‹ La galerie des oiseaux (volume 4)Chapitre 8 sur 134 · PI. CCI · texte numérisé non relu

PI. CCI

Cristé spicæ simuli ; corpore suprà cæruleo et viridi vario ; subtus leucophæo nigris maculis énsignibus ; tectricibus caudæ superioribus maculé& preditis in medio aured dein cœruled , marginibus viridibus.

Le Paon du Japon, Brisson , Ornith., tom. 1, pag. 289, n° 8.

Le Spicifère , Buff., Hist. nat. des Ois., tom. 2, pag. 366.

Pavo muticus, Lénn., Gm., Syst. nat., edit. 13, n°3.

Japon peacock, Lath., Synopsis, tom. 2, pag. 672, n° 2.

Le nom nuticus et les calcaribus nullis de la phrase latine de Gmelin et Latham étant erronés, nous avous dû les changer; en effet, ce Paon a les pieds éperonnés comme le nôtre. La dénomination de Spicifère que Buffon lui a imposée vient de l’aigrette en forme d’épi qui s’élève sur la tête; les plumes qui la composent sont plus longues que celles de la huppe de notre Paon, et diffèrent encore de celles-ci en ce qu’elles ont des barbes depuis leur origine jusqu’à leur extrémité, et présentent le même ensemble que les plumes ordinaires. Cette espèce, qu’on trouve au Japon, a été signalée par Aldrovande, d’après un dessin envoyé au pape par l’empereur de cet empire; tous les auteurs ont copié sa des-

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cription qui manque d’exactitude sur plusieurs points. Nous avons sur eux l'avantage de le faire figurer et de le décrire d’après un individu qui fait partie de la superbe collection du Muséum d'histoire naturelle.

Le bec est cendré; l'iris jaune; la partie nue des côtés de la tête et de la gorge d’un beau rouge; les couvertures supérieures de la queue sont au moins aussi longues, mais moins fournies que celles du Paon ordinaire, et susceptibles de s’étaler de même. Le sommet de la tête et la partie supérieure du cou sont d’un vert changeant et bleu, selon l'incidence de la lumière; les plumes de la huppe longues d’environ quatre pouces , barbées, comme nous l'avons dit ci-dessus, vertes et bleues ; les plumes de la poitrine et du ventre variées de bleu, de vert, et disposées en forme d’écailles ; celles du dos conformées de même, bleues , vertes et terminées de noir avec un petit trait bleu sur leur milieu; les couvertures supérieures des ailes d’un vert changeant en bleu; mais le bleu, sous un aspect, semble plus étendu et plus brillant que l’autre couleur; les pennes primaires d’un blanc qui tend au roux, surtout vers leur extrémité; les tectrices supérieures de la queue sont d'un brun tirant sur le marron avec une tige blanche, et leur miroir est doré dans le milieu, ensuite bleue et à bords verts; les pieds sont cendrés ; la queue est étagée, verte bordée de blanc et composée de dix-huit pennes.

La femelle, dit-on, est plus petite que le mâle, et porte une fausse queue moins longue ; cependant nous soupconnons que l'individu indiqué pour tel est un jeune mâle; ce n’est de notre part qu’une conjecture fondée sur l'inspection de deux individus qui sont dans la collection citée ci-dessus.

ème pamizce. ÉPERONNIER, Diplectron.

Bec un peu grêle, médiocre, en partie couvert de plumes , convexe en dessus ; mandibule supérieure voûtée, plus longue que l’inférieure, courbée vers le bout. PI. Q, n° 8.

Narines garnies d’une membrane bombée, situées vers le milieu du bec, et ouvertes par-devant.

16 ÉPERONNIERS.

Langue charnue, entière.

Orbites et joues dénuées de plumes.

T'arses du mâle armés de deux éperons, quelquefois de trois sur l’un et de deux sur l’autre ; rarement de trois sur chacun, et jamais de tous les trois isolés.

Doigts antérieurs réunis à leur base par une membrane ; postérieur portant à terre seulement sur l’ongle.

Ailes courtes, concaves et arrondies, première rémige la plus courte ; cinquième et sixième les plus longues de toutes.

Queue toujours horizontale, à seize rectrices, larges, expansibles , étagées.

On a classé la seule espèce que renferme cette division dans le genre du Paon; mais elle n’en a pas les principaux attributs. En effet, le mâle n’a point, comme le Paon, la faculté d'élever sa queue en forme d’éventail; il n’a point les plumes du croupion longues, dépassant considérablement la véritable queue, et s’élevant avec elle. Celle-ci est d’une forme particulière à son espèce; elle est composée de deux rangs de plumes, dont l’un surmonte l’autre ; ces plumes sont couchées sur celles du second rang, qui ont un tiers en longueur de plus que les autres. Toutes sont étagées et arrondies à leur extrémité; l'oiseau les déploie horizontalement

.quand il est agité. Le mâle porte à chaque pied un double éperon, l’un

placé à peu près à la moitié de la longueur du tarse, et l’autre au-dessus à deux tiers environ de cette même longueur. Des individus ont deux ergots très-forts au pied droit et trois au pied gauche, dont deux se touchent à leur base; et d’autres en ont trois sur chaque tarse, dont deux sont réunis à leur origine : ainsi donc cette inégale répartition de matière n’est point un attribut commun à l'espèce de l'Éperonnier.

ÉPERONNIERS. 17

L'ÉPERONNIER PROPREMENT DIT, Diplectron

bicalcaratus.

PI. CCIIT.

C'ollo splendidè fusco, lineis atris ; dorso , humeris , tectricibusque alarum fuscis , lituris fuscescentibus et flavicantibus ; singulis pennis propè apicem gult& amplé purpureo-aureo notatis.

Le Paon de la Chine, Briss., Ornith., tom. 1, pag. 281, r 0.

Le Paon du Thibet, ide:1, pag. 204, n 10.

Petit Paon de Malacca, Sonnerat, Foy. 2, pag. 173, pl. 90.

L'Éperonnier, Buff. , Hist. nat. des Ois., tom. 2 PRE 368, pl ent., n°492, 493. Le Chinquis, idem, pag. 365.

Pavo bicalcaratus, Linn fGm., Syst. nat., édit. 13, n° ».

Pavo tibetanus, idem, n° 4.

Idem, Lath., Index, n° 3 et 4.

Iris peacock, Lath. , Synopsis, tom. 2, pag. 673, n° 3.

Thibet peacock, idem, pag. 675, n° 4.

Peacock pheasant, Ædiw., Ois., pl. 67.

Le mâle de cette espèce, qu’on trouve à la Chine, au Thibet, à Malacca et dans diverses autres contrées de l’Asie orientale, ne porte pas sur la tête une aigrette comme le Paon; elle est brune; des ondes d’un brun sombre se jouent mollement sur le fond d’un brun vif et pourpré qui couvre le dessus du cou; chacune des plumes du dos, dont le fond est d'un gris jaunâtre clair, porte vers son extrémité une tache éclatante d’or et de vert brillant ; les ailes sont brunes, et chargées, excepté les grandes pennes, d’une grande quantité de ces taches ; la queue est également semée de ces miroirs de forme ovale et d’une belle couleur pourprée, avec des reflets bleus, verts et or ; un double cercle, l’un noir, l’autre orangé, les entoure; les parties inférieures sont d'un gris terreux sur le de-

vant du cou, sur la poitrine et sur le ventre, avec des bandes noires GALERIE DES OIScAUx. ///e PARTIE.

transversales et en ondes ; les orbites et l'iris sont jaunes; les joues blanches ; le bec est rouge en dessus et d’un brun foncé en dessous ; les pieds sont noirs. Longueur totale, 22 pouces, dont la queue en tient dix.

La femelle a moins de vivacité dans ses couleurs et moins de reflets dans les taches où miroirs ; le bec est brun; un tubereule calleux , assez saillant remplace, chez elle, l’'éperon du mâle. Le jeune est entièrement d'un gris sale, avec de grandes taches et des raies fines de couleur brune. Après sa première mue, il a sur les ailes et sur la queue de grandes marques arrondies, qui indiquent la place où doivent leur succéder les miroirs brillans de l'adulte mâle ; ces marques sont alors d’un bleu foncé avec

quelques reflets verts.

Nota. Les figures de l’Éperonnier, qu’on a pub'iées jusqu’à ce jour, manquent de fidélité. Dans Edwards, l’image du mâle est défectueuse , et les figures des planches enluminées de Buffon manquent totalement d’exactitude; car le mâle n’a point de huppe, et on a peint sur la queue

quatre rangs d’yeux qui n’existent point.

5ème prvison. ARGUS, Areus.

Bec nu à la base, assez robuste, convexe en dessus, épais ; mandibule supérieure voûtée , plus longue que l’inférieure, et couvrant ses bords.

IVarines garnies en dessus d’une membrane convexe, situées au milieu du bec. ,

Langue charnue, entière.

Face nue.

Tarses glabres, réticulés, sans éperon.

Doigts antérieurs réunis à la base par une membrane; le postérieur portant à terre sur le bout.

Rémiges variables selon l’âge; les primaires courtes, les secondaires plus longues et plus larges ; huitième, neuvième et dixième les plus lon-

gues de toutes chez le mâle adulte.

Queue à douze rectrices, très-larges, graduelles ; les deux intermédiaires très-longues chez le même. “$

La seule espèce, qui entre dans cette division, se trouve à Sumatra, où elle porte le nom de Coo ox, et dans la Tartarie chinoise où elle est connue sous celui de Luen. La dénomination d’Argus, employée par les Européens, vient des taches en forme d'yeux répandues en grand nombre sur le plumage du mâle auquel elles donnent quelques rapports avec la queue du Paon. Elle est très-farouche, son eri est fort et désagréable; sa chair est aussi savoureuse que celle du Faisan. On garde très-difficilement cet oiseau en vie, il ne peut s’accoutumer à la privation de la liberté ; ses yeux sont offusqués par une grande lumière, et il reste triste et immobile, lorsqu'il y est exposé; mais il se plaît dans l'obscurité. Lorsque le mâle piaffe autour de sa femelle, il épanouit ses ailes presque jusqu’à terre, et relève sa queue en forme d’éventail; mais, lorsqu'il est en repos, celle-ci prend la forme de deux plans verticaux , adossés l’un contre l'autre. On le trouve, non-seulement dans les contrées indiquées ci-dessus, mais encore dans les royaumes. de Pégu, de Siam, de Camboge, et à Malacca où il est très-commun.

L’ARGUS LUEN, Argus pavonius.

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