PI. CCI
Albus ; dorso, remigibus cauddque nigris; mandibul& superiore medio ad apicem serratd.
- Le Bec-ouvért des Indes, Sonnerat, Voy. 2, pag. 210, pl. r2. Ardea coromandeliana , Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 86. Idem, Lath., Index, n° 94 Coromandel heron, Lath., Synopsis, tom.3, pag. 102, n° 78. On doit la connaissance de cet oiseau au savant naturaliste Sonnerat
qui l’a trouvé au Coromandel, où il paraît à l’automne sur les bords des fleuves et des étangs. Il s’y nourrit de poissons et de reptiles.
Il a la partie supérieure du bec dentelée sur ses bords depuis le milieu jusqu’à la pointe sur laquelle on remarque une échancrure; la gorge nue, les Zorums noirs; les plumes de la tête ‘un peu plus longues que les autres, se relevant souvent à la volonté de l'oiseau; ces plumes, le croupion, le ventre, les ailes et le haut de la queue blancs; le dos, les rémiges et les rectrices noirs ; des traits de cette couleur sur le haut de la tête, ainsi qu’une bande qui descend sur chaque côté du cou; l'iris rouge; le bec et les pieds d’un jaune roussitre. Longueur totale, 13 à 14 pouces. Nous soupconnons que l’Anastome de Pondichéry ( 4rdea pondiceriana, Lath.) est un jeune de cette espèce. Son bec n’est point dentelé, et seulement échancré : les /orums sont couverts de plumes; le plumage est d'un gris cendré; les ailes sont noires; le bec et les pieds jaunes.
3°% prvision. COURLIRI, Æramus.
Bec plus long que la tête, épais, fendu jusqu'aux yeux, comprimé latéralement, courbé vers le bout; mandibule supérieure un peu sillonnée; linférieure droite, presque anguleuse en dessous.
134 COURLIRIS.
INarines linéaires, situées dans une rainure.
Langue courte, étroite, pointue.
Lorums nus.
Tarses longs, nus, réticulés.
Doigts totalement libres, longs, grêles, lisses en dessous; pouce portant à terre sur plusieurs phalanges.
Ongles médiocres, courbés, pointus; l'intermédiaire dilaté et entier sur son bord interne; postérieur le plus fort et le plus long de tous.
Ailes moyennes; première rémige courte, troisième la plus longue de toutes.
Queue à douze rectrices.
Les deux espèces de cette division se trouvent dans l’Amérique méridionale, où elles se tiennent dans les lieux aquatiques, et nichent dans les marais. Les Courliris vivent solitaires, seuls ou par couples; leur dé-
marche est aisée et légère; leur instinct tranquille et non inquiet; ils se perchent au haut des arbres et fréquentent de préférence les terrains argileux; ils n’entrent pas dans l’eau et ne mangent ni serpens, ni poissons. La ponte est de deux œufs , et les petits suivent leur mère aussitôt après
leur naissance.
LE COURLIRI COURLAN, Æramus scolopaceus.
PI. CCLIT.
Fuscus ; gutture et pectore albo striatis; mento albo ; rectricibus remigibusque œneo-nitentibus.
Courliri, Buff., His. nat. des Ois. , tom. 7, pag. 442, pl. enl., n°848.
Ardea scolopacea, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 87.
Idem, Lath., Index, n° 1.
Scolopaceous Heron, Lath., Synopsis, tom. 3, pag. 102, n° 70.
Le plumage de cet oiseau est généralement d’un brun qui devient rougeûtre et cuivreux sur les ailes et la queue; on remarque un trait blanc sur chaque plume du cou; le menton est de cette couleur; le bec rougeñtre et bleuâtre à sa pointe. Longueur totale, 25 pouces.
ji HÉRONS. 136
A? prvisron. HÉRON, Ardeu.
Bec plus long que la tête, robuste, fendu jusqu'aux yeux, finement dentelé chez plusieurs, comprimé latéralement, acuminé, droit ou un peu courbé ; mandibule supérieure sillonnée, échancrée vers le bout chez la plupart. PI U, n° 3.
INarines linéaires, longitudinales, couvertes d’une membrane en arrière, situées dans un sillon.
Langue médiocre, membraneuse, plate; pointue.
Orbites et lorums dénués de plumes.
Tarses nus, réticulés.
Doigts allongés, étroits, aplatis en dessous ; les extérieurs unis à leur base par une membrane ; l’interne libre; le pouce articulé au bas du tarse, uni avec l’interne à l’origine par une petite palme, portant à terre sur toute sa longueur. PI. FF, n° ».
Ongles médiocres, Pure , pointus; l’intermédiaire dilaté et dentelé en peigne sur le bord interne; le postérieur le plus long de tous, trèsarqué, aigu.
Ailes longues ; les trois premières rémiges à peu près égales entre elles et les plus longues de toutes.
Queue à douze rectrices.
Cette division composée de plus de quatre-vingt-dix espèces serait susceptible de deux sections : la première contiendrait les Hérons proprement dits, les Aïgrettes, les Crabiers et les Blongios, qui tous ont le bec droit, le cou très-long, très-grêle et garni sur sa partie inférieure de plumes pendantes et effilées ; le corps étroit, efflanqué et, chez la plupart, élevé sur de hautes échasses. Dans la seconde se trouveraient les Butors et les Bihoreaux qui ont la mandibule supérieure un peu inclinée en bas, le cou plus court à proportion; le corps plus épais et moins haut sur jambes. Au reste, tous ont de grands rapports dans leur genre de vie ; ils habitent dans les marais, sur les bords des lacs et des rivières, vivent de poissons, de reptiles et d'insectes aquatiques. La plupart nichent sur
LA
les arbres et souvent en famille; leurs petits sont nourris dans le nid et ne le quittent qu’en état de voleP; tous ou presque tous sont demi-noc- | turnes. On trouve des Hérons dans toutes les parties du monde.
LE HÉRON BLEU À GORGE. BLANCHE, 4rdea albi-
collis.
P. CCLIIL
Migro-cœrulea ; gutture albo.
Le Héron bleu à gorge blanche, deuxième édit. du nouveau Dict. d'histoire nat., tom. 14, pag. 409. A
Le plumage de ce Héron, qu’on trouve au Sénégal, est généralement d’un bleu noir, à l'exception de la gorge qui est blanche. Il porte une. huppe composée de plumes effilées; celles du dos ont la même forme et se réunissent en un faisceau épais qui s'étend presque jusqu’à l’extrémité de la queue; le bec et les parties nues des côtés de la tête sont bruns; les pieds noirs.
La femelle, ou du moins l'individu que nous soupçonnons telle, est totalement d’une couleur d’ardoise, et n’a point sur le dos des plumes longues et effilées comme le précédent; le bec, la peau nue des côtés de
la tête et les pieds sont noirs.
5ème prvision. CIGOGNE, Crconia.
Bec très-long, gros, droit, entier, peu fendu, comprimé latéralement,
pointu; mandibule supérieure à sillons oblitérés. PI. U, n° 4.
Narines longitudinales, linéaires et situées près du front.
Langue membraneuse , très-courte, plate, triangulaire.
Tarses longs, nus, réticulés.
Doists allongés ; antérieurs unis à la base par une membrane; posté-
rieur portant à terre sur plusieurs phalanges. PI. FF, n° 0.
Ongles courts, un peu aplatis, obtus; l'intermédiaire à bords entiers ; le postérieur presque droit et le plus court.
Ailes longues; troisième et quatrième rémiges les plus longues de toutes.
Les trois espèces, que contient cette division, ont été classées par Linhée et Latham dans leur genre {rdea ; Bron les en a exclues pour en faire un groupe particulier, et nous croyons qu'il est fondé dans cet isolement; car les Hérons diffèrent des Cigognes par leur bec fendu jusqu'aux yeux, et sillonné sur sa partie supérieure, par les /orums totalement nus, par la tranche dentelée du bord interne de l’ongle intermédiaire, par le doigt postérieur, qui est comme attaché à la base du doigt interne, et enfin en ce que celui-ci est totalement séparé de l’intermédiaire. Les Cigognes ont le gésier peu musculeux, les cœcums si petits qu'on les aperçoit à peine, le larynx inférieur sans muscle propre, les bronches plus longues et composées d’anneaux plus entiers que dans les Hérons; leurs mandibules légères et larges, en frappant l’une contre l’autre, produisent un claquement, presque le seul bruit que ces oiseaux font entendre.
Les uns nichent à la cime des arbres, les autres dans les rochers et au haut des édifices. Leur ponte .est ordinairement de deux ou trois œufs; les petits-sont nourris dans le nid et ne le quittent que lorsqu'ils sont en état de voler. La nourriture des Cigognes se compose de reptiles, de poissons et d'insectes. On trouve des Cigognes en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique , sur les rivages, dans les prairies et les marais. Celles qui habitent dans les climats tempérés, les quittent vers l'automne et vont passer l'hiver dans des régions plus chaudes. Les mœurs et les habitudes de notre Cigogne blanche présentent un contraste parfait avec celles de la Cigogne noire; celle-ci est farouche et sauvage, recherche les déserts et les marais éloignés de toute habitation, cache son nid dans l'épaisseur des forêts, et ne se plaît que sur le sommet des plus hautes montagnes. L'autre, au contraire , semble née l’amie de l’homme , par-
tage son séjour, fixe son domicile sur sa maison, place son nid sur les GALERIE DES OISEAUX. 1Ÿ* PARTIE. 18
toits et les cheminées, cherche sa pâture sur le bord des rivières les plus fréquentées, chasse dans nos champs et presque dans nos jardins, ne s’effraye point du tumulte des villes, se place au milieu, s'établit sur les tours, aussi partout est-elle respectée et bien venue.
LA CIGOGNE MAGUARI, Ciconia maguart.