SECRÉTAIRES
chez les Cafres et dans l’intérieur des terres. Lorsque le Secrétaire rencontre où découvre un serpent , il l'attaque d’abord à coup d'ailes pour le fatiguer ; il le saisit ensuite par la queue, l’enlève à une grande hauteur en l'air et le laisse retomber ; ce qu'il répète jusqu'à ce que le serpent soit mort. Lorsqu'on l’inquiète, il fait entendre un eroassement sourd; il n’est ni dangereux ni méchant; son naturel est doux ; il fuit au lieu d’attaquer, évite l'approche, et pour échapper à son ennemi, même faible , on lui voit faire des sauts de sept ou huit pieds de hauteur. Il préfère les animaux vivans à ceux qui sont morts, ce qui le distingue des Vautours, et la chair au poisson, ce qui léloigne des oiseaux d’eau. Il mange aussi de petites tortues qu'il avale tout entières après les avoir. brisées; il détruit une grande quantité de sauterelles et d’autres insectes. Son eri est assez analogue à celui de l’Aïgle.
Le mâle, dans son état parfait, a la tête, le cou, tout le manteau d’un gris bleuâtre; les couvertures des ailes noires, de même que les pennes, plus ou moins nuancées de brun roux ; la gorge et la poitrine nuancées de blanc; et les couvertures inférieures de la queue, de roussâtre très-clair ; le bas-ventre d’un noir mêlé et comme rayé de roux et de blanc ; les jambes d’un beau noir, rayé imperceptiblement de brun; les pennes de la queue sont noires en partie, grises ensuite et terminées par du brun; les deux du milieu d’un gris bleuâtre , nué de brun vers le bout qui est blanc, avec une tache noire, et du double plus longues que les deux suivantes; elles traînent à terre pour peu que l'oiseau les tienne obliquement; le tour de l'œil et la cire sont plus ou moins orangés; le bec est noir; l'iris d’un gris pâle. Longueur totale, 3 pieds deux pouces.
La femelle diffère du mâle par sa couleur grise, moins nuancée de brun; par sa huppe moins longue et plus mêlée de gris; par les plumes du ventre et des jambes qui portent un plus grand nombre de rayures brunes et blanches, et par moins de longueur dans les deux rectrices intermédiaires. Dans le premier âge la couleur grise est nuancée d’une forte teinte de roussâtre; chaque plume des jambes est terminée par un liseré blanc; le bas-ventre est entièrement de cette couleur; la huppe est courte et d’un gris roussâtre; les deux pennes du milieu de la queue ne sont pas plus longues que les autres. -
KAMICHY. 153
3°% pivisron. KAMICHY, Palamedea.
Bec plus court que la tête, garni de plumes à sa base, conico-convexe; mandibule supérieure un peu voûtée, crochue à sa pointe; l’inférieure plus courte, presque obtuse à son extrémité.
IVarines ovales, ouvertes, situées vers le milieu du bec.
Langue...
Front garni d’une corne longue, grêle, cylindrique, droite et pointue.
Tarses nus, annelés.
Doigts épais; les extérieurs unis à leur base par une membrane; l’interne libre ; le postérieur ne portant à terre que sur le bout. PL. FF, n° 5.
Ongles médiocres, pointus, canaliculés en dessous; le postérieur presque droit et le plus long de tous.
Ailes longues, garnies de deux éperons robustes, pointus ; première rémige la plus courte de toutes; troisième et quatrième les plus longues.
Queue à douze rectrices.
La seule espèce que renferme ce genre, se trouve au Brésil et à la Guyane , où elle se tient dans les marécages ; quoique munie d'armes trèsoffensibles qui la rendraïent formidable au combat, elle n’attaque point les autres oiseaux et ne fait la guerre qu'aux reptiles. La nature lui à donné des mœurs douces et une sensibilité profonde. Sa nourriture. ordinaire consiste en herbe tendre qu’elle pâture à la manière des Oies ; elle mange aussi les graines de plusieurs espèces de plantes, mais elle ne touche pas à la proie vivante. Il n’est qu’une occasion où les éperons des ailes deviennent des armes offensives ; mais c’est à l'espèce même du Kamichy qu’elles deviennent funestes. Lorsque dans la saison des amours , plusieurs mâles se rencontrent, la possession d’une femelle est un sujet de combat, de vigoureux coups d'ailes, soit à terre, soit au vol, sont assenés et rendus avec acharnement, jusqu'à ce que le plus fort ou le plus adroit ait mis ses rivaux en fuite et soit resté maître du champ de bataille, souvent ensanglanté, et du prix de la victoire. L'amour alors dépose ses füreurs , il n’existe plus que tendresse et fidélité; et ces sentimens
GALERIE DES oiseaux. 1W° PARTIE. 20
154 KAMICHY.
out tant de vivacité que les deux époux ne se séparent plus, et que, si l’un vient à mourir, l’autre ne cesse d’errer en poussant des sons plaintifs autour des lieux où la mort l’a privé de ce qu'il aime, se consume et finit par périr victime de ses regrets.
LE KAMICHY CORNU, Palamedea cornuta.
PI CCEXI.
Anulis bispinosis ; fronte cornulé ; corpore Suprà nigro; subtus albo.
Anhima, Briss., Ois., tom. 5, pag. 518, n°
Le Kamichy, Buff., Hist. nat. des Ois., tom 7, pag. 335, pl. enl., n° 451.
Palamedea eornuta, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13 , n°
Horned screamer, Lath., Synopsis, tom. 3 , pag. ROC le Le
Partout le Kamichy paraît rare, soit parce qu'il est peu fécond, soit parce qu'il ne fréquente que les lieux reculés et solitaires. Il se plaît dans les savanes à demi noyées, où il est bien difficile de l’atteindre. Sa ponte, qui n’a lieu qu'une fois par an, dans les mois de janvier et de février, consiste en deux œufs de la grosseur de ceux de lOie. Cet oiseau se perche très-rarement, se tient ordinairement à terre et n'entre point dans les forêts. Sa démarche est grave; il porte le cou droit et la tête haute. Sa voix est si forte que son cri retentit au loin et a quelque chose d’effrayant ; Marcgrave lui donne l’épithète de terrible et l’exprime par vyhouvyhou. C’est d'après ce cri que les Indiens des bords de l’Amazone l'ont nommé Cahuitahu ; ceux de la Guyane française l'appellent Kamouchi, d’où les créoles ont formé la dénomination de Camoucle. À Surinan on le nomme Æ/rend, au Brésil, Anhima; enfin quelques naturalistes l’ont désigné sous le nom d’Æigle d’eau cornu. Cette désignation est fautive, car le Kamichy s'éloigne autant des Aïgles par sa conformation que par ses mœurs et ses habitudes.
CHAVARIAS. 155
L’arme menaçante, qui s'élève sur la tête du Kamichy, ‘est une corne pointue, longue de trois à quatre pouces et dont la base a deux ou trois lignes de diamètre ; elle est droite dans toute sa longueur, excepté à sa pointe qui se courbe un peu en avant; sa base est revêtue d’un fourreau semblable au tuyau d’une plume. Les deux forts éperons dont chaque aileron est armé sont triangulaires,etse dirigent en avant lorsque l’aile est pliée ; le supérieur est plus gros et plus long que l'inférieur : ce sont des apophyses de los du métacarpe et leur base est entourée d’un étui semblable à celui de la corne. La couleur générale, est d'un noir d’ardoise; de petites taches grisâtres se font remarquer sur le cou, le dos, le jabot, une partie de la poitrine, les ailes et la queue; le ventre est blanc; le dessous des ailes d’un gris teinté de roux; les plumes de la tête sont douces au toucher, semblables à du duvet et mêlées de blanc et de noir; l'iris, le bec et les pieds sont noirs. Longueur totale, 2 pieds 4 pouces. Le jabot et l’estomac ont une ampleur considérable ; la membrane externe de ce dernier est très-musculeuse; l’interne est velouté, de même que dans la plupart des quadrupèdes;les intestins sont longs et leurs tuniques sont très-fortes.
fève nrviston. CHAVARIA, Opistholophus.
Bec moins long que la tête, garni à sa base de plumes très-courtes, conico-convexe; mandibule supérieure un peu voûtée, plus longue que l'inférieure. PI. V, n° r.
INarines glabres, ouvertes.
Langue...
Lorums nus.
Tarses robustes, épais, réticulés.
Doigts allongés; l'intermédiaire réuni à la base avec l'extérieur par une membrane; l’interne libre; le postérieur portant à terre sur le bout.
Ongles pointus, carênés, canaliculés en dessous; celui du milieu presque droit; les latéraux un peu crochus; le postérieur droit.
Ailes longues, garnies de deux éperons, robustes, un peu courbés en
110) MEN CHAVARIAS.
haut, pointus; troisième, quatrième, cinquième rémiges les plus longues de toutes.
Queue à quatorze rectrices.
Cet oiseau est le seul qui puisse entrer dans cette division, On le trouve dans les contrées sauvages et peu habitées de l'Amérique méridionale , au Brésil, au Paraguay, dans le pays de Cartagène près des bords du fleuve Sinu, où il fréquente les savanes noyées. Si on le tient en esclavage, il se familiarise avec l’homme, et, investi pour ainsi dire de sa confiance, il devient un domestique fidèle, actif et intelligent, un gardien vigilant et incorruptible. Nourri dans les basses-cours, il est l'ami et le protecteur de la volaille, il demeure constamment au milieu d'elle, la suit dans ses courses journalières, l'empêche de s'égarer et la ramène soigneusement à l'entrée de la nuit. Aucun oiseau de proie ne peut approcher du petit troupeau que le Chavaria s’est chargé de défendre. Si un de ces oiseaux paraît à portée de la basse-cour, le vigilant gardien s’élance vers lui, déploie ses longues et fortes ailes, porte à son ennemi les coups les plus rudes et le met bientôt en fuite. Tel est, d’après le voyageur Jacquin , le Chavaria dans l’état domestique; mais nous devons à M. de Azara des détails intéressans sur son genre de vie dans l’état sauvage. ( Voyez ci-après.)
LE CHAVARIA FIDÈLE, Opistholophus fidelis.
PI. CCLXIL.
Parra Chavaria, Linn., Gm., Syst. nat , édit. 13.
Idem, Lath., Index’, n° 9.
Faithfull jacana, idem, Synopsis, tom.3, pag. 246, n° 9.
Chaja, de Azara, apuntamientos para la hist. del paxaros del Paraguay y rio de la Plata, tom. 3, pag. 106.
Le Chavaria fidèle, deuxième édit. du nous. Dict, d'histoire nat., tom. 6, pag. 206.
CHAVARIAS. 197
Le mâle de cette espèce porte au Paraguay le nom de Chaja et la femelle celui de Chajali, d'après leur cri, qui est très-fort, aigu et clair; ils le jettent assez souvent non-seulement pendant le jour, mais encore dans la nuit, pour peu qu'ils entendent quelque bruit, et ils se répondent alternativement. Ces oiseaux se tiennent tantôt seuls, tantôt par paires, tantôt en troupes nombreuses : ils ne fréquentent que les marécages, et si quelquefois on les rencontre sur le bord des rivières , c’est dans les endroits où l’eau est basse et peu courante; ils ne nagent point, mais ils entrent dans l’eau comme les Hérons, non pas pour manger les poissons, les grenouilles, etc.; car ils ne se nourrissent que de plantes aquatiques. Le Cariama ou Chaja se perche à la cime des plus grands arbres; à terre, sa démarche est grave. Il tient le corps horizontal, les jambes fort ouvertes, la tête et le cou en ligne verticale, le bec un peu baissé. Il s'élève quel- . quefois dans les airs, en faisant de longs circuits, jusqu’à ce qu’on le perde de vue. Cette espèce, dit-on, fait un nid spacieux avec des petites branches sur les buissons ou dans les jones entourés d’eau. La ponte est de deux œufs, et les petits suivent le père et la mère, quoique revêtus d’un simple duvet.
À plusieurs attributs particuliers à cet oiseau, il faut encore ajouter celui d’avoir la peau du corps séparée de la chair par un intervalle d’une ligne et demie, rempli par une infinité de petites cellules qui contiennent du vent ; les tarses et les doigts participent à cette même disposition de la chair, ensorte qu'il paraît démesurément gros, et qu’en le pressant du doigt, la peau prête et s'enfonce pour revenir sur elle-même, dès que la compression cesse. Les longues plumes de locciput sont décomposées, étroites et dirigées de manière à passer entre l’œil et les narines, de sorte qu’elles forment une sorte de diadème immobile. Les plumes de la tête et du haut du cou sont courtes , cotonneuses et d’une teinte plombée claire; deux colliers larges de neuf lignes se font remarquer autour du cou, audessous de cette teinte; le supérieur est sans plumes et d’un blanc roussâtre, les plumes de l’autre sont noires; le reste du cou, toutes les parties supérieures et inférieures d’un plombé blanchâtre ; la queue, les plumes scapulaires, les grandes couvertures et les pennes des ailes noirâtre , les
155 GLARÉOLES.
autres tectrices brunes, noirâtres, blanches ou de couleur de plomb; celles du dessous des ailes blanches; la partie nue de la jambe et les tarses couleur de rose; les ongles noirs; la peau nue du lorum et le tour de l'œil d’un rouge sanguin ; l'iris est d’un brun noirâtre. Longueur totale, 3 r pouces.
Cette description ne peut pas entièrement convenir à tous-les individus; caril en est dont le plumage est sombre et presque uniforme; il est généralement d’un noir nuancé de gris, à l’exception du cou, qui est d’un noir pur et la huppe qui est noirâtre; les pieds et les doigts sont d’un jaune rougeñtre.
bème prviston. GLARÉOLE, Glareola.
Bec plus court que la tête, robuste, convexe en dessus, un peu comprimé vers le bout, très-fendu; mandibule supérieure un peu voûtée, . crochue à sa pointe; l’inférieure plus courte, droite. PI. V, n° 2.
Narines elliptiques, obliques, couvertes d’une membrane à leur base.
Langue...
T'arses courts, nus, réticulés.
Doigts grèles, rudes en dessous; les extérieurs réunis à leur base par une membrane; l'interne libre; le postérieur ne portant à terre que sur le bout.
Ongles très-courts, grêles, étroits, un peu aigus.
Ailes longues, pointues; première rémige la plus longue de toutes.
ueue à douze rectrices.
On ne connaît que deux espèces qui puissent entrer dans cette division dont l’une à la queue très-fourchue et l’autre à peu près carrée à son extrémité. La première se trouve en Europe, en Afrique et en Asie; l’autre habite dans l’Australasie. Des auteurs en décrivent un plus grand nombre; tels sont les Glareola, Torquata, Nœvia , Senegalensis, qui sont des variétés d'âge de l'espèce européenne. Les Glaréoles volent en troupes “si ce n'est dans le temps des amours, se tiennent au bord dés eaux, se nourrissent d'insectes et de vers aquatiques. Elles nichent à terre; leur ponte
est de cinq à sept œufs.
GLARÉOLES. 159
LA GLARÉOLE ISABELLE, Glareola isabella.
PI. CCLXIIT
Corpore supra flavescente, subtüs albo; remigibus rectricibusque intermediis nigris ; hypochondriis rufis ; caud& æquale. Adultus. Corpore cinereo-fusco maculato. Junior.
La Glaréole isabelle, deuxième édit. du nouveau Dict. d’hist. nat. , tom. 13, pag. 221.
Cette espèce, qu'on rencontre dans l’Australasie, a la queue carrée et est de la taille de celle d'Europe. Une teinte isabelle domine sur son plumage supérieur; la gorge, le devant du cou, le croupion, le milieu du ventre, toutes les couvertures de la queue et plusieurs de ses pennes latérales sont blancs, de même que le bord des ailes qui, à l'extérieur, est surmonté d’une bandelette longitudinale noire; les pennes des ailes et les intermédiaires de la queue sont de cette couleur; les flancs d’un roux marron très-foncé ; quelques taches isolées et d'un gris très-pâle sont répandues sur les côtés de la gorge, du devant du cou et du haut de la poitrine où elles semblent indiquer une sorte de collier; le bec est d’un roux orangé x sa base et noir dans le reste; les pieds sont rouges. L’aile de cette Glaréole est remarquable par la longueur excessive de sa première penne qui est très-grêle et subulée dans la partie qui dépasse les autres.
Le jeune diffère de l’adulte en ce qu'il a des couleurs plus ternes et qu'il est en dessus et en dessous tacheté de gris brun; ces taches forment des mouchetures sur le sommet de la tête, et les flancs sont d’un roux clair.
160 AGAMIS.
sève ramirre. HYLÉBATE, Hy lebates.
Bec ün peu voûté, pointu.
Doigts antérieurs réunis à leur base; postérieur ne portant à terre
que sur le bout.
1ère prvision. AGAMI, Psophia.
Bec plus court que la tête, un peu voûté, presque conique, comprimé latéralement pointu; mandibule supérieure fléchie vers le bout, plus longue que l’inférieure. PI. V, no 3. £
Narines concaves, couvertes d'une membrane, ouvertes obliquement , elliptiques, situées vers le milieu du bec.
Langue cartilagineuse, plate, lacérée à sa pointe.
Tarses nus, annelés.
Doigts rudes en dessous; les antérieurs unis à la base par une membrane; postérieur ne portant à terre que sur le bout.
Ailes courtes, concaves, arrondies; première rémige la plus courte; troisième et huitième égales ; quatrième, cinquième, sixième les plus longues de toutes.
La seule espèce que cette division renferme se trouve à la Guyane, où
elle forme pour l'ordinaire des troupes assez nombreuses, qui fuient à peine à l'aspect des chasseurs; aussi toute la bande est souvent victime d'un naturel si peu défiant. Cependant cette insouciance pour sa propre conservation n’est point l'effet de la stupidité, car aucun oïseau n’a plus de penchant à vivre dans la société de l’homme, aucun n’y apporte plus de sensibilité et plus d'intelligence; lAgami est à peu près parmi les oiseaux ce que le Chien est parmi les quadrupèdes. Comme celui-ci, il est docile à la voix de son maître; il le suit ou le précède, le quitte avec re gret et le retrouve avec les plus vives démonstrations de la joie. Sensible aux caresses , il les rend avec tous les signes de l'affection et de la reconnaissance , il paraît même jaloux; car il se jette souvent sur les
AGAMIS. 161
jambes des personnes qui approchent son maître de trop près. Son grand plaisir est de se faire gratter-la tête et le cou, et lorsqu'il est une fois acoutumé à ces complaisances , il importune pour qu’on les renouvelle: son courage égale celui du chien; il attaque avec un acharnement singulier des animaux plus grands’et plus armés que lui, et ne les quitte pas qu’il ne les ait mis en fuite. C’est à Sonnini que nous devons ces détails intéressans; d’autres observateurs ajoutent qu’on emploie l'Agami, dans plusieurs parties de PAmérique, à des fonctions domestiques, et qu’on lui confie la garde et la conduite de plusieurs jeunes oiseaux de basse-cour, et même des troupeaux de moutons, qu’il accompagne dans les pâturages et qu’il ramène le soir à l’habitation.
L’Agami, que ses qualités sociales rendent si intéressant, fait souvent entendre un son profond et sourd, indépendamment d'un cri ordinaire, semblable au cri aigu du Dindon. C’est à ce bruit que sont dues les diverses dénominations par lesquelles on a désigné cet oiseau, telles que cèlles de psophia (du verbe grec psopheos , faire du bruit), d'oiseau trompette , de Poule peteuse, etc.; mais cette dernière dénomination est trèsfaussement appliquée, puisque le son sourd que l’Agami fait entendre n’a pas plus son issue par l'anus que par le bec. Quoique produit dans l'intérieur du corps, il ne perce au dehors qu'à travers les membranes et les chairs, comme le grouillement des intestins, la parole profonde des ventriloques, et le son grave que rendent le Hocco, le Coq-d’Inde et quelques autres oiseaux, Ce bruit singulier paraît être, dans cette espèce, un signal de rappel, un cri de ralliement; car, en limitant, les chasseurs le font approcher.
La course de l’Agami est vive à la manière des Perdrix, son vol est lourd, et lorsqu'il est obligé de prendre son essor, il ne s'élève que de quelques pieds, pour se reposer à une petite distance sur la terre ou sur quelque branche. [a femelle pond dans un creux qu’elle fait en grattant la terre au pied d’un arbre et n’amasse aucune matière pour en tapissér l'intérieur ; elle en fait deux outrois par an, chacune de dix jusqu'à seize œufs presque sphériques un peu plus gros que ceux de la Poule commune et
d’un vert clair.
GALERIE DES olSEAUX. IVe PARTIE. 21