CYGNES
lieu de détruire le poisson, comme on le pense généralement, ilsen sont plutôt les protecteurs en éloignant des étangs les Hérons très-patiens, mais craignant les Cygnes qui ne peuvent les souffrir : en effet, nous voyons tous les jours ces palmipèdes sur des rivières et des réservoirs d’eau très-poissonneux, sans qu'ils y fassent le moindre dégât.
Le Cygne est des plus grands entre les oiseaux d’eau; mais aucune espèce ne possède autant de grâce, aucune ne se distingue par autant d'élégance dans les formes et de noblesse dans le port et les habitudes. «A sa noble aisance, dit l'immortel Buffon, à la facilité, à la liberté de ses mouvemens sur l’eau, on doit le reconnaître comme le premier des navigateurs ailés. Son cou élevé et sa poitrine relevée et arrondie semblént en effet figurer la proue d’un navire, fendant l'onde, son large estomac en représenter la carène; son corps penché en avant, pour cingler, se redresse à l'arrière et se relève en poupe; la queue est un vrai gouvernail, les pieds sont de larges rames, et ses grandes ailes à demi-ouvertes au vent et doucement enflées sont les voiles qui poussent le vaisseau vi-
vant, navire et pilote à la fois. »
LE CYGNE NOIR, Cygnus atratus.