VANNEAUX
espèces que nous avons placées dans ces sections sont celles dont Brisson a fait un genre particulier sous le nom de F’anellus, qui toutes portent un bec de Pluvier. Linnée a classé dans son genre Parra les Vanneaux armés, et les autres parmi ses T'ringa avec les Chevaliers, les Alloueties de mer, les Maubéches, les Bécasseaux , les Combattans , les Tournepierres , les Phalaropes ; mais aucuns de ceux-ci n'ayant le bee conformé de même que les Vanneaux, et en différant encore par un doigt postérieur plus long et portant à terre, nous avons cru devoir, à l’exemple de plusieurs ornithologistes, les isoler génériquement.
La famille des Vanneaux est répandue dans les trois continens; partout ils fréquentent les terrains humides, et se nourrissent d'insectes, de vers et de vermisseaux. Ils nichent à terre dans les herbes; leur ponte est de quatre à six œufs; les petits quittent le nid immédiatement après leur naissance, où peu de jours après, et prennent d'eux-mêmes les alimens
que leur indiquent le père et la mère.
LE VANNEAU ARMÉ A CALOTTE BLANCHE, 'a-
nellus albicapillus.
PI. CCXXXVI.
Cinereus ; vertice albo ; genis, lateribus colli nigro et albo longitudinaliter striatis ; remigibus primaris rectricibusque nigris.
Le Vanneau armé à calotte blanche, deuxième édit. du nouv. Dict. d'hist. nat., tom. 35, pag. 20b.
Nous ne connaissons pas la contrée dont eet oiseau a été apporté au Muséum d'histoire naturelle. Il a une caroncule jaune et plate sur les lorums, divisée en deux parties, dont l’une s'élève plus haut que le front, tandis que l’autre est pendante et descend au niveau de l'origine de la mandibule inférieure ; une grande tache blanche couvre le milieu du sommet de la tête qui, dans le reste, est grise, de même que le capistrum, l’occiput , le milieu du dessus du cou, le dos, les couvertures supérieures des ailes, la poitrine et le ventre; des raies longitudinales, blanches et
ARÉNARIES. TOI
noires parcourent les joues; les côtés de la gorge et du cou, les grandes pennes des ailes et les rectrices sont noires ; les moyennes couvertures alaires ont leur bord extérieur blane; les inférieures de la queue et l’extrémité de ses pennes sont de cette couleur; les pieds d’un jaune orangé, ainsi que le bec; si ce n’est vers le bout de sa partie supérieure qui est noire. Longueur totale, 8 pouces et demi.
ame pivision. ARENARIE, ÆArenaria.
Bec épais à sa base, robuste, plus court que la tête, comprimé latéra- . lement, un peu aplati en-dessus, à pointe presque tronquée ; mandibule supérieure droite, un peu fléchie dans son milieu; l’inférieure retroussée vers le bout. PL. S , n° o.
Nürines situées dans une rainure, allongées, ouvertes, à demi cachées sous une membrane.
Langue courte, canaliculée, comprimée et pointue.
T'arses un peu forts, de la longueur du doigt intermédiaire, nus, réticulés.
Doigts totalement séparés ; postérieur portant à terré sur son bout,
Ongles courbés, pointus; l'intermédiaire dilaté sur son bord interne.
Ailes longues ; première rémige la plus longue de toutes.
Queue à douze rectrices.
La seule espèce que renferme cette division se trouve dans les deux continens, où elle se tient sur les bords de la mer. Le nom qu'on lui a imposé, vient de l’habitude singulière qu’elle a de retourner les pierres au bord de l’eau, pour saisir les vers et les insectes qu’elles couvrent, et dont elle fait sa nourriture. La forme de son bec lui facilite cette recherche, qu’elle fait avec adresse et beaucoup de vitesse. Un oiseau aussi petit, qui tourne des pierres de plus de trois livres de pesanteur, doit avoir une force et une dextérité particulières; aussi le bec, qui est grêle et mou dans les petits oiseaux de rivage, est d’une substance plus dure et plus cornée chez le Tourne-Pierre, et un peu plus courbé en haut. Il niche dans un trou sur le sable. Sa’ ponte est de quatre œufs; les petits quittent le nid dès leur naissance, courent et saisissent eux-mêmes la nourriture que leur indiquent le père et la mère.
102 ARÉNARIES.
L'ARÉNARIE TOURNE-PIERRE, {renaria interpres. PL COXXXVIL.
Corpore nigro, albo Jerrugineoque vario; pectore abdomineque albis. Adultus. Corpore griseo ; pectore fusco alboque variegato. Junior.
Le Coulon-chaud, Brisson, Ornith., tom. 5, pag. 132, n° 1.
Le Coulon-chaud cendré, idem , pag. 157, pl. 11, fig. 2.
Le Touvne-Pierre, Buff., Hist. nat. des Ois., tom. 8, pag. 130, pl. enl., n° 850 , sous le nom de Coulon-chaud.
Coulon-chaud de Cayenne, idem, pl. enl., n° 340. Jeunes.
Coulon-chaud gris de Cayenne, idem, pl. ent. , n° 857. Jeunes.
Tringa interpres, Linn., Gm., Syst. nat.; édit. 13, n° 4.
Morinellus, dem, War. B.
Tringa interpres, Lath., Index, no 45.
Turn turnstone, Lath., Synopsis, tom. 3, pag. 188, n° 37.
Cette espèce porte en Picardie le nom de Bure, et se trouve en Amérique depuis la baie d'Hudson, où elle est connue des indigènes par les dénominations de Gega-washuc et de Misher quioqua ropa schish. On l'appelle sur la côte du cap May Æorsefoot, parce qu'aux mois de mai et de juin elle se nourrit principalement des œufs et du frai d’une grande espèce de crustacée (r2onoculus polyphemus). On la rencontre encore dans les îles du grand Océan boréal, où Lapeyrouse à pris des individus à cent vingt lieues de la terre la plus proche. Les Coulon-chauds variés et gris, dont on à fait des variétés, appartiennent à cette même espèce ; mais ils sont sous la livrée d'hiver ou du jeune âge. Les jeunes ne prennent leurs couleurs distinctives qu'au printemps; aussi voit-on alors des individus avec un plumage plus ou moins mélangé des teintes de la jeunesse et des couleurs de l’âge avancé. Sur la livrée parfaite de cet oiseau elles sont distribuées par masses uniformes, sans aucun mélange, si ce
ARÉNARIES. 103
n'est sur le dos et les ailes. La femelle porte des teintes moins pures, moins vives et d’un ton plus terne.
Le Tourne-pierre adulte a la tête, le derrière du cou, le bas du dos, le croupion, le ventre et les parties postérieures blancs; une tache de cette couleur entre le bec et l'œil; l’occiput, les joues, les côtés et le devant du cou, la poitrine, les pennes alaires et caudales noirs ; celles-ci terminées de blanc, le haut du dos varié de noir, de brun sombre et de ferrugineux; les couvertures des ailes d’un brun cendré; les moyennes bordées de blanc, ainsi que quelques-unes des rémiges, dont la troisième est variée de ferrugineux; le bec noir; les pieds orangés et les ongles noirâtres. Longueur totale, 8 pouces et demi.
Le même, en hiver, a la tête et le dessus du cou d’un gris brun; le haut du dos et les plumes scapulaires pareilles, avec du blanchâtre sur le bord des plumes; les couvertures des ailes semblables; le bas du cou en devant et la poitrine d’un brun foncé, variés sur les côtés de cette dernière teinte et d’un peu de blanchâtre , quelques-unes des pennes alaires brunes , bordées de blanc en dehors, et de cette couleur à.leur origine; d’autres le sont de gris du côté interne, et d’autres n’ont qu’une tache brune à leur extrémité, la queue est variée de blanc et de brun, cette dernière couleur occupe d'autant moins de place que la penne est plus extérieure; le reste du dessous du corps est blanc.
D’autres, tels que les Coulon-chauds de Cayenne, pl. enl. de Buffon, numéros 340 et 357, que nous regardons comme des jeunes, présentent des différences. L’un a tontes ces parties supérieures variées de brun et de blanc; une bande oblique de la dernière couleur sur les ailes et une se: conde transversale sur les grandes couvertures ; les pennes des ailes et de la queue d’un brun sombre; le reste du plumage blanc. L'autre a plus de blanc sur les côtés de la tête ; une strie brune sous les yeux; la poitrine
parsemée de petites taches.
104 TRINGAS.
3% prvistoN. TRINGA, Trinou.
Bec aussi long ou plus long que la tête, arrondi, grêle, sillonné en dessus, droit où un peu fléchi en arc, à pointe lisse, un peu dilatée et obtuse.
IVarines linéaires, situées dans une rainure.
Langue filiforme, médiocre, pointue.
Jambes dénuées de plumes sur leur partie inférieure.
Tarses nus, réticulés.
Doigts antérieurs le plus souvent séparés à leur base; postérieur grêle et portant à terre sur le bout.
Ailes médiocres; première rémige la plus longue de toutes.
Queue à douze rectrices.
À l'exemple de plusieurs savans ornithologistes, nous avons distrait de cette division composée de vingt-quatre espèces, les anneaux, les T'ourne-pierres , les Phalaropes et plusieurs Chevaliers ; en effet, tous ceux-ci ont des caractères assez distinctifs pour former des groupes particuliers.
Les Tringas quittent leur pays natal aux approches des grands froids, se transportent alors dans le sud, voyagent en troupes plus ou moins nombreuses, habitent de préférence dans les marais, sur les bords des lacs, des étangs et des rivières où ils cherchent leur nourriture dans le Jimon. Leur pâture se compose de vermisseaux et d'insectes aquatiques ; des espèces semblent préférer se tenir sur le gravier des rivages maritimes. Celles, dont on connaît le nid, le font dans les herbes au bord des eaux ; les petits le quittent dès leur naissance, et suivent leur mère qui leur indique les alimens qui leur conviennent. Tous où presque tous les oiseaux de cette division subissent ordinairement deux mues dans l’année; il en résulte un changement dans les couleurs tel que le plumage d'été est souvent très-différent de celui d'hiver et du premier âge. Ce changement
a donné lieu à des espèces purement nominales.
TRINGAS. 105
LE TRINGA ROUSSATRE, 7ringa rufescens.
PI. CCXXX VII.
Supra fuscescente-rufescens, nigro maculata; alis caudäque versùs apicem nigris albisque ; tectricibus alarum inferioribus versüs apicem albis, nigro variis ; remigibus subtüs albis nigro guttatis punctatisque ; gulé juguloque rufescentibus ; abdomine rufescente-albo.
Le Tringa roussâtre, deuxième édit. du nouv. Dict. d'histoire nat. , tom. 34, pag. 470.
Idem , Encyclopédie méth., pag. 1090 de l'Ornith.
Cette espèce, qu’on trouve à la Louisiane, a le bec grêle, noirâtre et long de neuf lignes; le dessus de la tête et du cou, le dos, le croupion, le dessus des ailes et de la queue d’un roussâtre rembruni, avec des taches noires sur le milieu de chaque plume; ces taches sont petites sur la tête et sur le cou, et grandes sur les autres parties ; les couvertures des ailes, leurs pennes’, à l'exception des secondaires les plus proches du dos, sont, ainsi que la queue , noires vers le bout, et terminées de blanc; les moyennes couvertures inférieures des ailes blanches et variées de noir; les pennes sont en dessous de la première couleur, mouchetées, pointillées et terminées de noir avec une petite frange blanche sur le bout ; les côtés de la tête, la gorge, le devant du cou roussâtres; toutes les parties inférieures sont rousses, avec quelques taches arrondies et noires sur les côtés du cou et de la poitrine; les plumes de l’estomac et du ventre sont blanches vers le bout; le bas-ventre et les parties postérieures d’un blane roussâtre ; les deux rectrices intermédiaires brunes ; les deux suivantes de la même couleur, bordées de blanc et noires à leur extrémité ; les autres d’une nuance plus claire et terminées desmême; toutes sont en dessous d'un gris blane , avec une tache noire vers le bout qui est blanc; la queue est étagée,
les pieds sont rouges et les ongles noirs. Longueur totale 7 pouces 3 lignes.
GALERIE DES oiseaux. 1W* PARTIE. 14
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