‹ La galerie des oiseaux (volume 3)Chapitre 122 sur 236 · LUD ELU 9 PP YIT · texte numérisé non relu

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sont rassasiés, 1ls se dispersent de nouveau. Cependant ils se réunissent toujours vers la chute du jour, pour passer la nuit dans le même canton et s'acheminer ensemble au lever de l'aurore. Leur point de réunion est ordinairement sur la lisière des forêts, surtout de celles où es chênes sont en plus grand nombre, et dont le fruit est alors leur principale nourriture. Leur passage dure environ quinze jours; néanmoins on en rencontre encore après, mais en petit nombre. Ces traineurs ne s'éloignent guère du centre des États-Unis; pendant la mauvaise saison.

Ce geai, naturellement plus sauvage et moins défiant que celui d'Europe, s'approche des habitations, et donne dans tous les piéges qu'on lui tend. Pris adulte ou vieux, il supporte volontiers l'esclavage et semble mème s'y plaire; mais dès les premiers jours du printemps il s’mquiète, se chagrine, refuse toute nourriture, dessèche et périt si on ne lui rend la liberté.

L'intérieur des bois où serpente un ruisseau est, pendant l'été, son domicile habituel ; il se cache dans l’endroit le plus fourré, et, quoique par ses cris il décèle sa retraite, on le découvre difficilement, parce qu'il se tient au centre ou au pied des buissons les plus épais, et qu'alors il s'élève rarement à la cime des arbres. Son naturel le rapproche de notre geai, il en à la pétulance et la vivacité, mais il n'est point aussi piallard, et ses accens, quoique analogues, sont plus doux et moins forts.

Il construit son nid avec des hûchettes à sa base, de petites racines sur le contour, du chevelu et des herbes fines à l’intérieur, La ponte est de quatre à six œufs d’un vert chvâtre, parsemé de taches couleur de rouille. il en fait ordinairement deux par an.

La belle couleur bleue qui domine sur la huppe s'étend aussi sur toutes les parties supérieures, sur la queue, les couvertures et les pennes secondaires des ailes; elle est traversée de raies noires sur les dernières parties, dont le bord externe est d’un bleu violet, et l'extrémité blanche; les rémiges primaires sont en dehors pareilles à l’aigrette, et noirâtres en dedans; les rectrices portent des lignes transversales: noires, et toutes les latérales ont à leur extrémité une grande marque blanche; cette dernière couleur, nuancée de lilas et de gris, règne sur les côtés de la tête et du cou; la bande noire,

qui naît entre le bec et l'œil, sert de bordure à la huppe, fait ensuite un

162 CORACIAS.

demi-ceintre en arrière des oreilles, se prolonge sur les côtés du cou, et se termine en forme de hausse-col sur le haut de la poitrine; les plumes qui couvrent les narines sont grises : la gorge est d’un bleu clair; le dessous du corps d’un gris de souris qui se dégrade insensiblement sur les parties les plus inférieures. Le bec et les pieds sont noirs; l'iris est couleur de noisette. Longueur totale, 10 pouces 9 lignes. La gorge ne prend une teinte bleue que chez les vieux mâles.

La femelle porte une huppe moins longue et des couleurs moins vives; la gorge est d’un gris clair. Les jeunes ont les ailes et la queue pareilles à celles des précédens; une huppe moins apparente; les parties supérieures d’un cendré bleuâtre ; les inférieures d’un blanc sale.

4% pivision. CORACIAS, Coracia.

Bec garni à sa base de plumes sétacées, dirigées en avant, plus long que la tête, entier, un peu grêle, arrondi, convexe en dessus, arqué, pointu.

Narines un peu arrondies, ouvertes, cathées sous les plumes du capistrum, pl. I, n° 8.

Langue cartilagineuse, médiocre, bifide à son extrémité.

Tarses nus, annelés.

Doïgt intermédiaire réuni à la base avec l’externe, totalement séparé de l’interne.

Ailes longues ; première rémige la plus courte des primaires; deuxième moins allongée que la sixième; quatrième et cinquième les plus longues de toutes.

Des trois espèces que contient cette division, l’une se trouve en Europe, l’autre dans la Nouvelle-Hollande, et la troisième en Afrique. La première, qui est la seule dont on connaisse le genre de vie, a des habitudes analogues à celles des pies et des corbeaux ; comme eux elle est attirée par tout ce qui brille, et comme eux elle cherche à se l’approprier. On l’a vue même, dit Montbeillard, enlever du foyer des cheminées des morceaux de bois tout allumés, et mettre ainsi le feu dans la maison. Quoique d’un naturel vif et

inquiet, elle se prive à un certain point : on la nourrit d’abord , lorsqu'on

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CORACIÆS. 163

veut l’élever, avec une sorte de pâte faite avec du lait, du pain et des graines; mais par la suite elle s’'accommode volontiers de tous les mets qu’on sert sur nos tables.

Elle habite ordinairement les rochers; mais il semble qu’elle préfère ceux qui sont situés du côté de l'occident, à ceux qui sont à lorient et au midi, quoiqu'ils présentent à peu près les mêmes sites et les mêmes expositions. C'est dans les plus escarpés qu’elle construit son nid ; sa ponte est de quatre ou cinq œufs.

LE CORACIAS À BEC ROUGE, Coracia

erythroramphos.

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