‹ La galerie des oiseaux (volume 4)Chapitre 5 sur 134 · PI. CC · texte numérisé non relu

PI. CC

Cerû flavä; corpore nigro; ventre albo. Adultus. Cristé recté, nier albäque; corpore suprà remigibus rectricibusque rufescente 2lbo transversis; pectore ventreque rufis, nigro striatis , abdomine dilute rufo. Junior,

Le Hocco de la Guyane, Briss,, Ornith. , tom. 1, pag. 298, n° 12, pl: 29.

HOCCOS. 7 Idem, Buÿf., Hist. nat. des Ois., tom. 2, pag. 375, pl. enl. n° 86

Crax alector, Linn., Gm., Syst. nat. , édit. 13, n° x.

Idem, Lath., Index, n° 1.

Crested curassow. dem, Synopsis, tom. 2, pag. 690, no .

Cette espèce que Marcgrave appelle Mitu peranga , est le Tepetotolt des Mexicains, le Mitu des habitans du Paraguay, etle Pabos del monte des Espagnols de la Nouvelle-Espagne. Elle habite, non-seulement le Mexique et le Brésil, mais encore la Guyane et d’autres contrées chaudes de l'Amérique, où elle se tient dans les grandes forêts. Sa démarche est lente et grave, son vol lourd et bruyant; son eri aigu semble articuler, en deux temps, le mot po-hic. Outre ce cri, lorsque ce Hocco marche sans inquiétude, il fait entendre un bourdonnement sourd et concentré, qui se forme dans la capacité de l'abdomen, et se répand en dehors par les chairs et les tégumens, à peu près comme dans l’Ægami. Il se nourrit de fruits sauvages parmi lesquels le botaniste Aublet à remarqué ceux du Thon piquant (T'hoa cereus). La ponte a lieu dans la saison des pluies, et consiste en œufs blancs, au nombre de deux jusqu'à six, suivant l’âge de la femelle, et semblables à ceux du Dindon. Le nid est composé de buchettes entrelacées de brins d'herbe et disposées négligemment.

La tête de ce Gallinacé est ornée d’une huppe composée de plumes étroites, un peu inclinées en arrière, mais dont la pointe revient et se courbe en avant. Cette huppe occupe toute la longueur de la tête, et l'oiseau la relève ou l’abaisse, selon qu’il est diversement affecté. Elle est d'un beau noir velouté, de même que les plumes de la tête et du cou; le ventre, les couvertures inférieures de la queue et une partie de celles des jambes sont d'un blanc mat; le reste du plumage et le bec d’un noir foncé, mais sans éclat; le tour des yeux est d’un beau jaune, de même que la membrane du bec; l'iris noir ; le tarse d’un cendré bleuâtre. Longueur totale, 2 pieds 8 pouces.

La femelle diffère du mâle en ce qu’elle est plus petite, que sa huppe est moins belle, moins élevée et d’un noir moins luisant, que sa queue est moins longue, et en ce que les plumes de la poitrine sont terminées

par une ligne étroite et grise. Ce n’est donc point le Hocco moucheté de blanc, figuré sur la pl. enl., n° 5 de Buffon, ainsi que l'ont dit des ornithologistes. En effet, ce ne fait partie d’une race constante qui vit principalement sur les bords du fleuve des Amazones.

Le jeune, avant sa première mue, a les plumes de la huppe droites nullement frisées, rayées de noir et de blanc ; le cou noir; toutes les parties supérieures, les pennes alaires et caudales rayées en travers de blanc roussâtre ; la poitrine , le ventre et les jambes roux avec des bandes noires; les autres parties inférieures d’un roux clair; les pieds d’un gris roux. À mesure qu'il avance en âge, les bandes transversales disparaissent; la teinte rousse des parties inférieures est remplacée par un blanc pur sur le ventre et sur les couvertures inférieures de la queue; puis il finit par n'être plus varié de blanc. C’est un Hocco de cet âge que M. de Azara a indiqué pour la femelle.

2°" Division, DINDON, Meleagris.

Bec robuste, garni d’une membrane à sa base, convexe en dessus, un peu épais ; mandibule supérieure voûtée, courbée à la pointe, couvrant les bords de inférieure et la dépassant. PI. Q, n° 7.

INarines situées dans une membrane gibbeuse et cHHOLeSese obliques et ouvertes en dessous.

Langue charnue, entière.

Carontule frontale, charnue, conique et extensible chez le mâle.

T'éte et cou mamelonnés et un peu poilus. .

Gorge garnie d’un appendix longitudinal.

Cou du mâle portant dans sa partie inférieure un pinceau de poils roides.

Tarses du même nus, réticulés et munis d’un éperon un peu obtus.

Doiïgts antérieurs réunis à leur base par une membrane; postérieur ne portant à terre que sur le bout.

Ongles ovales, un peu émoussés.

Ailes concaves, arrondies ; première rémige la plus courte de toutes ; quatrième, cmquième les plus longues. ‘

Queue à dix-huit rectrices, larges, expansibles, et s’'élevant en forme de roue chez le mâle. j

Cette division est composée de deux espèces dont l’une se trouve dans l'Amérique septentrionale, et l’autre à la baie d'Honduras. C’est à la première que nous devons la race domestique, peuplade, après les Poules, la plus nombreuse et la plus utile de nos basses-cours. Les premiers ornithologistes ne pensaient pas que le Dindon fût étranger à notre continent; en effet, Aldrovande, Gesner, Ray, Belon ont prétendu que cet oiseau tirait son origine de l’Afrique et des Indes orientales. Aldrovande a cru le reconnaître dans la Poule d’ Afrique où de Numidie, dont le plumage est couvert de taches rondes, en forme de gouttes, plumage qui ne peut en aucune manière être approprié au Dindon. Au reste, on ne peut aujourd’hui disconvenir que ces Poules africaines ne sont autre chose que nos Peintades. Quant à Ray, qui fait venir les Dindons d'Afrique ou des Indes orientales , il semble sêtre laissé tromper par les noms. Celui d'oiseau de Numidie qu'il adopte suppose une origine africaine, et ceux de Turkey et d'oiseau de Calicut une origine asiatique. Il est done prouvé que nos Dindons domestiques sont originaires de l'Amérique septentrionale , et qu'ils ont été apportés en France sous le règne de Francois I‘, à l’époque où le premier fut mangé en France, aux noces de Charles IX. Ils étaient déjà communs en Espagne , d’où ils furent introduits en Angleterre dès l’année 1525. On les appela d’abord Cog ou Poule d'Inde , parce qu'ils venaient des Indes occidentales ; et ils sont à présent généralement connus sous la désignation de Dindon.

Ces oiseaux sont susceptibles d’affections très-vives. Si quelque objet nouveau vient se montrer aux yeux du mâle, on le voit quitter tout à coup sa contenance humble et simple, se redresser avec fierté, gonfler sa tête et son cou, dont les parties charnues se colorent d’un rouge vif, hérisser les plumes du cou et du dos, relever sa queue en éventail, déployer les pennes de ses ailes jusqu’à traîner par terre, faire entendre un

bourdonnement sourd, tantôt accélérer sa marche, tantôt la ralentir avec GALERIE DES OISEAUX. /11, PARTIE. 2

une sorte de gravité, enfin Jeter de temps en temps un cri percant, faire entendre une roulade précipitée qui paraît être l'expression de la plus forte colère. Dans ses accès, il s’élance, attaque à coups de bec, et fait tous ses efforts pour éloigner l’objet qui lui est désagréable. Dans la saison des amours, le mâle piaffe autour de sa compagne en faisant la roue et en jetant un cri aigu, et faisant entendre ses glouglous. Il est polygame; la femelle niche à terre; sa ponte est nombreuse.

LE DINDON SAUVAGE , Meleagris fera PI. CCE.

Ferè nigra , nitore alias viridi-æneo , alias viridi, alias purpurescente ; tectricibus alarum majoribus nitidè fuscis; remigibus viridiaureis , versüs apicem nigris, apice ipso albis.

Le Dindon sauvage, Briss., Ornith. , tom. 1, pag. 162, B.

Le Dindon, Buff. , Hist. nat. des Ois. , tom. 3, pag. 13.

Meleagris gallopavo, Linn., Gm., Syst. nat.; édit. 13, n° 1.

Idem, Lath., Index, n° 7.

American Turkey, idem, Synopsis, tom. 2, pag. 676, n° 1.

Les Dindons sauvages, qu’on trouve dans l'Amérique septentrionale , depuis le Canada jusqu’à l’isthme de Panama, loin d’être améliorés par les soins et l’abondance de nourriture, ont singulièrement dégénéré en domesticité. Ils pèsent de vingt à soixante livres dans l'état de liberté , et il en est dont la tête, lorsqu'ils sont debout, est à plus de trois pieds de terre. Ils étaient autrefois communs dans le Canada et au centre des États-Unis ; mais ils ont disparu des pays aujourd’hui en culture, et s’en éloignent encore à mesure qu’on défriche; cependant ils semblent ne céder le terrain aux cultivateurs que pied à pied. D’après cette marche , on peut prédire qu'un jour on les cherchera inutilement dans l’état de liberté. Ils vivent la plupart du temps dans les forêts, où ils se nourrissent de fruits sauvages. Ils se tiennent dans les bois pendant l'été, et par petites bandes, qui toutes se réunissent pour former des troupes composées de cent à deux cents individus, qui alors quittent leur retraite pour se rap-

procher des lieux habités. Aussi les naturels du nord de l'Amérique appellent cette saison le mois des Dindons. C’est à cette époque qu'ils leur font la chasse, en tuent un grand nombre, et les font geler pour les conserver et les apporter dans les établissemens européens.

Ce n’est plus que fort avant dans les terres qu’on rencontre ces oiseaux en abondance: ils sont très-farouches , et quoiqu'ils soient plus grands et plus gros que la race domestique, on les aperçoit difficilement dans les forêts, si on ne les surprend ; car, au moindre bruit qu'ils entendent, ils se cachent dans les herbes hautes et les broussailles. C’est aussi par cette ruse qu'ils évitent les serres de l'oiseau de proie; d’ailleurs , ils sont naturellement gardiens les uns des autres, le premier qui aperçoit son ennemi, même dans le lointain, jette le cri d'alarme, et aussitot tous se blottissent contre terre, de manière qu'ils échappent à sa vue. Le chasseur ne peut les retrouver pendant le jour, s’il n’a un chien dressé pour ce gibier, et

doit les tirer de fort près, afin qu'ils restent sur la place, car s'ils ne pres, q P ;

sont que blessés, ils disparaissent promptement, vu qu'ils vont fort vite, quand ils accompagnent leur course d’une sorte de demi- vol, et ils s’enfuient alors avec une telle rapidité, que l’aborigène le plus alerte ne peut les atteindre. Le coucher du soleil est l'instant le plus favorable pour les chasser avec avantage, parce qu'à cette époque du jour ils indiquent leur retraite par leurs glouglous souvent répétés, pour se rallier. Dès qu'ils sont réunis, tous s’acheminent dans le plus grand silence vers leur asile nocturne, où ils se perchent les uns près des autres sur les grands arbres, et particulièrement sur ceux dont les branches sont sèches ou dépouillées de leurs feuilles. On peut alors les approcher de très-près, attendu que la vue de homme ni le bruit de larme à feu ne peuvent les intimider, tant qu'ils se croient en sûreté. La chute même de leurs compagnons tués à leur côté ne trouble point leur sécurité; ils voient tomber d’un œil tranquille et sans changer de place, celui que vient d'atteindre la flèche ou le plomb meurtrier ; seulement ils font entendre un bourdonnement qui semble plutôt exprimer leur étonnement que leur inquiétude; enfin leur insouciance est telle qu'on peut les tuer tous les uns après les autres, quelque nombreux qu'ils soient, Il est remarquable que

cette sécurité dans le danger, que d’autres appelleront stupidité , est naturelle à presque tous les Gallinacés de l'Amérique septentrionale , lorsqu'ils se trouvent dans la même position.

Au point du jour les Dindons font retentir les forêts de leurs gloussemens, et se correspondent, surtout au printemps, sans changer de place. Ils glougloutent pendant une heure environ, se taisent après le lever du soleil, et descendent de leur gîte. Dès qu'ils sont à terre, les mâles, dans le temps des amours, se pavanent aux yeux de leurs compagnes ; mais, si le nombre des femelles ne peut suffire à tous les mâles, ceux-ci se battent avec un tel acharnement, que le combat ne finit que par la fuite des vaincus. Quand les désirs des vainqueurs sont satisfaits, tous se réunissent pour se rendre dans les lieux où se trouve leur pâture.

Quoique le plumage des mäles paraisse, au premier aspect, d’un noir uniforme , il n’est réellement pas de cette couleur; c’est un gris de more dont rejaillissent divers reflets éclatans, qui forment des lunules de trois à cinq lignes de largeur, vers le bout des plumes du cou, de la poitrine, du dos, du croupion, des scopulaires, des couvertures supérieures des ailes et de la queue; tantôt ces reflets présentent la couleur du cuivre ou

d’or bronzé, tantôt le violet ou le pourpre. Ces changemens proviennent

de l'incidence de la lumière; les pennes des aïles et les tectrices supérieures de la queue sont d’un blanc argenté à leur extrémité; le bec et les pieds noirs. La femelle est d'un gris plus clair à reflets faibles, et plus petite que le mâle. La peau nue de la tête et de la partie supérieure du cou est bleuâtre et chargée de mamelons rouges en devant et blanchâtres sur le derrière de la tête. De la base du bec en dessous descend jusque vers le tiers de la longueur du cou, une sorte de barbillon rouge, flottant, et composé d’une double membrane; une caroncule charnue, ridée et conique s'élève sur le bec à son insertion dans le front. .

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