‹ La galerie des oiseauxChapitre 35 sur 170 · MALTA: ES A · texte numérisé non relu

MALTA: ES A

NANDUS. 75 qui excèdent quelquefois trente individus. Dans les contrées où l'on ne fait point la chasse à ces Autruches, elles s’approchent des habitations champêtres , et elles ne se dérangent pas à la vue des hommes à pied; mais dans les pays où l’on a coutume de les poursuivre, elles fuient de loin, et elles sont toujours en défiance. Si elles s’apercoivent qu’on cherche à les surprendre, elles se mettent à courir de très-loin , étendent leurs ailes en arrière, ce qui est sans doute l'effet du vent, et, pour tourner et faire de fréquens crochets, elles ouvrent une aile, et le vent les aide à exécuter très-rapidement ces voltes qui mettent le chasseur en défaut. Si elles sont tranquilles, leur démarche est grave et majestueuse ; elles tiennent la tête et le cou élevés et leur dos arrondi ; pour paître elles baissent le cou et la tête, et elles coupent l’herbe dont elles se nourrissent. Ce sont d’excellens nageurs, qui traversent les rivières et les lagunes, mème sans être poursuivis.

Le mois de juillet est l'époque des amours du Nandu ; on entend alors les mâles pousser des gémissemens assez semblables à ceux d’une vache. Les femelles commencent à pondre à la fin d'août, et les premiers petits paraissent en novembre. Leurs œufs ont leur surface très-lisse, d’un blanc mêlé de jaune, également gros et un peu pointus aux deux bouts. Le nid ne consiste qu’en un creux large, un peu profond , fait naturellement dans la terre ; quelquefois ces oiseaux le façonnent avec de la paille; ils ne cherchent point à le cacher, de sorte qu’on aperçoit de loin les œufs et l'oiseau. Le nombre des œufs de chaque ponte n’est pas connu. On en voit quelquefois soixante-dix" à quatre-vingts dans un seul nid, et c’est sans doute le produit de la ponte de plusieurs femelles, En effet, on dit dans le pays que toutes les femelles du canton déposent leurs œufs dans le même nid, et quan seul mâle se charge de les couver. Il est certain » d'après les observations de M. de Azara à qui on doit les détails dans lesquels nous venons d'entrer, qu’un seul individu fait éclore les œufs, conduit et protége les petits sans l’aide d’aueun autre. C’est une opinion générale que le mâle sépare avec soin quelques œufs qu'il casse, quand les petits éclosent, afin qu'ils trouvent à leur naissance de la pâture dans la multitude de mouches qui s'y rassemblent.

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