GRUES
qu'il en est parmi elles qui sont des variétés d'âge ou de sexe, comme la Grue brune ( Ærdea canadensis, Lath.), qui est la Grue blanche d’Amérique. Dans leur première année, ainsi que l’a remarqué l’ornithologiste américain Wilson.
Les Grues différent principalement des Cigognes parmi lesquelles les ont classées Latham , Gmelin, etc. , en ce que la membrane qui, dans celles-ci, engage les trois doigts antérieurs, ne lie que les deux extérieurs chez les Grues; en ce que le pouce qui pose à terre sur plusieurs articulations chez les Cigognes et les Hérons , n’y porte que sur le bout chez celles-là ; enfin, les Grues diffèrent encore des Hérons en ce qu’elles n’ont pas, comme ceux-ci, l’ongle intermédiaire dentelé en scie sur son bord interne; en ce qu’elles ont un double cœcum , et que les Hérons n’en ont qu'un. Cette division serait susceptible de trois sections : la Grue caronculée en composerait la première, en ce qu’elle a la base de la mandibule inférieure munie de deux fanons allongés et pendans, la tête parfaitement emplumée et les orbites nues. La seconde aurait pour type la Grue blanche de Sibérie, dont le bec est à demi dentelé, l'occiput chauve, papillonacé, et dont les orbites sont couvertes de plumes. La troisième, qui comprend les autres Grues, a pour caractères distinctifs la tête chauve et le bec sans dentelures.
Les Grues des zones tempérées émigrent régulièrement du nord au midi et du midi au nord, ainsi que l’ont remarqué les anciens qui appelaient la Grue d'Europe, oiseau de Libye et oiseau de Scythie, qui étaient alors les extrémités du monde. Ces oiseaux, qui s'élèvent fort haut dans leurs voyages, et qui, pour se soutenir dans l'air et le fendre avec plus de facilité, forment un triangle à peu près isocèle; mais, pour résister à un vent trop fort, ils se resserrent en rond; c’est aussi de cette manière qu'ils se mettent en défense, quand l'aigle les attaque; ainsi qué‘tous les grands oiseaux , ils ont quelque difficulté à s'élever. Pour cela ils sont forcés de courir quelques pas, ouvrant les ailes, rasant la terre jusqu’au moment que leurs ailes puissantes se soient totalement déployées. Alors ils décri-
vent des spirales régulières et gagnent le haut des airs, d’où ils descendent en ligne verticale.