et les plus longues de toutes.

Cette division est composée d’environ cent cinquante-quatre espèces, dispersées dans cinq grouppes, d’après quelques dissemblances dans la conformation du bec : les uns l’ont parfaitement conique, les autres un peu ovale, plusieurs aigu, grêle, et comprimé latéralement à son extrémité; quelquesuns un peu obtus et incliné vers le bout, et d’autres denté à la base de sa partie inférieure.

Les fringilles sont décrites dans les ornithologies françaises sous les noms de moineau , pinson , verdier, veuve , linotte, chardonneret , tarin, senegali,

FRINGILLES.

bengali, serin , sizerin. Les habitudes, les mœurs et l’instinct n’étant pas les mêmes pour toutes , elles se divisent naturellement en petites familles. Les espèces qui vivent entre les tropiques et dans les régions voisines sont sédentaires, tandis que, parmi celles des zones tempérées et glaciales, il en est qui abandonnent leur pays natal aux approches des frimats , pour chercher dans des contrées plus méridionales la nourriture dont les privent les glaces et les neiges; elles s’éloignent plus ou moins de leur domicile d’été, selon que l’hiver est plus ou moins froid.

Ces oiseaux vivent de graines, qu’ils dépouillent de leur péricarpe avant de les avaler. Ils ont un jabot dans lequel elles se macèrent, avant de passer dans le gésier, et dont ils les font remonter pour les donner à leurs petits.

Quoique tous soient granivores, il s’en trouve parmi eux qui mangent des insectes, mais ordinairement ils n’en prennent qu’afîn d’en nourrir leurs petits; et dès que le bec de ceux-ci a acquis la force nécessaire pour concasser la graine, ce n’est plus pour eux un aliment préféré.

A l’exception de la veuve à épaulettes, tous les autres sont monogames. Les espèces des zones tempérées et glaciales n’ont qu’une saison d’amour; mais celles de la zone torride en ont plusieurs; les unes nichent dans les buissons, les autres sur les arbres, et plusieurs donnent à leur nid une forme élégante. La ponte est de trois, de quatre ou de cinq œufs, rarement unique; car souvent des fnngilles en font deux, trois et quelquefois quatre, ce qui dépend de la chaleur plus ou moins prolongée des contrées qu elles habitent. La plupart des mâles ont un chant ordinairement agréable, et le ramage de quelques-uns plaît presque autant que celui du rossignol. Tous s’accoutument à l’esclavage, et beaucoup font l’ornement de nos volières.

FRI iN GILLES. 73

A. Bec droit, robuste , parfaitement conique , a pointe , ja/zv compression et un peu aiguë, pl. F , n° i .

LA FRINGILLE A DEUX BRINS, Fringüla

superciliosa.

Pl. LXI.

Verlicis collique îateribus nigris ; superciliis , gidà, jugulo, ventre, teciricumque alarum apice albis; rectricibus duabus intermediis longissi/nis , angustis.

La veuve à deux brins, 2e édition du Nouveau dict. d’Histoire naturelle, tom. 12 ,pag. 21 6.

Cette espèce fait partie de la belle famille d’oiseauxque l’on appelle veuve, et qu’on trouve en Afrique et dans les grandes Indes; mais cette dénomination , dit Montbeillard, qui paraît bien leur convenir, soit à cause du noir qui domine dans leur plumage, soit à cause de leur longue queue traînante, ne leur a été imposée que par une méprise. Les Portugais les appelèrent d’abord oiseaux de JFidha, c’est-à-dire de Juida , royaume d’Afrique, où ils sont très-communs. La ressemblance de ce mot avec celui qui signifie veuve en langue portugaise aura pu tromper des étrangers qui auront pris l’un pour l’autre , et cette erreur se sera accréditée d’autant plus aisément, que le nom de veuve paraissait à plusieurs égards fait pour ces oiseaux. Les femelles ne sont jamais parées d’une longue queue, et les mâles ne la portent que pendant six mois, qui ne sont pas les mêmes pour tous, ce qui paraît dépendre, poulies jeunes, du jour de leur naissance, et pour les adultes, du climat où ils se trouvent. Le savant coopérateur du Pline français a présenté ces longues plumes comme une fausse queue, et son sentiment a été adopté dans le règne animal, ainsi que dans le Dictionnaire de Sciences naturelles; mais l’observation fait connaître que c’est une erreur pour toutes les veuves , à l’exception de celle à épaulettes. En effet, ce nom de fausse queue, qui convient trèsbien à quelques plumes de cette veuve, ne peut s’appliquer aux longues pennes des autres. Celles-ci ne sont point, comme le dit Montbeillard et les auteurs qui l’ont copié sans vérifier, quelques plumes des couvertures supé-

FttlN GILI.ES.

Heures de la queue , qui se développent sous diverses formes, mais bien chez les veuves au collier d'or, en feu , a quatre brins et dominicaine, les quatre rectrices intermédiaires, qui, avec les huit latérales, complètent le nombre de douze, que les mâles, les femelles et les jeunes portent en tout temps. Je ne suis pas le seul qui ait indiqué ces longues plumes pour appartenir à la queue, car l’exact Brisson et Latham en font mention pour les veuves qu’ils ont décrites : frappé de cette contradiction pour un fait aussi facile à vérifier, j’ai examiné de nouveau , et avec la plus grande attention , la queue des mâles sous leur habit de noce, vivans ou morts, et il résulte de cet examen, réitéré sur un grand nombre d’individus, que je puis certifier que les quatre grandes plumes sont les pennes intermédiaires de la queue, et ne font pas partie des couvertures supérieures. Ces longues plumes ne sont qu’au nombre de deux chez la veuve de cet article, et sont accompagnées de dix pennes latérales.

Latham et Gmelin ont classé les veuves dans le genre emberiza (bruant), mais Brisson et Montbeillard me paraissent bien fondés à les ranger avec les pinsons et les moineaux , d’après la conformation de leur bec.

La veuve à deux brins, dont je dois la connaissance à un savant ornithologiste hollandais, M. Ternminck, porte une bandelette blanche au-dessus des yeux, laquelle se prolonge jusque sur les côtés de la nuque; une autre de la même couleur part de la base supérieure du bec et s’étend en longueur sur le milieu du vertex; le dessus, les côtés de la tête et du cou sont noirs : cette teinte représente une sorte de ceinture sur le milieu de la poitrine, et règne aussi sur le manteau, les couvertures supérieures, les pennes des ailes et le dessus de la queue ; un blanc de neige domine sur la gorge, le devant du cou, le reste de la poitrine, le ventre et les parties postérieures, sert de bordure aux plumes scapulaires, et termine les petites et moyennes couvertures alaires ; ce qui donne lieu à deux bandes transversales sur l’aile : cette couleur forme encore une frange très-étroite sur les bords des pennes caudales , est répandue sur la moitié des rectrices les plus extérieures et sur les deux intermédiaires, qui ont six pouces de longueur; celles-ci sont étroites, à barbes décomposées, déliées, légèrement bordées de noir, et dépassent les autres de quatre pouces. Les pieds sont d’un rouge qui prend un ton brun sur le bec, Longueur totale, 9 pouces.

FRINGILLES.

E. Bec un peu ovale a pointe courte et un peu obtuse, pl. F , n° 2.

LA FRINGILLE VENTURON, Fringüla citrinella.

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