‹ La galerie des oiseaux (volume 3)Chapitre 156 sur 236 · PI. CXXXI · texte numérisé non relu

PI. CXXXI

Capite, dorso, pectore, alis caudäque nigris; gutture, ventre albis; uropygio cinereo; rectricibus lateralibus rufo marginatis, exterioribus duabus rigris, longissimis , verticalibus (mas. ).

Capite, collo anteriore albidis; pectore sordide rufo; hypochondriis rufrs ; tectricibus alarum minoribus , dorso , uropygio , rufescente-füuscis ; remigibus rectricibusque nigrescentibus, fusco marginatis (femina. ).

Cola rara pardo y blanco, de Azara, apuntamientos para la historia natural de los paxaros del Paraguay y Rio de la Plata, tome 2, pag. 244.

Le guirayetapa, 2° édit. du Nouv. Dict. d'Hist. nat., tom. 12, pag. 409.

Le nom latinisé sous lequel nous décrivons cette espèce est celui qu’elle porte au Brésil; les Guaranis, peuplade du Paraguay, l’appellent guirayetapa, qui dans leur langue signifie oiseau coupeur, où en ciseaux.

Quatre couleurs sont répandues sur son plumage, le blanc, le noir, le roux et le gris. La première occupe la gorge, le ventre, les parties posterieures, se fait remarquer sur les couvertures supérieures des ailes et à l'extérieur de leurs pennes. La seconde couvre les plumes de la tête, du cou , du dos, de la poitrine , forme quelques taches sur les couvertures supérieures de la queue, domine sur ses pennes, les rémiges, le bec et les pieds. La troisième sert de bordure aux rectrices, à l’exception des deux

plus extérieures, qui ont sept ou huit pouces de longueur, sont posées verticalement et garnies sur un seul côté de barbes longues de dix-huit lignes. Enfin la quatrième règne seule sur le croupion. Longueur totale, 1 1 pouces et demi. Des individus ont les plumes du dessus de la tête, du cou et du dos, bordées de roux; ils sont probablement moins avancés en âge que le précédent.

Je rapproche de cette espèce la pardo y blanco de M. de Azara, quoiqu'il présente dans ses couleurs quelques différences. Le mâle a les plumes qui environnent l'oreille noires; celles du tour de l’œil, de la base de la mandibule supérieure, de la gorge, du devant du cou, et de tout le reste des parties inférieures, blanches , avec un demi-collier noir , bordé de brun clair sur le bas du cou et une partie de la poitrine; les plumes de la tête et du cou noirâtres, avec une bordure d’un brun clair; celles du dos et du croupion bordées de même, sur un fond plombé; les pennes alaires brunes, avec un liséré blanc ; les grandes couvertures supérieures noires et bordées de blanc; les autres marbrées de blanc et de cendré ; les pennes de la queue blanchätres , terminées de brun, avec leur milieu noirâtre, à l'exception de l’extérieure de chaque côté, qui est entièrement noire; le tarse noirâtre; l'iris brun, et le bec de couleur de paille sèche.

Chez la femelle, dont les dimensions sont beaucoup plus petiles que celles du mâle, la tête est blanchâtre, ainsi que le devant du cou jusqu’au demi-collier, qui est d’un roux sale; le dessous du corps est blanc, avec un peu de roux sur les flancs; le dos, le croupion et les petites couvertures supérieures des ailes sont d’un brun roussätre ; les grandes couvertures, d’une nuance plus foncée , et bordées de roux ; les pennes de la queue et des ailes finement bordées de brun sur un fond noirâtre; et le reste comme dans le mâle ; mais elle est privée des deux longues pennes de la queue.

M. de Azara dit qu'il lui a paru que cette espèce est composée de huit à dix fois plus de femelles que de mâles; car il a vu quelquefois des bandes de trente femelles sans un seul de ceux-ci. Elle est sédentaire, et a les mêmes formes et les mêmes habitudes que le suivant. Comme le savant »aturaliste espagnol à vu que des individus qui avaient du mâle la partie droite de la queue et la gauche de la femelle, il est tenté de soupconner qu'il existe aussi

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des hermaphrodites parmi les oiseaux ; ne serait-ce pas plutôt des jeunes dans leur première mue? Au reste, ces deux oiseaux ont moins de roux que les femelles, et moins de blanc que les mâles, de sorte que les teintes

de leur plumage tiennent le milieu entre celles des femelles et des mâles.

B. Queue verticale.

LE MOUCHEROLLE GALLITO, Musicapa alectrura.

PI. CXXXIT.

’ertice , collo superiore , caud& nigrescentibus ; semi-collare mgro; dorso , uropyg10 cinereis ; tectricibus alarum minoribus albis.

Cola rara galitto, de Azara, apuntamicutos para la Hist. natural de los paxaros del paraguay y rio de la Plata, tom. 2 pag. 240.

Gallitte tricolor, 2e édit. du Nouveau Dict. d'lust. nat., tom. 12, pag. 4o2 ‘

Thenminck, pl. coloriées, faisant suite aux pl. ent. de Buffon, mâle et femelle. ,

Le nom de Gallito, que Sonnini, dans la traduction des oiseaux du Paraguay, ete., a remplacé par celui du petitcog, a été donné par de Azara à cet oiseau, à cause de la forme de sa queue. Il ne l’a rencontré qu'entre le 26° et demi, et le 27° degré et demi, où il arrive en septembre; il en repart en mai. Le mäle vole avec légèreté, sans secousse, monte quelquefois presque verticalement dans les airs en battant vivement des ailes, et relevant beaucoup sa queue; il paraît alors plutôt un papillon qu'un oiseau. Quand il est à trente-six pieds de hauteur, il se laisse tomber cbliquement pour se poser sur quelque plante. Les mäles ne s'élèvent ni ne s’éloignent pas beaucoup. Les campagnes voisines des eaux sont les

1 J’ai donné, dans cet ouvrage, cet oiseau pour le type d’un nouveau genre , d’après la description qu’on a publiée de Azara; mais depuis, l'ayant vu en nature, je me suis assuré que c'était un vrai moucherolle , et qu’on devait le classer dans cette division et en faire une section particulière , d’après la forme de sa queue.

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lieux qu'ils préfèrent; ils n’entrent point dans les bois, et ils ne se perchent que sur les jones et les plantes aquatiques ; jamais sur les arbres et les buissons. Ils se jettent sur les insectes qui passent près d'eux; mais pour l'ordinaire, ils les prennent à terre. Lorsqu'ils sont effrayés, ou qu’ils veulent dormir, ils se cachent si bien sous les plantes, qu'il est impossible de les en faire sortir.

Le Gallito, ajoute M. de Azara, à qui nous devons la connaissance de cet oiseau et du précédent, n’est ni farouche ni inquiet, et quoique deux mäles se trouvent rarement plus rapprochés de six cents pieds, il est assez ordinaire de rencontrer deux et jusqu’à six femelles presque ensemble; cela vient de ce que leur nombre est au moins double de celui des mâles. C’est un attribut particulier à cette espèce de tenir toujours la queue verticale comme celle du coq. On la trouve dans l'Amérique australe.

Le mâle a le front marbré de blanc et de noir; les côtés de la tête, et les parties inférieures, de couleur blanche avec les extrémités des pennes’ noirâtres, ainsi que l’extérieur des jambes ; un demi-collier, au bas du devant du cou, d’un noir profond; le dos et le croupion cendrés; les plumes scapulaires, le pli et les petites couvertures du dessus de l'aile d'un beau blanc; les grandes couvertures et les pennes noirâtres avec une bordure blanche; le tarse noir, l'iris brun, le bec olivätre et noir à sa pointe. Longueur totale, 5 pouces 1/2. ;

La femelle, qui est plus petite que le mâle, a les côtés de la tête et le dessous du corps d’un blanc moins pur; les plumes du dessus de la tête et du cou d’un brun noirâtre, bordé d'une teinte plus claire; le dessus du corps d’un brun roussâtre; toutes les couvertures supérieures et les pennes des ailes noirâtres et bordées finement de blanchâtre; les pennes de la queue ne diffèrent point de celles de la queue du mâle; mais elles se plient en deux parties, et forment en dessus un angle obtus, ou un enfoncement, et l'oiseau ne les relève jamais au-dessus du croupion. Quelques femelles sont en dessous d’un blanc moins sale, ont la gorge brune et les autres teintes moins vives.

TYRANS. 215 8ème prvision. TYRAN, 7'yrannus.

Bec robuste, allongé, garni de soies à sa base, déprimé sur toute sa longueur; mandibule supérieure convexe, échancrée et crochue vers le bout; l’inférieure droite, plus courte, un peu applatie en dessous, retroussée et aigüe à son extrémité. PL. L, n° 5.

Narines rondes, ouvertes, situées près du capistrum.

Langue plate, étroite, lacérée à sa pointe.

Bouche ample.

Tarses nus, annelés.

Doigt intermédiaire , réuni avec l’externe à sa base, totalement séparé de l’interne.

Ailes moyennes; première, deuxième, troisième rémiges, les plus longues de toutes chez les uns; troisième et quatrième chez les autres.

Queue à douze rectrices.

Cette division contient dix-huit espèces environ, qui ne se trouvent qu'en Amérique. Le nom de tyran leur a été imposé par Buffon, pour les distinguer des autres muscivores, qu'elles surpassent par la grosseur, le courage, la force et la méchanceté. Elles se rapprochent des pie-grièches, parmi lesquelles des auteurs en ont classé le plus grand nombre, par leur naturel audacieux et querelleur; mais elles en diffèrent par la conformation de leur bec, qui, chez celles-ci, est comprimé latéralement, tandis que chez elles il est déprimé dans toute sa longneur. Il a beaucoup plus d’analogie avec celui des moucherolles, et surtout des platyrhynques, puisqu'il y a des tyrans qui l'ont d’une grande largeur; tels sont des tictivies, des utiris, etc. (Woyez le bec du premier, pl. 1 des Ois. de l’Am. Septent., n° 16.) Il est peu d'oiseaux d’une moyenne taille qui montrent un courage et une intrépidité aussi remarquables que ceux-ci. Ce sont des gardiens utiles qui veillent sans cesse à la sûreté de la volaille, en faisant une guerre continuelle aux éperviers, aux cresserelles, et à des accipitres encore plus forts; ils les attaquent avec courage, et les combattent avec une telle opiniâtreté, qu'ils les forcent de s'éloigner des habitations, surtout lorsqu'ils

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