NANDUS.
avec ses grandes plumes, des parasols, des panaches et d'autres ornemens, sont réduits à user de ruse et à lui tendre des piéges pour le prendre; il n’y a que de bons chevaux montés par de bons cavaliers qui puissent l’atteindre. Lies chasseurs, pour le prendre, lui lancent au cou une espèce de collet, formé de trois pierres, grosses comme le poing, et attachées par des cordes à un centre commun. Quand les Nandus se trouvent arrêtés dans leur course par ce collet, on ne doit les approcher qu'avec précaution, car ils détachent des ruades capables de briser une pierre. ïls avalent tout ce qu’on leur présente , même le fer; ce qui prouve que son organisation extérieure doit être à peu près la même que celle de l’Autruche d'Afrique. Ces oiseaux se trouvent au Pérou, mais seulement dans les régions froides des Cordilières ; au Chili, dans les vallées qui séparent les hautes montagnes des Andes; au Brésil et principalement aux terres magellaniques ; mais on ne les voit point à la Guyane, pays qui ne leur convient nullement, puisqu'ils ne se plaisent que dans les contrées les moins chaudes de l'Amérique australe.
LE NANDU OÙ L’AUTRUCHE DE MAGELLAN, Rhea
americanda.
PI. CCXXIV.
Corpore albo ; dorso plumbeo ; pennis alarum decompositis , pinnulis disjunctis.
Le Thouou, Briss., Ornith., tom. 5, pag. 8, n° x.
L'Autruche de Magellan, Buff., Hist. nat. des Ois., tom. 1.
Struthio rhea, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 3.
Rhea americana, Lath., Index, n° 1. ‘
American Rhea, Lath., Synopsis, 2 Suppl., pag. 292, pl. 137.
Cette espèce est présentement rare au Paraguay, mais elle est plus commune dans les plaines de Montevideo, dans les Missions et dans les campagnes de Buenos-Ayres. Elle ne pénètre jamais dans les bois, elle reste toujours dans les plaines découvertes, soit par paires, soit par troupes
NANDUS. 75 qui excèdent quelquefois trente individus. Dans les contrées où l’on ne fait point la chasse à ces Autruches, elles s’'approchent des habitations champêtres, et elles ne se dérangent pas à la vue des Hommes à pied; mais dans les pays où l’on a coutume de les poursuivre, elles fuient de loin, et elles sont toujours en défiance. Si elles s’apercoivent qu’on cherche à les surprendre, elles se mettent à courir de très-loin , étendent leurs ailes en arrière, ce qui est sans doute l'effet du vent, et, pour tourner et faire de fréquens crochets, elles ouvrent une aile, et le vent les aide à exécuter très-rapidement ces voltes qui mettent le chasseur en défaut. Si elles sont tranquilles, leur démarche est grave et majestueuse; elles tiennent la tête et le cou élevés et leur dos arrondi; pour paître elles baissent le cou et la tête, et elles coupent l’herbe dont elles se nourrissent. Ce sont d’excellens nageurs , qui traversent les rivières et les lagunes, même sans être poursuivis.
Le mois de juillet est l'époque des amours du Nandu ; on entend alors les mâles pousser des gémissemens assez semblables à ceux d'une vache. Les femelles commencent à pondre à la fin d'août, et les premiers petits paraïssent en novembre. Leurs œufs ont leur surface très-lisse, d’un blanc mêlé de jaune, également gros et un peu pointus aux deux bouts. Le nid ne consiste qu'en un creux large, un peu profond , fait naturellement dans la terre; quelquefois ces oiseaux le façonnent avec de la paille; ils ne cherchent point à le cacher, de sorte qu'on aperçoit de loin les œufs et loiseau. Le nombre des œufs de chaque ponte m'est pas connu, On en voit quelquefois soixante-dix à quatre-vingts dans un seul nid, et c’est sans doute le produit de la ponte de plusieurs femelles. En effet, on dit dans le pays que toutes les femelles du canton déposent leurs œufs dans le même nid, et qu’un seul mâle se charge de les couver. Ilest certain , d’après les observations de M. de Azara à qui on doit les détails dans lesquels nous venons d'entrer, qu’un seul individu fait éclore les œufs, conduit et protége les petits sans l’aide d'aucun autre. C'est une opinion générale que le mâle sépare avec soin quelques œufs qu'il casse, quand les petits éelosent, afin qu'ils trouvent à leur naissance de la pâture dans la multitude de mouches qui sy rassemblent.