PI. VIL
Vertice, corpore supra rectricumque apice nigricantibus ; capitis lateribus, qulà caudäque albidis; corpore subtus fusco et albo transversim striato. ( adultus ) Capite corporeque supra fuscis, subtus rufuscente-albo, fusco longitudinaliter maculato.
Buzard du Brésil, Brisson, Ornith. tome 1, pag. 405, n° 31.
Caracara, Buffon, Hist. nat., tome 1, page 222.
Falco Brasiliensis, Linn., Gm. Syst. nat., édit. 13, n° 64; Lath., Index , n° 40.
Caracara , de Azara, apuntamientos Para la Historia nat. de los paxaros del Paraguay , y Rio de la Plata, tom. 1 , page 42, n° 4.
Marcgrave a décrit le Caracara d’un manière si incorrecte, qu’on n’a pu le déterminer avec précision; en effet, des auteurs en ont fait un Milan , d'autres un Épervier, un petit Aigle, et d’autres un Faucon ou un Buzard. Mais il nous a paru, d’après ses caractères, pouvoir être le type d’une nouvelle division que nous avons placée dans la famille des Vautourins, d’après plusieurs parties nues de sa tête, son jabot saillant, ses yeux à fleur de tête, ses doigts antérieurs , alongés , et son goût pour la charogne.
Le nom de Caracara est celui que cet oiseau porte au Paraguay, et est tiré de son cri qui semble exprimer ce mot. On l'appelle Caroncho à la rivière de la Plata. Cette espèce est très nombreuse dans l'Amérique australe, et presque autant que toutes les espèces des oiseaux de proie ensemble. Le Caracara vit isolé de ses semblables ou par paire; mais quand un seul ne peut prendre sa proie, quatre ou cinq se rappellent quelquefois , et se réunissent pour se mettre à sa poursuite; c’est ainsi que M. de Azara les a vus donner la chasse aux hérons, aux buses, et à d’autres gros oiseaux. Le Caracara est tellement vorace, qu'il est capable
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de ravir la proie à tous les oiseaux rapaces, les aigles exceptés; quoique assez courageux pour y parvenir, il prend l’épouvante et est mis en fuite par les moqueurs, les hirondelles, les tyrans, qui le suivent dans son vol, et le frappent à coups de bec sur le dos, il est vrai qu'il les dédaigne pour en faire sa nourriture ; il prend cependant les petits poulets, s’il les trouve seuls ou écartés.
Cette espèce niche à la cime des arbres ou dans quelque hallier, construit son nid avec des büchettes et de petites lianes, avec lesquelles elle forme une aire spacieuse , presque plate, et tapissée d’une couche épaisse de crin, disposé sans art. La ponte est de deux œufs fort pointus par un bout, pointillés et tachés de rouge-de-sang sur un fond rouge-tanné.
Le plumage des Caracaras n’est pas dans tous les individus entièrement pareil; celui dont nous publions la figure est au Museum d'Histoire naturelle, et celui de M. de Azara a vingt-un pouces de longueur totale ; le dessus de la tête et du corps, le bout de la queue, les couvertures supérieures de la partie extérieure de l'aile, les pennes du milieu et toutes les petites couvertures noirâtres; les autres couvertures brunes; les six premières rémiges blanches, rayées et pointillées de brun , avec la pointe noirâtre ; la gorge , les côtés de la tête et la queue blanchâtres; le devant du cou et toutes les parties postérieures rayés transversalement de brun et de blanc, avec des lignes transversales noirâtres et blanches sur la première partie et sur la poitrine ; les couvertures inférieures de la queue blanchâtres , avec des lignes brunes, peu sensibles; le bec d’un bleu-blanchâtre; la cire orangée; l'iris mêlé de gris et de roux, les pieds jaunes. La cire s'étend sur une grande partie du bec, couvre le capistrum, s'étend au-dessus de l'œil et sur les joues en entier.
Des individus ont des teintes plus foibles ou d’un brun-pâle et des taches sur la poitrine. Chez d’autres, ces couleurs sont plus foncées.
Chez le jeune la tête, le dessus du corps et des ailes sont bruns, les pennes de la queue d’un blanc-roussâtre, rayées en travers de brun, et terminées de roux-foncé; la gorge et les parties inférieures d’un blancroussâtre, pur sur la gorge, et tacheté longitudinalement de brun sur le
reste. Le mâle et la femelle se ressemblent,
PHÈNES. 25
gi FAMILLE GYPAËTES, Gypaetr.
Mandibule inférieure du bec garnie en-dessous et sur les côtés d’un faisceau de plumes, roides et allongées.
Ailes longues.
Doigts au nombre de quatre, trois devant, un derrière.
1 Division. PHÈNE, Phene, Savigny. Falco,
Linnée , Gmelin. ’ultur, Latham.
Bec grand, droit et couvert à sa base d’une cire molle, cachée sous des plumes sétacées, couchées et dirigées en avant, très-robuste, comprimé latéralement, arrondi en -dessus ; mandibule supérieure crochue et un peu renflée vers le bout ; l’inférieure plus courte, droite et obtuse à sa pointe. Pl AUS:
Narines obliques, ovales, couvertes par les plumes effilées du capt- SÉTUML.
Langue épaisse, charnue, échancrée.
Bouche très-fendue.
Jabot peu proéminent et couvert de duvet.
Tarses courts, épais, robustes et emplumés.
Doigts extérieurs réunis à leur base par une membrane.
Ongles forts et aigus; l'interne et le postérieur plus grands et plus crochus que les autres.
Première rémige plus courte que la quatrième; la troisième la plus longue de toutes.
Queue à douze rectrices.
Cette division ne contient qu'une seule espèce qui se trouve en Europe, en Afrique et en Sibérie, dont les plus hautes montagnes lui servent de retraite, et où elle se tient dans les rochers les plus escarpés. Doués d’une
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grande force, mais manquant de fierté et de courage, les Gypaëtes n’attaquent ordinairement que des animaux faibles et sans défense , se rassemblent en petites troupes et s’acharnent sur la même proie, qui n’est souvent qu'un amas de chair morte et corrompue.
C’est un fléau très-redoutable pour les troupeaux qui paissent dans les vallons des Alpes, où ces oiseaux font une guerre cruelle aux brebis, aux agneaux , aux chèvres et même aux veaux; les chamois, les lièvres, les marmottes et d’autres quadrupèdes sauvages deviennent aussi leurs victimes. L'homme lui-même n’est pas à l’abri de leur voracité; lorsque ces oiseaux le rencontrent dans leur sauvage retraite, plusieurs se réunissent, volent autour de lui, et, à coups d’ailes redoublés, ils cherchent à l’étourdir, pour le précipiter dans les abymes et ly dévorer. Ils nichent dans les rochers les plus escarpés, ou sur la cime des plus grands arbres; construisent leur aire de perches et de branches d'arbres si étendues qu'un char peut être à l'abri dessous ; du moins tel était celui dont parle Gesner. Les œufs sont blancs et tachetés de brun.
LA PHÈNE DES ALPES, Phene OSsifraga ; Savigny.