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L'EUPHONE ORGANISTE,
MÂLE ET FEMELLE
(PIPRA MUSICA.)
Bal EUPHONES ou TANGARAS à queue courte, forment la seconde espèce du genre des oiseaux nommés Tangaras.
Leur bec est conique, acuminé, échancré, presque trigone à la base, et incliné sur le sommet. Leurs jambes sont couvertes de plumes jusqu’au talon; ils ont quatre doigts dénués de membranes, trois devant et un derrière , tous séparés environ jusqu’à leur origine.
Ces oiseaux, remarquables par la richesse et l'éclat de leurs couleurs, ont beaucoup de ressemblance avec nos moineaux d'Europe, par leurs mœurs sociales et leur familiarité ; comme eux, ils s’approchent des lieux habités, mais sans s’y fixer et sans quitter les bois ou les plantations : ils préfèrent les terrains secs; rarement on les voit dans les terrains humides. E
Ils habitent l'Amérique depuis le Brésil jusqu’au Canada. Ils vivent solitaires et par couples. Ils sont généralement granivores, cependant
quelques uns mangent des insectes. Ils se font remarquer par l'étendue
et la variété de leur chant. Leurs mouvements sont brusques ; leur vol, très court et peu élevé, est vif; perchés à la cime des arbres, ils descendent rarement à terre : quand ils le font ils marchent en sautillant.
Les femelles construisent seules leurs nids; elles sont en amour dans
toutes les saisons, et chacune de leurs pontes n’est que de deux ou trois
œufs alongés, blancs et plus ou moins tachetés vers les bouts. L’EUPHOXNE, dont nous donnons ici la description sous le nom d’Or- GANISTE, est placé par Latham parmi les mésanges; par M. de Buffon,
GALERIE DES OISFAUX,
2 L’'EUPHONE ORGANISTE.
au nombre des oiseaux chanteurs (1). Dans le Système de la Nature de Linné , 11 fait partie des Manakins (2). M. Desmarets le dépeint le premier des Tangaras-Euphones (3), et M. Cuvier le place le troisième des Tangaras-Euphones, espèce que ce savant présente comme le premier sous-genre du genre des Tangaras (4).
L'ORGANISTE mâle est un peu plus gros que la femelle, mais il en diffère par les couleurs. Sa longueur totale est de quatre pouces, depuis la pointe de son bec jusqu’au bout de sa queue; celle de sa queue est d'environ quatorze lignes, et celle de son bec est de quatre lignes depuis les coins de la bouche jusqu’à sa pointe.
Le sommet de la tête, ainsi que l’occiput et la nuque, sont d’un beau bleu-clair ; le front est jaune, mais ces deux couleurs sont séparées par un petit bandeau noir. Les tempes, les joues et la gorge sont d’un noirlustré avec des reflets bleus : sur les côtés de la gorge on voit les traces interrompues d’un collier. La couverture du dos, jusqu'au milieu, est d'un violet glacé de noir, ainsi que les couvertures supérieures des ailes et de la queue; le reste du dos et le croupion sont d’un jaune-orangé. Les grandes pennes des ailes sont d’un noir sans reflets. La partie abdominale, et le dessous du croupion sont d’un jaune-orangé ; le dessous de la queue est gris, mais les barbes des pennes sont noirâtres. Le bec est noir ; les pieds et les ongles sont noirâtres.
La femelle, comme le mäle, a le front jaune, le sommet de la tête, locciput et la nuque d’un bleu-clair, mais elle en diffère dans tout le reste du plumage. Les tempes et les joues, le chignon, le dos, les couvertures supérieures des ailes et de la queue sont d’un vert-olive sans reflets. Les plumes du bas du dos approchant du croupion, ont une teinte jaune. Les grandes pennes des ailes sont noirâtres, et leurs barbes intérieures sont d’un gris-blanc. La gorge, la poitrine, le ventre et les cou-
nt
(1) V. Hist, nat., t. 4., p. 290.
(2) V. Traduction de la treizième édition latine mise au jour par J.-F. Gmelin. . 6) V. Hist. nat. des Tangaras.
(à) V. son Régne animal, tom. 1. pag. 343.
L'EUPHONE ORGANISTE. 3
vertures inférieures de la queue sont d’un jaune-verdâtre. Le bec est noir ; les pieds et les ongles sont noirâtres.
L’Euphone-Orqaniste habite les Antilles. Sa voix, très étendue et très variée, fait entendre successivement tous les tons de l’octave , en montant du grave à l’aigu ; et cette particularité lui a fait donner à Saint-Domingue le nom d’Organiste, et dans d’autres parties des Antilles celui de Musicien.
On dit cet oiseau fort rare, et très difficile à tirer : très défiant, il sait se cacher. Pour n'être pas apercu des chasseurs, il tourne autour d’une branche à mesure que celui-ci change de place, en sorte que souvent, quoiqu'il y ait plusieurs de ces oiseaux sur un arbre, on ne peut en dé-
couvrir un seul, tant ils sont attentifs à se mettre à couvert.