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ÉCHENILLEURS. 207
Des cinq ou six espèces dont se compose cette division, trois ont été trouvées en Afrique par M. Levaillant, à qui on doit l'établissement de ce - groupe. Ce savant voyageur indique un caractère qui, je crois, ne se trouve dans aucun oiseau. Il consiste dans la forme de plusieurs plumes du croupion dont la tige est forte , roide dans la plus grande partie de sa longueur, et ensuite terminée par un petit flocon de barbes. Ces oiseaux vivent des
chenilles qui se trouvent sur les arbres les plus élevés.
L'ÉCHENILLEUR GRIS, Campephaga cana.
Cærulescente-cinerea ; capistro, loris, alis caudäque nigris (mas. );
Capistro , loris cinereis (femina );
Gula, pectore, ventre et uropygio nigro transversim maculatrs (junior ).
L’échenilleur gris, Levaillant, oiseaux d'Afrique, pl. 162 et 163, Idem , 2e édit. du Nouv. Dict. d'Hist. nat., tom. 10 , pag. 49.
Le mâle de cette espèce, qu’on trouve en Afrique, est d’un gris bleu d’ardoise en dessus et en dessous, avec du noir sur le capistrum, les lorums, et autour de l’œil; les pennes alaires et caudales, le bec et les pieds, sont noirs. Longueur totale 11 pouces. La femelle en diffère en ce qu’elle n’a point de noir à la tête, et que la rectrice la plus extérieure de chaque côté est terminée de blanc.
Le jeune, dont nous publions la figure , n’était pas connu. Il a le dessus de la tête, du cou, le dos et les rectrices supérieures des ailes, d’un gris d’ardoise clair ; le croupion , les couvertures inférieures de l'aile, la gorge et toutes le parties inférieures, jusqu’au bas-ventre, rayés transversalement de noir sur un fond blanc; l'abdomen et les plumes, qui recouvrent la queue en dessous, de la dernière couleur ; les rémiges lisérées en dehors, et la rectrice la plus extérieure de chaque côté terminée de blanc.
7% Division. MOUCHEROLLE ou GOBE-MOUCHE, Muscicapa.
Bec déprimé horizontalement , un peu trigone , et garni de soies à sa base, grèle, subulé ; mandibule supérieure échancrée et courbée vers le bout ; l’inférieure plus courte, droite, un peu aplatie en dessous. PI. L., n° 2 et n° 3.
Narines presque rondes, glabres, ou couvertes plus ou moins par les soies.
Langue aplatie, terminée par des soies courtes et roïdes.
Tarses nus, anneles.
Doigt intermédiaire soudé avec l’externe à sa base, totalement séparé de l’interne.
Ailes des uns à penne bâtarde courte; deuxième et troisième rémiges les plus longues de toutes ; des autres sans penne bâtarde.
Queue à douze rectrices dirigées horizontalement ou verticalement.
__ Cette division, qui contient cent vingt espèces au moins, se compose de
deux sections, d’après les formes de la queue. Buffon les décrit sous les noms de Moucherolle et de Gobe-mouche : il donne le premier aux espèces qui sont moins grandes que les tyrans, et le dernier aux espèces dont la taille ne surpasse pas celle du rossignol. s
Ces oiseaux sont en général d’un naturel sauvage et solitaire; leur physionomie est triste, inquiète, et a quelque chose de dur : forcés de saisir leur proie dans les airs, on les voit presque toujours à la cime des arbres et rarement à terre. Chasseurs aux mouches, leur véritable patrie a dû être les pays méridionaux ; aussi, contre trois ou quatre espèces que nous connaissons en Europe, nous ne trouvons presque toutes les autres qu’en Afrique , dans les régions chaudes de l’Asie, de l'Amérique et de l’Australasie; c’est aussi dans le nouveau continent qu'on rencontre les tyrans, qui ne diffèrent guère des précédens qu’en ce qu’ils sont plus grands. « Sans tous ces muscivores, sans leur secours, dit l’immortel historien de la nature, l’homme ferait de vains efforts pour écarter les tourbillons d'insectes volans dont il serait assailli; comme la quantité est innombrable , et que leur pullulation est très-
prompte, ils envahiraient notre domicile; ils rempliraient l'air et dévasteraient la terre, si ces oiseaux n’établissaient pas l'équilibre de la nature vivante, en détruisant ce qu’elle produit de trop. » Les moucherolles nichent sur les arbres et dans des trous d’arbres et de murailles. Leur ponte est de quatre ou cinq œufs; ils en font quelquefois deux par an dans les contrées tempérées, mais davantage entre les tropiques.
A. Queue horizontale.
LE MOUCHEROLLE GUIRAYETAPA, Muscicapa
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