‹ La galerie des oiseaux (volume 4)Chapitre 78 sur 134 · PI. CCLX VI · texte numérisé non relu

PI. CCLX VI

Vertice et cervice olivaceis, albo maculatis ; gul& rufä ; pectore rufo, nigro alboque transversè striato. Masculus.

Fronte genisque rufis ; gul& ventrisque medio rufescente albis ; collo anteriore et pectore rufis, fusco transversè striatis. Femina.

Capite corporeque suprà olivaceo fuscis, albo maculatis ; pectore sordidèe flavo. Junior.

Fulica noveboracensis, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, ne 15.

Gallinula noveboracensis, Lath., Index, n° 16.

Yellow breasted Gallinule, Lath., Synopsis, tom. 3, pag. 262, n° 15.

Le Râle varié à gorge rousse, deuxième édit. du nouv. Dict. d’hist. nat. tom. 28, pag. 556.

Le mâle de cette espèce, que j'ai rencontré dans l'Amérique septentrionale, aux environs de New-York, a le dessus de la tête noir et pointillé de blanc; les plumes du cou, du dos, des scapulaires et du croupion variées de roux, de noir, et terminées par un trait blanc et transversal ; les couvertures supérieures des ailes ei leurs grandes pennes secondaires pareilles au dos; les moyennes blanches sur leur côté interne; les primaires brunes; les couvertures supérieures de la queue noires et rayées de blanc; la gorge roussâtre ; les plumes du devant du cou et du milieu du ventre roussâtres et terminées de brun; celles de la poitrine et des flancs tachetées en travers de noir et de blanc sur un fond roux ; les pieds bruns. Longueur totale, 4 pouces un quart.

La femelle a le front et les joues de couleur rousse; la gorge et le milieu du ventre d’un blanc roussitre; le devant du cou, les côtés et la

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poitrine roux, avec des taches transversales brunes , le dessus du corps et les flancs, comme chez le mâle, mais d’une teinte moins vive.

Chez le jeune, la tête et le dessus du corps sont d’un brun olivâtre foncé et tacheté de blanc; les scapulaires bordées de blanc jaunâtre pâle; la poitrine d’un jaune sale; le dos brun. C’est ce jeune oiseau que les ornithologistes ont donné comme le type de l’espèce.

2° pivision. PORPHYRION, Porphyrio.

Bec médiocre, robuste, droit, conico-convexe, comprimé par les côtés, un peu renflé en dessous vers le bout, pointu; mandibule supérieure voûtée sur l’inférieure, un peu inclinée à sa pointe.

IVarines oblongues, situées dans une rainure percée à jour, couvertes d’une membrane gonflée, ouvertes en dessous, vers le milieu du bec.

Langue comprimée latéralement , entière.

Front ou seulement le capistrum dénué de plumes.

Tarses nus, réticulés.

Doigts totalement libres, lisses; postérieur portant à terre sur une grande partie de sa longueur. |

Ailes concaves, arrondies; deuxième et troisième rémiges les plus longues de toutes.

Queue à douze rectrices.

Les douze espèces de cette division pourraient être séparées en deux sections, d’après le plus ou le moins d’étendue de la plaque frontale : la première contiendrait celles dont le front est couvert d’une peau glabre et colorée jusqu’au sinciput, comme les Gallinules et les Foulques ; la deuxième se composerait des Porphyrions qui ont le front emplumé , mais dont la base de la partie supérieure du bec se prolonge en s’élargissant et en s'arrondissant sur le capistrum et ne dépasse pas les bords du front. Ces derniers se rapprochent plus des Räles que les autres; mais tous y tiennent par leurs doigts lisses, et s’éloignent des Gallinules et des Foulques qui les ont bordés d’une membrane entière ou découpée. Il ré-

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sulte de ces faits, que les Porphyrions remplissent l'intervalle qui sépare les Rales et les Gallinules.

On ne trouve en Europe des Porphyrions que dans sa partie méridionale, encore y sont-ils très-rares ; ils sont plus nombreux en Afrique, en Asie, en Amérique et dans l’Australasie. Partout ces oiseaux habitent le bord des eaux; ils sont d’un naturel très-doux et très-timide, ne se plaisent que dans la solitude, et recherchent les lieux écartés. Les fruits et les racines, surtout celles de la chicorée, sont les alimens pour lesquels ils marquent de la préférence: ils se nourrissent aussi de graines ; mais leur nourriture favorite parait être le poisson. Les individus qu’on a conservés en domesticité, mangeaient du riz en paille, détachaïent le grain de son enveloppe, et s’aidaient de leurs pieds pour le porter à leur bec et le briser. Dès qu'ils avaient mangé un grain de riz, ils couraient à chaque fois à leur provision d’eau, et en buvant ils paraissaient le mordre et le mächer. Un couple de Porphyrions d'Europe a niché en domesticité ; le mâle et la femelle travaillèrent de concert à la construction du nid. Le lieu qu'ils choisirent était à une certaine hauteur, sur l'avance d’un mur; ils y firent un amas assez considérable de buchettes et de paille : la ponte fut de six œufs blancs, à coque rude, exactement ronds, et de la grosseur d’une demibille de billard. Les Grecs et les Romains savaient apprivoiser ces oiseaux ; ils les nourrissaient et les plaçaient dans les palais et dans les temples, où on les laissait en liberté, comme des hôtes dignes de ces lieux, par la noblesse de leur port, par la douceur de leur naturel et par la beauté de

leur plumage.

LE PORPHYRION TAVOUA , Porphyric tavoua.

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