PI. CXIV
Tota nigra nitens; cristä concolore, albd; lateribus colli glabris, cyanets. Céphaloptère, Geoffroy-Saint-Hilaire, Mémoire. Coracine céphaloptère, 2° édit. du Nouv. Dict. d’'Hist. nat., tom. 8, p. 5. Cette espèce, qu'on dit se trouver.au Brésil, y est très-rare, car on ne
connaît jusqu’à présent que le seul individu rapporté de Lisbonne, par GALERIK DES OISEAUX. 11° PARTIE. 24
180 PIAUHAUS.
M. Geoffroy-Saint-Hilaire , et déposé au muséum d'histoire naturelle, Elle a le bec, les pieds et tout le plumage d’un beau noir, à reflets métalliques et éclatans sur diverses parties; les plumes du dessus de la tête, longues, à tige très-grêle, moitié blanches , terminées par un épi de barbes décomposées, se recourbant vers le bout, de manière que le bec et la tête semblent être sous un large panache qui, dans sa circonférence, représente assez bien un parasol. Cet oiseau est encore remarquable par une expansion cutanée, en forme de jabot, recouverte, par-devant et sur les côtés, de plumes allongées, larges, et formant un faisceau qui s’isole en s’avançant sur le haut de la poitrine, et qui laisse à découvert une partie des côtés du cou, dont la
peau est nue et d’un bleu de ciel.
3% Division. PIAUHAU, Querula.
Bec très-déprimé et garni à sa base de plumes et de soies dirigées en avant, triangulaire, convexe dessus et dessous ; mandibule supérieure échancrée et crochue vers le bout; l’inférieure à pointe très-grêle, retroussée et trèsaiguë. PI. J, n° 9.
INarines ouvertes, un peu arrondies, couvertes par les plumes du capistrum.
Langue...
Bouche ample, garnie de cils sur les angles.
Tarses nus, annelés.
Doigt intermédiaire soudé avec l’externe jusqu'à la première articulation , totalement séparé de l’interne. :
Aîïles longues; première et huitième rémiges égales; deuxième plusce courte que la sixième; quatrième la plus longue de toutes.
Queue à douze rectrices.
On ne connaît qu’une seule espèce de cette division, laquelle habite la Guyane, où elle se tient dans les bois, et se nourrit d'insectes et de fruits. Les piauhaus, d’un naturel vif, sont presque toujours en mouvement; se rassemblent en troupes, se plaisent dans la société des toucans, et les précèdent ordinairement, toujours en criant aigrement : pi-hau-hau. Cette
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COTINGAS. - 181
espèce a des rapports avec les gobe-mouches, parmi lesquels des ornithologistes l’ont classée; « mais, comme dit Buffon, elle est si éloignée de toutes les espèces de gobe-mouches, moucherolles et tyrans, qu’il faut lui laisser une
lace isolée comme celle qu’elle paraît occuper dans la nature. » P q
LE PIAUHAU A GORGE ROUGE, Querula rubricollrs.
PI. CXY.
Nigra; menti gutturisqué arcd ingente rubra.
Le grand gobe-mouche de Cayenne, Briss., Ornith., tom. 2, pag. 386, n° 15, pl. 38, fig. 3.
Piauhau, Buffon, Hist. nat. des Ois., tom. 4, pag. 588, pl. ent. n° 381, sous le nom de grand gobe-mouche noir de Cayenne.
Muscicapa rubricollis, Linn., Gmel., Syst. nat., edit. 13, n° 31; Idem, Lath., Index, n° 87.
Purple throated fly-catcher, Zdem, Synopsis, tom. 2, pag. 365, n° 78.
Tout le plumage , le bec et les pieds de cet oiseau sont d’un noir profond, avec une belle tache d’un pourpre foncé sur la gorge du mâle, et que n’a pas la femelle. Longueur totale, 11 pouces.
4% pivision. COTINGA, Ampels.
Bec médiocre, déprimé et presque trigone à sa base, un peu caréné en dessus; mandibule supérieure à pointe rétrécie, échancrée et courbée; l’inférieure un peu aplatie en dessous, retroussée et acuminée à son extrémité.
Narines presque orbiculaires, à demi closes par une membrane, et couvertes par les plumes du capistrum.
Langue cartilagineuse , bifide à la pointe.
Bouche ample.
Tarses nus, annelés.
Doigt intermédiaire réuni avec l’externe jusqu’à la deuxième articulation, totalement séparé de l’interne; postérieur aussi long que le dernier, et le
plus fort de tous.
182 COTING AS.
Ailes moyennes; première rémige plus courte que la sixième; deuxième, troisième, quatrième , cinquième, les plus longues de toutes chez la plupart.
Queue à douze rectrices.
Cette division, qui contient quinze espèces , est composée de deux sections, d’après quelque différence dans la conformation du bec. Les caractères de Ja première sont de l'avoir moins déprimé et plus fort que dans la deuxième , où il est d’une consistance faible. Parmi les oiseaux d’un riche plumage que la nature a rassemblés entre les tropiques, la plupart des cotingas sont de ceux qui charment tous les yeux : leur robe est parée des couleurs les plus pures, les plus éclatantes. Sur les uns, elles paraissent opposées; mais le contraste est d’une belle entente; sur d’autres, elles se fondent les unes dans les autres de la manière la plus suave, et presque sur tous elles se multiplient par des reflets sans nombre. Cette brillante parure n’est, pour plusieurs mâles, que leur habit de noces, et disparaît avec les amours; alors ils se trouvent confondus avec les femelles; sur lesquelles on cherche en vain l'éclat et la beauté.
Tout ce que l’on sait du genre de vie de ces oiseaux, c’est qu'ils ne voyagent point, et que leurs courses se renferment dans un cercle étroit: on ne les trouve guère au delà du Brésil, du côté du sud, et au delà de la Nouvelle-Espagne, du côté du nord. Ils se montrent deux fois l’année près des habitations, en petites troupes, se plaisent dans les lieux arrosés et marécageux; ce qui leur a fait donner, à Cayenne, le nom de poule d’eau.
Les cotingas sont baccivores et entomophages ; plusieurs préfèrent les termes ou pous de bois; tous mangent différentes baies et fruits moux. Selon Sonnini qui a eu occasion de les observer à la Guyane, ils ne sont point gramivores; Montbillard aurait donc eu tort de les présenter comme
des dévastateurs des rizières.
P. Oudart del