MOUETTES
Queue à douze rectrices.
Cette division contient seize espèces sous les noms de Mouette et de Goéland, dont quatre sont douteuses. (Ÿ’oyez l’article Mouette dans la deuxième édition du nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle. )
Ces vautours de mer, aussi lâches, aussi voraces que les terrestres, n’osent attaquer que les animaux faibles et ne s’acharnent que sur les cadavres qui flottent à la surface des eaux ou que la mer jette sur les rivages. Avides et gourmands, ils se battent avec füreur pour s’arracher leur proie ; ennemis les uus des autres, ils s’attaquent même sans motif apparent; mais malheur à celui qui est blessé: ainsi que le tigre, la vue du sang redouble leur humeur féroce, et le blessé devient une victime qu'ils immolent à leur voracité; espions les uns des autres, ils sont sans cesse occupés à se guetter pour se dérober réciproquement leur nourriture ou leur proie. Tout convient à leur gloutonnerie, poissons frais ou gâtés, chair sanglante ou corrompue, écailles, os, plumes, tout s’engloutit dans leur gosier, se digère et se consomme dans leur estomac; mais ils rejettent ces dernières substances, lorsqu'ils ont en abondance des plus à leur goût. Ils supportent la faim patiemment, car on en a, vu vivre huit à neuf jours sans prendre aucune nourriture. Ils fondent sur leur proie avec une telle violence, qu'ils s’enferrent eux-mêmes sur la pointe que le pêcheur place sous un poisson qu'il leur offre en appât. Dans les mers glaciales on les voit en grand nombre sur les cadavres des baleines , où ils peuvent assouvir à l'aise leur voracité, et trouver une ample pâture pour leur géniture , dont la gourmandise est innée.
Ces oiseaux , répandus sur toutes les mers du globe, se tiennent sur leurs rivages , et couvrent par leur multitude les plages, les écueils et les rochers, qu'ils font retentir de leurs cris et de leurs clameurs. On en voit sur toutes les côtes, mais beaucoup plus dans les lieux abondans en poissons ; ils s’éloignent en mer jusqu’à plus de cent lieues de distance de Ja terre, et on les rencontre sous tous les climats. Ce sont les îles désertes des deux zones polaires que le plus grand nombre préfère pour nicher, surtout celles où ils ne sont point inquiétés par les hommes ou les quadrupèdes. Là ils ne font point de nid : un trou simplement creusé dans le