‹ La galerie des oiseauxChapitre 122 sur 170 · PI. CCXC · texte numérisé non relu

PI. CCXC

V'eriice nuchdque nigris ; corpore suprà cœrulescente - cinereo ; subtüs rosaceo-albo; remige primé nigro marginatt; rectricibus duabus exterioribus longissimis angustis, tenuissimis.

Le Sterne ou l’'Hirondelle de mer rosée , deuxième édit. du nouv. Dict. d'histoire nat., tom. 32, pag. 174.

On rencontre celte rare espèce non-seulement sur les côtes de l’Angleterre, mais encore dans les îles de la Bretagne , surtout celle qu'on appelle île aux Dames, où l’a trouvée M. Jules de la Motte, naturaliste très-distingué et excellent observateur. Elle place son nid à la cime des rochers ; ses œufs sont plus petits que ceux du Sterne Pierre-garrin ; son cri a beaucoup de rapport avec celui de ce dernier.

La couleur noire, qui couvre le dessus de la tête jusqu'aux yeux, s'étend sur les longues plumes de l’occiput et de la nuque, lesquelles sont blanches à leur base; un blanc éclatant règne sur les lorums , les côtés de la tête, au-dessous des yeux, la gorge, le cou en entier, toutes les parties postérieures, le dessous des ailes, les couvertures et les pennes de la queue; cette couleur est rosée sur le devant du coù et sur le dessous du corps; elle est remplacée par un joli gris très-clair et un peu bleuâtre vers le bas du cou, en dessus, sur le dos, les couvertures supérieures et les pennes alaires; elle prend un ton plus foncé sur les rémiges primaires, dont la

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première est bordée de noir à l’extrémité et seulement le long de la tige du côté interne qui est, ainsi que celui des autres , d’un beau blanc; les deux pennes les plus extérieures de la queue ont sept pouces de plus que les deux intermédiaires; elles sont étroites, très-grêles dans la partie qui excède les deux plus proches d'elles; le bec est orangé à sa base, ensuite noir; l'iris de cette couleur , ainsi que les ongles; les pieds sont d’un rouge de cerise clair. Longueur totale, 9 pouces 10 lignes.

4% piston. RHYNCHOPS OÙ BEC EN CISEAUX., Rhynchops.

Bec pluslong que la tête, droit, aplati sur les côtés, tronqué et en forme de lame; mandibule supérieure à bords très-rapprochés, creusés en gouttière ; l'inférieure plus longue à bords distincts, seulement à sa base, ensuite taillée en une seule lame, tombant entre les bords de la supérieure, à peu près comme le rasoir tombe sur son manche, PI. Y, ne 8.

Narines longitudinales, étroites, concaves, ouvertes, situées à la base du bec.

Langue très-courte , étroite , pointue.

Tarses nus, réticulés.

Doigts antérieurs unis par une membrane échancrée dans le. milieu ; postérieur lisse portant à terre sur le bout.

Ailes très-longues; première rémige la plus prolongée de toutes.

Queue à douze rectrices.

Des deux espèces qui composent cette division, l’une se trouve en Afrique et l’autre en Amérique. Avec un bec; qui paraît si défectueux, ces oiseaux sont contraints de raser, en volant, la surface de la mer et de tenir presque toujours dans l’eau sa pièce inférieure , afin d'attraper en dessous le poisson, ainsi que différens vers marins, et les serrer entre les deux lames de leur espèce de ciseaux ; aussi les voit-on sans cesse au vol, qu'ils ralentissent beaucoup , afin d’avoir le temps de découvrir leur proie qu'ils ne peuvent attraper qu’en passant. C’est de cette habitude singulière, mais forcée, qu’on les a nommés coupeurs d’eau. Lorsqu'ils pêchegt, ils

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tiennent toujours la bouche ouverte et la ferment quand leur proie touche la mandibule inférieure, et qu’ils font la même chose, quand ils volent à fleur d’eau : leur cou court les force de voler la tête baissée vers l’eau. On trouve le Rhynchops tantôt seul, tantôt par couples, tantôt en petites troupes. Ils se reposent sur les bords des rivières et des lagunes; ils marchent de mauvaise grâce. Ils entrent un peu dans l’eau , mais on ne les a point vus nager. Ils portent leurs corps horizontalement. Leur cri exprime ga ; d’une voix désagréable. Une espèce fréquente les côtes de l'Amérique et l’autre celles de l'Afrique où elle remonte les grandes rivières fort avant dans les terres. On trouve leur nid sur les écueils qui avoisinent ces côtes.

On doit indiquer une erreur échappée à Buffon, puisqu'elle a été copiée et répétée par d’autres auteurs. Il dit que la mandibule inférieure, creusée en gouttière et relevée de deux bords tranchans, reçoit celle d’en haut, qui est taillée en lame ; mais c’est tout le contraire dans la nature.

LE RHYNCHOPS A BEC JAUNE, Rhynchops flavirostris.

PI. CCXCI.

Corpore suprà fuscescente-griseo , subtùs albo.

Le bec en ciseaux, ou le Rhynchops à bec jaune, deuxième édit. du nous. Dict. d'Histoire nat., tom. 29, pag. 283.

On s’est trompé dans l'ouvrage que nous venons de citer, en donnant à cette espèce l’Australasie pour patrie; car elle se trouve en Afrique sur la rivière du Sénégal, où elle s’avance fort loin dans les terres. Elle a le front, la gorge , toutes les parties postérieures, le bout des couvertures des ailes et de ses pennes secondaires d’un beau blanc; les pennes de la queue grises en dedans, blanches en dehors et en dessous; le reste du plumage d’un gris un peu rembruni; le bec et les pieds jaunes. Longueur totale, 16 pouces environ.

5ème FAMILLE. SIPHORHINS, Siphorhini.

Bec composé, sillonné en dessus, entier, crochu à sa pointe.

IVarines tubulées , souvent jumelles.

Pieds presqu’à l'équilibre du corps.

Jambes démi-nues.

Doigts au nombre de trois dirigés en avant; pouce nul , quelquefois un ongle au lieu de ce doigt. PI. GG, n° 7.

1ère prviston. PÉTREL, Procellaria.

Bec élargi ou comprimé latéralement à sa base, composé, un peu cylindrique, à bords rarement pectinés, crochu et aigu au bout de ses deux parties chez les uns ou seulement à la pointe dela mandibule supérieure ; tronqué, droit et creusé en gouttière à l'extrémité de l’inférieure chez d’autres.

Narines réunies dans un tube tronqué et couché sur le dos du bec, quelquefois à ouverture distincte.

Langue médiocre , entière, conique, ou terminée en forme de spatule.

Tarses nus, réticulés.

Doigis engagés dans la même membrane. PI. HH, n° 6.

Ongle aigu tenant lieu de pouce, quelquefois nul.

Ailes longues; première et deuxième rémiges les plus prolongées de toutes.

Queue à douze rectrices.

Cette division est composée de vingt-six espèces dispersées dans quatre sections. Brisson les a distribuées dans deux genres et Buffon dans deux tribus , sous les noms de Pétrel et Pujfin. Ces naturalistes donnent aux Pétrels pour caractère distinctif, la mandibule inférieure droite et tronquée à son extrémité, et aux autres, cette même partie crochue et aiguë. Linnée les réunit toutes dans un seul genre, que Latham divise en deux sections, d’après la forme des narines qui sont réunies dans la première

et distinctes dans l’autre. M. de Lacépède a distrait de ce groupe quelques espèces pour en faire deux groupes particuliers; ce savant appelle Pélécanoïdes celles qui ont la gorge dilatable comme les Frégates, et qui manquent d’ongle postérieur ; il donne le nom de Prions aux espèces qui ont le bec élargi à sa base, à bords intérieurs pectinés, et les narines à ouverture séparée. M. Cuvier ( Règne animal) a dispersé toutes les espèces dans quatre groupes; ses Pétrels proprement dits sont ceux qui ont la mandibule inférieure tronquée; chez les Puffins, cette partie est recourbée vers le bout, et les narines sont ouvertes par deux trous distincts; ses troisième et quatrième groupes sont les Pélécanoïdes et Prions de M. de Lacépède. Puisque chacune de ces divisions présente des caractères particuliers et très-distincts , nous ne balancons pas à les adopter.

Les Pétrels et les Puffins, du moins ceux dont on connaît le genre de vie, ont le même instinct, les mêmes habitudes, n’habitent la terre que pendant la nuit, et à l’époque des couvées s’enfoncent dans des trous de rochers , se cachent sous terre, y placent leur nid et font entendre du fond de leur refuge des cris qui souvent sont pris pour le croassement des grenouilles. Tous nourrissent leurs petits en leur dégorgeant dans le bec la substance à demi digérée et déjà réduite en huile, des poissons qui paraissent être leur unique nourriture. Si on les attaque dans leur retraite, si même on veut s'emparer de leur jeune famille, on doit agir avec précaution ; car ils lancent cette huile dont leur estomac est rempli, aux yeux du chasseur : leur nid étant placé dans des rochers très-élevés et très-escarpés, l'ignorance de ce fait a coûté la vie à quelques observateurs, qui, aveuglés par cette huile, se sont laissé tomber dans les précipices ou dans la mer.

De tous les oiseaux de mer, les Pétrels sont ceux qui se portent plus au loin sur le vaste océan; mouvement des flots, agitation des vents, orages , tempêtes, rien ne peut arrêter leur audace et diminuer leur confiance. Les navigateurs en rencontrent sous toutes les zones et jusque près les pôles ; ils bravent avec sécurité la fureur de la mer et semblent se jouer de cet élément. Volant avec aisance et nageant avec facilité, ils ont encore la faculté de se soutenir sur l’onde et même d'y courir en frap-

pant de leurs pieds, avec une extrême vitesse, la surface de l'eau. C’est de cette sorte de marche sur l’onde que vient le nom de Pétrel formé de Peter ou Peterill que les matelots anglais leur ont imposé en les voyant marcher sur l’eau comme Saint-Pierre.

À. Mandibule inférieure tronquée. PL. Y, n° 9: LE PÉTREL MARITIME, Procellaria marina.

PI CCXCIT.

Dorso, tectricibus alarum fuscis ; cervice et vertice cœrulescenticinereis ; uropygio cœrulescenti ; genis corporeque toto albis.

Procellaria fregata, Linn., Syst. 1, pag. 212, n° ».

Procellaria marina, Lath. , Index., n° 18.

Frégate Petrel, idem., Synopsis , tom. 3, pag. 420, n° 17.

Petrel marin, deuxième édit. du nouv. Dict. d'Hist. nat., tom. 25, pag. 4x0.

Cette espèce, qu’on rencontre sous le trente-septième degré de latitude sud , a le bec menu et pas trop crochu à son extrémité; le dessus de la tête et du cou, jusqu'aux épaules, d’un cendré bleuâtre; le dos et les couvertures supérieures des ailes bruns; le croupion d’un bleu grisâtre ; une marque d’un cendré bleuâtre au-dessous de l'œil; les côtés de la tête, les sourcils et toutes les parties inférieures blancs; les pieds noirs, grêles et longs; la membrane des doigts avec une marque jaunâtre. Longueur

totale, 7 pouces trois quarts.

B. Mandibule inférieure recourbée vers le bout. PI. X, n° 1. LE PÉTREL-PUFFIN OBSCUR, Procellaria obscura. PI. CCCI.

Corpore suprà obscure nigro; subtùs albo ; colli lateribus fusco

Fe alboque MmUXUS.

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