‹ La galerie des oiseaux (volume 3)Chapitre 116 sur 236 · CORBEAU X · texte numérisé non relu

CORBEAU X

deux espèces, les corbeaux, les corneilles, les pies et les geais, qui ont, il est vrai, des rapports intimes dans les caractères du bec et des pieds; mais la nature a donné aux deux derniers des attributs distincts, qui les ont plus ou moins éloignés des autres. En effet les corbeaux, les corneilles et les choucas ont les ailes longues et les pennes de la queue égales entre elles, ou à peu près; les pies en diffèrent principalement par leurs ailes plus courtes et par leur queue très-longue et fort étagée; les geais ont le bec moyen, tendu, moins arrondi en dessus, avec une fausse échancrure vers le bout de sa partie supérieure, qui est recourbée sur l’inférieure; les ailes moins longues à proportion que celles des corbeaux et des corneilles; mais elles ont plus détendue que celles des pies, et, dans l'état de repos, elle ne dépassent pas la moitié de la queue, qui est arrondie ou égale à son extrémité; enfin la plupart des geais se distinguent encore des précédens en ce que les plumes du dessus de la tête sont soyeuses, longues, étroites, et susceptibles de se relever en forme de huppe, au gré de l'oiseau. :

Si on examine la marche, le vol, le naturel et tout le genre de vie de ces oiseaux, on remarque aussi entre eux de l’analogie et des dissemblances. Les corbeaux, les corneilles et les choucas marchent posément sans sauter ; volent avec aisance et très-haut. Les pies et les geais sont toujours en action quand ils sont à terre, et font autant de sauts que de pas, tantôt droits, tantôt obliques; leur vol est moins soutenu et moins élevé; ils battent des ailes par intervalles, et planent de haut en bas pour se percher; tandis que les autres planent horizontalement et long-temps à une très-grande hauteur. Tous ces oiseaux se rapprochent en ce qu'ils ont une disposition naturelle à dérober et à cacher ce qu'ils peuvent attraper. Ils se nourrissent des mêmes alimens, et presque tous sont omnivores. Tous ont une disposition naturelle à imiter la voix de l’homme et le cri des animaux.

Les corbeauxproprement dits, s'ils ne sont inquiétés, quittent très-rarement le canton où ils se sont établis; se tiennent par couple, et en famille seulement à l’époque où leurs petits viennent de quitter le nid; mais dès que ceux-ci peuvent se suffire à eux-mêmes, ils s’isolent du père et de la mère, et s’apparient. Ils ont de l’analogie avec les vautours par leur corps exhalant

l'infection, par une grande sagacité d’odorat, par leur voracité, et leur

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