PI. XCVI
Castaneo-purpureus ; subiùs albidus ; fasciä pectorali viridi-aured ; rectricibus duabus intermediis filiformibus , apice lunato pennacets.
Le petit oiseau de paradis, Brisson, Ornith., tom. 2, pag. 136, n° 2, pl. 13, fig. 2. i :
Le manucode, Buffon, Hist. nat. des Ois., tom. 3, pag. 163, pl. enl. n° 496.
Le roi des oiseaux de paradis, Sonnerat, Voyag. pag. 156, pl. 95.
Paradisea regia, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 2. Idem, Lath., Index, n° 2.
King paradise bird, Lath., Synopsis, tom. 1, pag. 475, n° 2.
On rencontre ce bel oiseau à Sop-clo-o, l’une des îles Arou, et particulièrement à Vood-sir, mais on ne l'y voit que pendant la mousson de l’ouest. Il y vient de la Nouvelle Guinée, à ce que croient les natifs, qui assurent
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SIFILETS. 147
n'avoir Jamais trouvé son nid. Il est d’un naturel solitaire, ne se perche jamais sur les grands arbres, voltige de buissons en buissons, et se nourrit de baies rouges que produisent certains arbrisseaux. Les insulaires le prennent avec des lacets faits d’une plante qu'ils appellent gumunally, et avec de la glu qu'ils tirent du fruit à pain (artocarpus communis 14
Une petite tache noire se fait remarquer à l’angle interne de l'œil ; le sommet de la tête est d’un bel orangé velouté; le cou, la gorge sont d’un mordoré brillant, satiné, mais plus foncé sur la dernière partie, au bas de laquelle se trouve une raie transversale blanchâtre, suivie d’une large bande d’un vert doré à reflets métalliques. La raie est jaune dans des individus, et le ventre mélangé de vert et de blanc; tandis'que chez d’autres ce dernier est d’un gris-blanc, de même que l’abdomen-et les couvertures inférieures de la queue ; on voit sur chaque côté du ventre, au-dessous des ailes, de larges plumes grises à leur base et dans la plus grande partie de leur longueur, traversées ensuite par deux lignes, l’une blanche, l’autre très-étroite, d’un beau roux, et toutes terminées par une riche couleur de vert d’émeraude doré. Le dos, les couvertures supérieures et les pennes des ailes sont d’un rouge velouté; les rémiges jaunes en dessous; les rectrices d’un beau rouge; les deux filets qui tiennent lieu des deux pennes intermédiaires, se prolongent très-loin au delà des ailes, se replient sur eux-mêmes en dedans, à leur extrémité, sont garnis dans cette partie de barbes assez longues , et forment un rond dont le centre est vide; ce cercle est d’un vert d’émeraude à reflets dorés ; le bec et les pieds sont d’un jaune un peu brunâtre; les ailes dépassent la queue dans leur état de repos; l'iris est jaune. Longueur totale,
5 pouces et demi de l'extrémité du bec à celle de la queue.
D DIVISION. SIFILET, Parotia.
Bec garni de plumes courtes jusqu'au delà du milieu, grêle, comprimé latéralement, très-droit; mandibule supérieure échancrée et fléchie vers le bout; l’inférieure entière et plus courte, PI. I, n° 2.
[Varines totalement-cachées sous des plumes.
Langue. ...
SALERIE DES oiseaux. 21° PARTIE. 20
148 SIFILETS.
Doigt intermédiaire soudé à la base avec l’externe, totalement séparé de l'interne.
Plumes hypocondriales allongées, flexibles, décomposées et très -nombreuses chez les mâles seuls.
Queue à douze rectrices.
La seule espèce qui compose cette division se trouve à la Nouvelle-Guinée.
LE SIFILET A GORGE DORÉEE, Parotia sexsetacea. PI. XCVII.
Cristata; atra; vertice genisque violaceo-nigris; jJugulo, macula cervicis pectoreque viridi-nitentibus ; regione aurium utrinque pennis selaceis tribus longissimis.
Oiseau de paradis à gorge dorée. Sonnerat, Voyag., pag. 158, pl. 97.
Le sifilet ou manucode à six filets, Buffon, Hist. nat. des Ois., tom. 3, pag. 171, pl. ent. n° 633.
Paradisea aurea, Linn., Gmel., Syst. nat., edit. 13, n° 7.
Paradisea sexsetacea, Lath., index, n° 9.
Gold breasted, Paradise bird, idem, Synopsis, tom. x, pag. 485, n° 6.
Ce bel oiseau porte une petite huppe, qui s'étend sur le sommet de la tête un peu au delà des yeux; les plumes, qui la composent, s'élèvent de la base du bec, sont fines, roides, peu barbues, et tellement mélangées de noir et de blanc, que l’ensemble de ces couleurs présente un ton gris de perle. Trois filets noirs, de cinq à six pouces de longueur, partent de chaque côté de la tête, se dirigent en arrière et sont terminées par des barbes plus longues que les autres, et qui, en s’épanouissant, présentent une forme ovale. Des plumes noires, à barbes désunies, naissent sur les côtés du ventre, recouvrent les ailes en repos, enveloppent presque en entier les pennes de la queue, et se relèvent obliquement. Celles de la gorge sont étroites à leur origine, larges à leur extrémité, d’un beau noir de velours dans leur milieu, et de couleur d’or changeante en violet sur les côtés, avec
des reflets de diverses nuances vertes. On remarque derrière la tête une
Sas ox bexbebace.
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LOPHORINES. 149
sorte de collier pareil aux plumes de la gorge; la queue est d’une nuance de velours noir le plus riche et le plus moelleux; plusieurs de ses pennes ont des barbes longues, séparées et flottantes. Le bec est noir, l'iris jaune, la queue étagée; les pieds sont noirâtres. Longueur totale, 10 à 11 pouces.
3% Division. LOPHORINE, Lophorina.
Bec garni en dessus et jusqu’au milieu de plumes allongées ; très-comprime latéralement, grêle, droit, à dos étroit; mandibule supérieure échancrée et fléchie vers le bout, l’inférieure droite, plus courte. PL I, n° 3.
Narines ovales, cachées sous les plumes.
Langue. ...
Doigt intermédiaire uni à la base avec l’externe, totalement séparé de l'interne.
Ailes courtes; première rémige large et en forme de sabre, troisième et quatrième les plus longues de toutes.
Queue à douze rectrices.
La seule espèce qui compose cette division se trouve dans la partie de la Nouvelle-Guinée, nommée Serghile.
LA LOPHORINE SUPERBE, ZLophorina superba.
PI. XCVIIL.
Fronte cristatä; capite, cervice abdomineque viridibus ; sula violaced , sericed; caud& mediocri, cærulescenti-atra.
Oiseau de paradis à gorge violette, surnommé le Superbe, Sonnerar, Voyag., pag. 157, pl. 96.
Le manucode noir de la Nouvelle-Guinée, dit le Superbe, Buffon, Hist. nat. des Ois., tom. 3, pag. 169, pl. enl., n° 632.
Paradisea superba, Linn., Gmel., edit. 13, n° G; idem, Lath., index n° De
Superb paradise bird, Zath., Synopsis, tom. 1,pag. 479, n° 5.
Les habitans de la Nouvelle-Guinée portent à Salawar cette espèce, les
190 SAMALIES.
précédentes et la suivante, dans des bambous creux, après les avoir fait sécher à la fumée, autour d’un bâton, et leur avoir ôté les entrailles, les ailes, la queue et les pieds; ce qui fait qu’on en voit très-rarement sans être mutilés. Les Papous appellent le Superbe Skagawa, où autrement oëseau de Serghile; porte à Ternate et Tidor, où il s’en vend beaucoup, le nom de Suffo-o-Kokotoo ( oiseau de paradis noir ); la gorge est de cette couleur, à reflets violets : les plumes de sa partie inférieure s'étendent sur le devant du cou et sur la poitrine, ensuite elles s’écartent sur les côtés du ventre, dont elles laissent le milieu à découvert; cet ornement présente à son extrémité la forme d’une queue d’hirondelle; il est d’un vert bronzé, changeant en violet; le dos, le croupion, les ailes, les couvertures de la queue, et ses pennes offrent la même couleur, mais à reflets violets, selon la direction de la lumière. Les longues plumes, qui partent des épaules, se relèvent tantôt très-haut, tantôt plus ou moins, sur le dos, s’inclinent en arrière et forment comme une espèce de mantelet, qui s'étend presque jusqu’au bout des ailes. Elles ont à la vue et au toucher l'éclat et le moelleux du velours; celles qu’on voit sur le dessus du bec et qui se présentent comme deux petites huppes, sont noires, de même que les mandibules, le ventre et les pieds.
Longueur totale, 8 pouces 8 lignes.
4% Division. SAMALIE, Paradisea.
Bec robuste, convexe en dessus, garni à sa base de petites plumes veloutées, comprimé latéralement; mandibule supérieure à échancrure usée vers le bout. PI. I, n° 4.
Narines percées à jour, à demi couvertes par les plumes du caprstrum.
Langue à pointe déchiquetée et aiguë.
Tarses nus, annelés, robustes.
Doigt intermédiaire réuni à la base avec l’externe, et totalement séparé de l’interne.
Ongles forts et très-crochus. $
Ailes à penne bâtarde, moyenne; première rémige plus courte que la septième; quatrième et cinquième les plus longues de toutes.
SAMALIES. 101
Queue à douze rectrices, y compris les deux longs brins.
Plumes hypocondriales très-longues, flexibles, décomposées, où plumes cervicales médiocres et roides.
Ce groupe est divisé en deux sections et composé de cinq espèces, qui se trouvent à la Nouvelle-Guinée. Toutes sont remarquables par la richesse de leurs couleurs et un luxe de plumes placées, chez les uns sur les côtés de dessous du corps, et chez une seule sur la partie supérieure du cou.
Leur partie historique manque de renseignemens sur leurs mœurs, leurs habitudes et généralement sur leur genre de vie; il faut cependant en excepter l'oiseau de paradis proprement dit ( paradisea apoda ), le plus commun de tous, le premier connu, et sur lequel nous allons entrer dans quelques détails. Les Portugais le nomment Passaros de Sol; les habitans de Ternate Manuco Dewata ( oiseau de Dieu ), Hurong Papua ( oiseau des Papous ); d’autres l’appellent 50/74 ou Stoffà; il est connu à Amboine et Banda sous le nom de Manu-Key-Ærou( oiseau des îles Key et Arou ), et il porte dans ces iles celui de Fanaan.
Cette espèce reste dans les îles d’Arou pendant la mousson sèche ou de l’ouest, et retourne à la Nouvelle-Guinée au commencement de la mousson pluvieuse ou d'est. Elle voyage en bandes composées de trente à quarante individus, sous la conduite d’un autre oiseau qui vole toujours au-dessus de la troupe. Ce chef est, dit Valentin, dans le voyage de Forster, noir et tacheté de rouge; mais, jusqu’à présent, personne ne dit l'avoir vu en nature. Ces oiseaux de paradis ne s’en séparent jamais, soit qu'ils volent, soit qu'ils se reposent; mais cet attachement pour leur guide cause quelquefois leur perte, quand il se pose à terre; car ils ne peuvent s'envoler que très-difficilement, a cause de la forme et de la disposition particulière de leurs plumes. Ils se perchent sur les grands arbres, particulièrement sur le Waringa à petites feuilles, et à fruits rouges dont ils se nourrissent (Æcus Benjamina, Forster ). L’étendue, la quantité, la longueur, la souplesse de leurs plumes hypocondriales leur permettent bien de s'élever fort haut, les aident à se soutenir dans l'air, à le fendre avec la légèreté et la vitesse de lhirondelle, ce qui les à fait désigner par le nom d’Ætrondelle de Ternate; mais si le vent
devient contraire, ce luxe de plumes nuit à la direction du vol, et alors ils
152 SAMALIES.
n'évitent le danger qu'en s’élevant perpendiculairement dans une région d'air plus favorable, et ils continuent leur route. Quoiqu’ils prennent toujours leur vol contre la direction du vent, et qu'ils évitent le temps d'orage, ils sont quelquefois surpris d’une bourrasque; c’est alors qu'ils courent les plus grands dangers : leurs plumes longues et flexibles se bouleversent , s'enchevêtrent; l'oiseau ne peut plus voler; ses cris répétés annoncent sa détresse; il lutte en vain contre l’orage; son embarras augmente ; sa frayeur redouble l'impuissance de ses efforts, il chancelle et tombe. Les Indiens, attirés par ses cris, le saisissent et le tuent, et il n’échappe à la mort qu'en gagnant promptement une élévation d’où il peut reprendre son vol.
Le nom que nous avons imposé à cette division vient de celui Samaliek, que les Indiens de l'est de Céram ont donné à lorseau de paradis des Papous, ou la petite Samalie, qu'on a eu tort de présenter comme un individu de l’espèce du précédent, dont il diffère par une taille moindre, par certaines habitudes, et la distribution de quelques couleurs.
LA SAMALIE ROUGE, Paradisea rubra.