‹ La galerie des oiseauxChapitre 86 sur 170 · RS À LANGE · texte numérisé non relu

RS À LANGE

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Chiot Re cuptatu».

LE SECRÉTAIRE HUPPÉ, Ophiotheres cristatus.

PI. CCEX.

Alter; occipite cristato; rectricum apice albo ; duabus intermediis longissimis.

Le messager du cap de Bonne-Espérance, Buff., Hist. nat. des Ois., pl. enl., n° 7.

Falco serpentarius, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 33.

Vultur serpentarius, Lath., Index, n° 21.

Secretary of sagittarius, Lath., Synopsis, tom. 1, pag. 20, n° 17; pl. 2.

C'est d’après Le Vaillant, que nous allons entrer dans les détails historiques de cet oiseau, lorsqu'il est en état de liberté. L'amour excite entre les mâles des combats longs et opiniâtres ; ils se frappent naturellement de leurs ailes, pour se disputer une femelle qui est toujours le partage du vainqueur. Il construit son md en forme d’aire, plat comme celui de l’Aigle, de trois pieds de diamètre et garni en dedans de laine et de plumes; il le place dans un buisson très-haut et très-touffu, et quelquefois sur de grands arbres. Le même nid sert très-long-temps au même couple, qui, comme les Aigles, habite seul un domaine très-étendu. La ponte est de deux ou trois œufs blancs, pointillés de roussâtre et de la forme de ceux de l'Oie, mais un peu moins allongés. Les petits sont long-temps avant de prendre leur essor; ils ne peuvent même bien courir qu'à l’âge de quatre ou cinq mois. En revanche, lorsqu'ils ont pris tout leur accroissement, ils courent d’une vitesse extrême; quand ils se voient poursuivis, ils préfèrent la course au vol , et ils font des pas d’une grandeur démesurée; lorsque rien ne les effraye, leur démarche est lente et grave. Ils sont défians et rusés; on les approche difficilement; le mâle et la femelle se séparent rarement. Ils se trouvent dans toutes les plaines arides du cap de Bonne-Espérance et particulièrement dans le Swartland. On les rencontre aussi très-fréquemment sur toute la côte de l'Est, même jusque

chez les Cafres et dans l’intérieur des terres. Lorsque le Secrétaire rencontre ou découvre un serpent , il l’attaque d’abord à coup d’ailes pour le fatiguer; il le saisit ensuite par la queue, l’enlève à une grande hauteur en l'air et le laisse retomber ; ce qu'il répète jusqu’à ce que le serpent soit mort. Lorsqu'on l’inquiète, il fait entendre un croassement sourd; il n’est ni dangereux ni méchant; son naturel est doux; il fuit au lieu d'attaquer, évite l'approche, et pour échapper à son ennemi, même faible, on lui voit faire des sauts de sept ou huit pieds de hauteur. Il préfère les animaux vivans à ceux qui sont morts, ce qui le distingue des Vautours, et la chair au poisson, ce qui l’éloigne des oiseaux d’eau. Il mange aussi de petites tortues qu'il avale tout entières après les avoir brisées; il détruit une grande quantité de sauterelles et d’autres insectes. Son cri est assez analogue à celui de l’Aïgle.

Le mâle, dans son état parfait, a la tête, le cou, tout le manteau d’un gris bleuâtre; les couvertures des ailes noires, de même que les pennes, plus ou moins nuancées de brun roux ; la gorge et la poitrine nuancées de blanc; et les couvertures inférieures de la queue, de roussâtre très-clair ; le bas-ventre d’un noir mêlé et comme rayé dé roux et de blanc; les jambes d’un beau noir, rayé imperceptiblement de brun; les pennes de la queue sont noires en partie, grises ensuite et terminées par du brun; les deux du milieu d’un gris bleuâtre, nué de brun vers le bout qui est blanc, avec une tache noire, et du double plus longues que les deux suivantes; elles trainent à terre pour peu que l'oiseau les tienne obliquement; le tour de l'œil et la cire sont plus où moins orangés; le bec est noir; l'iris d'un gris pâle. Longueur totale, 3 pieds deux pouces.

La femelle diffère du mâle par sa couleur grise, moins nuancée de brun; par sa huppe moins longue et plus mêlée de gris; par les plumes du ventre et des jambes qui portent un plus grand nombre de rayures brunes et blanchgs , et par moins de longueur dans les deux rectrices intermédiaires. Dans le premier âge la couleur grise est nuancée d’une forte teinte de roussâtre; chaque plume des jambes est terminée par un liseré blanc; le bas-ventre est entièrement de cette couleur; la huppe est courte et d’un gris roussâtre; les deux pennes du milieu de la queue ne sont pas plus longues que les autres.

KAMICHY. 153

3ine DIVISION, KAMICHY, Palamedea.

Bec plus court que la tête, garni de plumes à sa base , conico-convexe; mandibule supérieure un peu voûtée, crochue à sa pointe; l’inférieure plus courte, presque obtuse à son extrémité.

INVarines ovales, ouvertes, situées vers le milieu du bec.

Langue...

Front garni d’une corne longue, grêle, cylindrique, droite et pointue.

Turses nus, annelés.

Doigts épais; les extérieurs unis à leur base par une membrane; l’interne libre ; le postérieur ne portant à terre que sur le bout. PL. FF, n° 5.

Ongles médiocres, pointus, canaliculés en dessous; le postérieur presque droit et le plus long de tous.

Ailes longues, garnies de deux éperons robustes, pointus; première rémige la plus courte de toutes; troisième et quatrième les plus longues.

Queue à douze rectrices.

La seule espèce que renferme ce genre, se trouve au Brésil et à la Guyane , où elle se tient dans les marécages ; quoique munie d’armes trèsoffensibles qui la rendraient formidable au combat, elle n’attaque point les autres oiseaux et ne fait la guerre qu'aux reptiles. La nature lui a donné des mœurs douces et une sensibilité profonde. Sa nourriture ordinaire consiste en herbe tendre qu’elle pâture à la manière des Oies ; elle mange aussi les graines de plusieurs espèces de plantes, mais elle ne touche pas à la proie vivante. Il n’est.qu’une occasion où les éperons des ailes deviennent des armes offensives ; mais c’est à l’espèce même du Kamichy qu'elles deviennent funestes. Lorsque dans la saison des amours , plusieurs mâles se rencontrent, la possession d’une femelle est un sujet de combat, de vigoureux coups d'ailes, soit à terre, soit au vol, sont assenés et rendus avec acharnement, jusqu’à ce que le plus fort ou le plus adroit ait mis ses rivaux en fuite et soit resté maître du champ de bataille, souvent ensanglanté, et du prix de la victoire. L'amour alors dépose ses fureurs , il n'existe plus que tendresse et fidélité; et ces sentimens

154 KAMICHY.

ont tant de vivacité que les deux époux ne se séparent plus, et que, si l’un vient à mourir, l’autre ne cesse d’errer en poussant des sons plaintifs autour des lieux où la mort l’a privé de ce qu'il aime, se consume et finit par périr victime de ses regrets. L

LE KAMICHY CORNU, Palamedea cornuta.

PI. CCEXI.

Anulis bispinosis ; fronte cornut& ; corpore suprà nigro; subtus albo.

Anhima, Briss., Ois., tom. 5, pag. 518, n° 1.

Le Kamichy, Buff., Hist. nat. des Ois., tom 7, pag. 335, pl. enl., n° 451.

Palamedea cornuta, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° x.

Idem, Lath., Index, nr 1.

Horned sereamer, Lath., Synopsis, tom.3, pag. 18, n° 1, pl. 74.

Partout le Kamichy paraît rare, soit parce qu'il est peu fécond, soit parce qu'il ne fréquente que les lieux reculés et solitaires. Il se’plaît dans les savañes à demi noyées, où il est bien difficile de l’atteindre. Sa ponte, qui n’a lieu qu'une fois par an, dans les mois de janvier et de février, consiste en deux œufs de la grosseur de ceux de l'Oie. Cet oiseau se perche très-rarement, se tient ordinairement à terre et n’entre point dans les forêts. Sa démarche est grave; il porte le cou droit et la tête haute. Sa voix est si forte que son cri retentit au loin et a quelque chose d’effrayant ; Marcgrave lui donne l’épithète de terrible et l'exprime par vyhouvy hou. C’est d’après ce cri que les Indiens des bords de l’'Amazone !: t nommé Cahuitahu ; ceux de la Guyane française l’appellent Æamouchi, d'où les créoles ont formé la dénomination de Camoucle. À Surinan on le nomme Ærend, au Brésil, Ænhima; enfin quelques naturalistes l'ont désigné sous le nom d’Æigle d’eau cornu. Cette désignation est fautive,

car le Kamichy s'éloigne autant des Aigles par sa conformation que par ses mœurs et ses habitudes.

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CHAVARIAS. 155

L’arme menaçante, qui s'élève sur la tête du Kamichy, est une corne pointue, longue de trois à quatre pouces et dont la base a deux ou trois lignes de diamètre; elle est droite dans toute sa longueur, excepté à sa pointe qui se courbe un peu en avant; sa base est revêtue d’un fourreau semblable ‘au tuyau d'une plume. Les deux forts éperons dont chaque aileron est armé sont triangulaires, et se dirigent en avant lorsque l'aile est pliée ; le supérieur est plus gros et plus long que l’inférieur : ce sont des apophyses de los du métacarpe et leur base est entourée d’un étui semblable à celui de la corne. La couleur générale est d’un noir d’ardoise; de petites taches grisâtres se font remarquer sur le cou, le dos, le jabot, une partie de la poitrine, les ailes et la queue; le ventre est blanc; le dessous des ailes d’un gris teinté de roux; les plumes de la tête sont douces au toucher, semblables à du duvet et mêlées de blanc et de noir; l'iris, le bec et les pieds sont noirs, Longueur totale, 2 pieds 4 pouces. Le jabot et l’estomac ont une ampleur considérable ; la membrane externe de ce dernier est très-musculeuse ; l’interne est velouté, de même que dans la plupart des quadrupèdes; les intestins sont longs ét leurs tuniques sont très-fortes.

{fe piston. CHAVARIA, Opistholophus.

Bec moins long que la tête, garni à sa base de plumes très-courtes, conico-convexe; mandibule supérieure un peu voûtée, plus longue que l'inférieure. PI. V, n° tr.

INarines glabres, ouvertes.

Langue...

Lorums nus.

Tarses robustes, épais, réticulés.

Doigts allongés; l'intermédiaire réuni à la base avec l'extérieur par une membrane; l’interne libre; le postérieur portant à terre sur le bout.

Ongles pointus, carênés, canaliculés en dessous; celui du milieu presque droit; les latéraux un peu crochus; le postérieur droit.

Ailes longues, garnies de deux éperons, robustes, un peu courbés en

156 CHAVARIAS."

haut, pointus; troisième, quatrième, cinquième rémiges les plus longues de toutes.

Queue à quatorze rectrices.

Cet oiseau est le seul qui puisse entrer dans cette division. On le trouve dans les contrées sauvages et peu habitées de l'Amérique méridionale , au Brésil, au Paraguay, dans le pays de Cartagène près des bords du fleuve Sinu, où il fréquente les savanes noyées. Si on le tient en esclavage, il se familiarise avec l’homme, et, investi pour ainsi dire de sa confiance, il devient un domestique fidèle, actif et intelligent, un gardien vigilant et incorruptible. Nourri dans les basses-cours, il est l'ami et le protecteur de la volaille, il demeure constamment au milieu d’elle, la suit dans ses courses journalières , l'empêche de s’égarer et la ramène soigneusement à l'entrée de la nuit. Aucun oiseau de proie ne peut approcher du petit troupeau que le Chavaria s’est chargé de défendre. Si un de ces oiseaux paraît à portée de la basse-cour, le vigilant gardien s’élance vers lui, déploie ses longues et fortes ailes, porte à son ennemi les coups les plus rudes et le met bientôt en fuite. Tel est, d’après le voyageur Jacquin , le Chavaria dans l’état domestique; mais nous devons à M. de Azara des détails intéressans sur son genre de vie dans l’état sauvage. ( Voyez ci-après.)

LE CHAVARIA FIDÈLE, Opistholophus fidelis.

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