‹ La galerie des oiseaux (volume 3)Chapitre 6 sur 236 · PI. II · texte numérisé non relu

PI. II

Rufescenti albus ; remigibus rectricibusque nigris; naribus carunculats ; vertice colloque denudatis (Senior. )

Corpore nigricante ; subtus albo longitudinaliter maculato; cristé nigrd. (adultus. )

Saturate cærulescens ; ventre uropyqüique lateribus albis (Junior. )

Roi des Vautours, Brisson, Ornith., tome x, page 47o, pl. 36. Buffon, Hist. nat., des Oiseaux , tome 1, pag. 169 , pl. enl. 428.

32 ZOPILOTES.

King Vulture, Latham, Synopsis, tome 1, page 7, n° 9.

Vultur Papa, Linn., Gm. Syst. nat., édit. 15, n° 3. Latham, Index, TT

Iriburubicha , de Azara, apuntamientos Para la Historia natural de de los passaros del Paraguay y Rio de la Plata, tom. 1, pag. 15 , n° à.

Les Guaranis, peuplade du Paragay, eonfondent sous la dénomination d'iribu ce Zopilote, et les Gallinazes Aura et Urubu; les Espagnols les nomment très improprement Corbeaux. Ce sont des oiseaux qui, dans l'Amérique méridionale, rendent de grands services en purgeant la surface de la terre des immondices et des débris d'animaux morts qui, en se corrompant, infecteroient l’atmosphère ; ils sont paisibles, exempts de cruauté et respectés par tous les autres oiseaux; leur vue est perçante et étendue; leur odorat est très sensible; ils souffrent la privation de nourriture avec une patience extraordinaire, et ils ont assez de force pour soutenir leur vol à une grande hauteur, sans se fatiguer. Ils ne crient point; ils marchent à pas pesants et leur corps se soutient horizontalement; ils prennent leur essor avec quelque peine, et après avoir fait plusieurs sauts ; ils tournoient ensuite dans les airs pendant plusieurs heures, pour découvrir les charognes dont ils se nourrissent, sans jamais attaquer le plus petit oiseau , ni le plus foible mammifkre. Ils se perchent sur les plus gros arbres, vivent seuls ou par paires; mais ils ont coutume de se réunir en troupes pour s’acharner sur les animaux morts.

M. de Azara, à qui on est redevable de détails très intéressants sur le Zopilote Papa, l’a décrit sous le nom d’/ribubicha, qui signifie chef ou roi des iribus; c’est aussi celui sous lequel les Guaranis le connoissent, parcequ'ils croient que les autres iribus (nos gallinazes) le respectent ; et ils fondent leur opinion sur ce que, quand celui-ci s'abat sur un corps mort, les autres s’éloignent aussitôt pour lui céder la place. Les Espanols l’appellent Corbeau blanc. Il ne passe pas le 32° degré de latitude australe ; mais il devient plus nombreux à mesure qu'il s’avance vers le nord. Il fuit de loin lorsqu'il se trouve à terre ou sur un arbre isolé; mais on l'approche et on le tue aisément dans les bois, où l’on a placé des charognes pour appât. On assure qu'il fait son nid dans un trou d'arbre, et que sa ponte est de deux œufs.

ZOPILOTES, 13

Cette espèce est connue à Cayenne sous le nom de Æoi des Couroumous, et non pas Couroumons, comme le disent des auteurs. Ce bel oiseau, dit Buffon, n'est ni propre, ni noble, ni généreux ; il n’attaque que les animaux les plus foibles, et se nourrit de rats, de lézards, de serpents, et même des excréments des animaux et des hommes: sa principale nourriture sont les charognes, aussi a-t-il une très mauvaise odeur , et les sauvages même ne peuvent manger de sa chair. Dans la note que Sonnini a mise dans son édition de Buffon , tom. 38, pag. 176, il lui rapporte ce que Bartram dit d’un oiseau dont les Crecks ou Muscogules font de la queue un étendart royal auquel ils donnent un nom qui signifie queue d'aigle, sur laquelle ils peignent une bande rouge entre les taches brunes, quand ils vont à la guerre, et qu’ils portent neuf, propre et blanc dans les négociations et autres occasions pacifiques; mais ce rapprochement nous paroît fautif, car le Roi des Vautours a la queue totalement noire , à quelque âge que ce soit; et c’est certainement la queue d’un toutautre oiseau , et probablement celle du Pygarque à tête blanche qui se trouve dans les Florides de même que dans divers états de l'Amérique septentrionale.

Il s'élève entre les narines une espèce de crête qui ne s’alonge ni se retire, et qui tombe indifféremment d'un côté ou de l’autre; elle est d’une substance molle et son extrémité est formée d’un groupe très remarquable de verrues. On remarque sur la tête une couronne de peau nue et rouge de sang; une bandelette de poils noirs et très courts va d’un œil à l’autre par l’occiput; au-dessous de la partie nue du cou est une espèce de fraise, dont les plumes sont dirigées les unes en avant et les autres en arrière; elle est assez ample pour que l’oiseau puisse, en se resserrant, y cacher son cou et une partie de sa tête. Derrière Fœil sont de grosses rides qui vont se Joindre sur locciput à une bande charnue, saillante et orangée, qui de là descend jusqu’au collier. Ces rides cachent le canal auditif, qui est fort petit et auprès duquel viennent se réunir d’autres rides qui s'étendent jusqu’au bec; entre ces rides on apercoit du duvet, de même que sur le reste des côtés de la tête. Les paupières sont rouges et l'iris a la couleur et l'éclat des perles.

Le Zopilote, âgé de quatre ans, a le bec jusqu’à la membrane, les

14 GALLINAZES.

tarses, les pennes et les grandes couvertures supérieures des ailes, la queue et un trait sur le dos noirs, la membrane et la crête sur le bec, orange; la peau nue de la base du bec, pourpre; le cou, incarnat sur les côtés, pourpre au-dessous de la tête, jaune en devant, et d’un violetnoirâtre près de la bande et des rides de l’occiput. Tout le reste du plumage et l'iris blancs; une foible teinte de rouge se fait remarquer sur le blanc du cou et de la partie supérieure du dos. M. de Azara soupçonne que cette teinte distingue le mâle. Longueur totale, deux pieds deux à trois pouces.

Le même, à trois ans, ne présente d’autres différences que d’avoir quelques couvertures supérieures des ailes noires au milieu des blanches.

La tête entière, lorsque l'oiseau est âgé de deux ans, est ainsi que la partie nue du cou d’un noir tirant sur le violet avec un peu de jaune au cou; une teinte noirâtre régne sur les parties supérieures de même que sur les inférieures, avec des taches longues et blanches; la crête est noire, ne tombe d’aucun côté, et est partagée à son extrémité par trois protubérances fort petes; enfin il est, dans sa première année, d’un bleuâtre-noirâtre, à l'exception du ventre et des côtés du croupion qui sont blancs; en soulevant les plumes sous le corps, on en voit aussi de blanches. Le tarse est verdâtre ; la mandibule supérieure d’un noir-rougeâtre; l'inférieure , d’un orangé mêle de noirâtre, avec des taches longues et noires; la partie nue de la tête et du cou de cette couleur; l'iris notrâtre de même que la crête, laquelle ne consiste à cet âge qu'en une excroissance charnue et solide,

fie pivision. GALLINAZE, Caiharista. Vultur, Linnée.

Bec alongé, droit jusqu'au-delà du milieu, garni à sa base d’une cire très étendue, comprimé latéralement, convexe en dessus; mandibule supérieure, à bords droits, crochue vers le bout; l’inférieure plus courte, obtuse à sa pointe, pl. À, n° 4.

GALLINAZES, 15

Narines grandes, situées sur la partie antérieure de la cire, oblongucs et percées à jour.

Langue charnue, cannaliculée, à bords dentelés.

Feux à fleur de tête, dirigés latéralement.

Tête et cou dénués de plumes, ou mamelonnés.

Jabot saillant, glabre.

Tarses nus, sans écailles.

Doigt intermédiaire long, tendu, réuni à sa base avec l'intérieur par une membrane; l’intérieur et le postérieur égaux.

Ongles courts, foibles , émoussés et recourbés; le postérieur le plus court de tous, pl. AA, n° 5.

Première rémige moyenne; les troisième et quatrième les plus lonoues de toutes.

Queue carrée ou cunéiforme, à 12 rectrices.

Cette division n’est composée que de deux espèces qui se trouvent dans l'Amérique, l'Urubu et l' Aura.

Les Gallinazes ont les mêmes habitudes et les mœurs des Zopilotes; on les trouve dans l'Amérique méridionale et septentrionale. Selon M. de Azara , les Urubus tiennent toujours leur cou un peu retiré, passent la plus grande partie du jour sur les arbres et sur les palissades, afin de découvrir si quelqu'un s'arrête pour quelque nécessité naturelle, ou jette quelques débris de viande desséchée. [ls se réunissent pour l'ordinaire plusieurs ensemble sur le même arbre, et comme personne ne les tourmente , ils vivent par-tout tranquilles et en sûreté. Lorsqu'ils sont rassemblés sur les charognes, si quelque bruit ou quelque objet les effraie, tout-à-coup ils prononcent la syllabe hu d’un ton nasillard, et c’est le seul cri qu'il font entendre seuls ou en troupes; ils n'attaquent ni ne harcellent aucun animal, et quand ils tombent plusieurs sur un cadavre d’un petit volume, chacun d’eux cherche à en déchirer un morceau £ comme il peut, sans avoir de débats avec ses concurrents. Ils commencent à en dévorer les yeux, ensuite la langue, et ce qu'ils peuvent tirer des intestins par l’anus; et si le corps mort a le cuir fort dur, et qu'un chien ou toute autre bête carnassière ne l'ait pas entamé, ils l'abandonnent après avoir arraché les parties qu'on vient d'indiquer; mais s'ils ren-

316 GALLINAZES.

contrent une ouverture , ils dévorent toute la chair jusqu'aux os qu'ils ne laissent couverts que de la peau. Quand ils se sentent blessés ils rejettent tout ce qu'ils ont avalé.

Les Æuras, qui pénètrent beaucoup plus dans le nord de l'Amérique que les Urubus, ont la même manière de vivre; mais ils sont moins farouches, et se tiennent, selon de Azara, souvent seuls ou par paires ; cependant, dans d’autres contrées, on les voit comme les Urubus, soit sur les arbres, soit à terre, soit dans les airs, presque toujours en troupes. Leur odorat est si fin qu'à peine une charogne est-elle exposée dans un Leu où il n’y en a aucune, qu’on les voit venir de toutes parts , volant en spirale et descendant peu à peu jusqu’auprès de leur proie. Ils paroissent friands des œufs des A{ligators qui, sans les Gallinazes , deviendroient si nombreux qu'ils feroient déserter le pays. A l’époque où les femelles Alligators déposent leurs œufs à terre, ces oiseaux se tiennent sur les arbres voisins, les suivent de l'œil, et remarquent l'endroit où elles cachent leurs œufs, qu’elles croient mettre à l'abri de tout danger en les enfermant dans le sable; sitôt qu’elles sont retournées à l’eau, ils descendent de leur observatoire, et à l’aide de leur bec et de leurs eriffes, ils les déterrent et les dévorent. Les petits naissent aveugles, et sont appâtés, dans les premiers jours de leur naissance par le père et la mère qui leur dégorgent dans le bec la nourriture que ceux-ci apportent dans leur jabot ; ce que ne font aucuns oiseaux de proie Na l'exception des Vautours et des Zopilotes.

LE GALLINAZE AURA. Catharista Aura.

PL'aIN-

Nigra nitens; remigibus fuscis; Rostro cineraceo ( Senior. ) # Nigro fuscoque varia. ( Junior.)

Vultur Aura, var. A. Latham, Index, n° 8.

Vultur Jota, var. B. Linn., Gm. Syst. nat., n° 5.

Turkey Buzzard. Catesby, Car. tome 1 , page 294, pl. 6,

FL

LL, Crea GE Cle t

d ; Cothartstz Aura Carr de Zifho.de C.Morte

GALLINAZES. 17

Vautour Aura, Wieillot, Hist. nat. des Oiseaux de l'Amérique septentrionale , tome 1 , page 25, pl. 2 bis.

Acabiray. De Azara apuntamientos para la Hist. nat. de los paxaros, elc. lom. 1, pag. 23, n° 3.

L’Aura, quand il vole, tient les ailes plus élevées que le reste, de sorte qu’elles semblent ne faire qu’une seule piéce avec le corps, lorsque l'oiseau ne les agite pas; ce qui a lieu le plus souvent. Il vole sans cesse près de terre et avec beaucoup d’aisance, cherchant à découvrir quelque proie dans la campagne. Il change rarement de direction, et passe les jours en l’air, comme si cet état d'action continuelle lui étoit plus naturel que le repos; il paroît néanmoins, à chaque instant, vouloir se poser. Selon Bartram, qui a observé l’Aura dans les Florides, il frappe les ailes l’une contre l’autre, s’avance un peu, puis frappe encore ses ailes, et ainsi de suite à chaque temps de vol, comme sil étoit toujours prêt à tomber et toujours faisant effort pour se relever; ce qui nous paroît contredire la manière de voler qu'indique de Azara. Au reste, il est moins vorace que les Urubus, recherche moins les corps morts, se nourrit également de limacons, d'insectes, ne poursuit point les oiseaux, et n’est point querelleur.

Noseda, cité par de Azara, dit que le nid de l’Aura ne consiste qu'en un léger enfoncement en terre dans les halliers, à la lisière des bois, sans aucune disposition de matériaux; que la ponte est de deux œufs blancs, un peu tachetés de rougeûtre, et que les petits naissent couverts d'un duvet blanc, et les yeux fermés.

On a souvent confondu l’Aura et l'Urubu, et même dans les pays qu'ils habitent, car les naturels de la Louisiane les appellent indistinctement Carancro, et ceux des Florides et des Carolines, Carion-Crown, on Turkay-Buzzard. Suivant de Azara, qui a très bien distingué ces deux espèces, les Guaranis nomment l’Aura Iribu-Acabiray, qui veut dire Iribu à tête rasée ou tête chanve. Il est assez commun dans le Brésil ; le Paraguay, et passe aussi au sud de la rivière de la Plata.

L'individu dont on a publié la figure dans l'Histoire des oiseaux de l'Amérique septentrionale, n’avoit pas encore acquis son plumage parfait, de même que celui décrit par M. de Azara. Il a dans son jeune âge les

GALERIE DES OISEAUX, Î'° Partie, 3

18 IRIBINS.

plumes du manteau d’un noir changeant en violet sur leur milieu, et brunes sur leurs bords; cette dernière couleur s'étend davantage sur les couvertures supérieures des ailes, sur les pennes secondaires, et sur toutes les latérales de la queue; la tige des premières est d’une nuance terne d’un côté, et blanche de l’autre; toutes sont en dessous d’un grisblanc lustré; la collerette est noire, avec des reflets d’un bleu d’acier bruni, ainsi que toutes les parties inférieures sur lesquelles les reflets sont peu apparents; le bec est blanc-cendré; la cire qui le recouvre jusqu’audelà de l'ouverture des narines, d’un rouge-violet; l'iris d’un jaune léger; des poils courts et noirs se font remarquer devant l'angle antérieur de lœil, et celui-ci est entouré de jaune. Une autre ligne de poils noirs et courts va d’un œil à l’autre, en passant sur la tête qui, dans le reste, est d’un rouge tirant sur le pourpre foncé ; on voit sur le bas de l’occiput des rides de cette même teinte, et d’autres de couleur de paille, laquelle est encore celle de la base du bec. Le tarse n’a point d’écailles sur le devant et sur sa moitié supérieure ; dans les endroits où il est dénué d’écailles, sa couleur est jaune de paille. Quelques individus l'ont d’un blanc-rougeâtre; la tête, le haut du cou sur un pouce et demi de hauteur, et le devant jusqu’à la poitrine sont nus, quoique les plumes des côtés du cou en recouvrent la partie antérieure. Longueur totale vingt-cinq à vingtsept pouces.

On ne remarque point de brun sur le plumage de l'oiseau vieux; il est alors d’un beau noir à reflets.

5ème pivisioOn. IRIBIN, Daptrius.

Bec droit dès la base, garni d’une cire poilue, épais, robuste, comprimé latéralement, convexe en dessus; mandibule supérieure crochue à sa pointe; l’inférieure plus courte , anguleuse en dessous , foiblement échancrée vers le bout, et obtuse, pl. A. n° 6.

Narines arrondies, tuberculées en dedans.

Orbites, Gorge, Jabot nus.

Tarses grêles , médiocres, réticulés.

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