NAGEURS
CINQUIÈME ORDRE. NAGEURS, Vatatores.
Pieds tri-tétradactyles, courts, posés à l'équilibre ou à l'arrière du corps.
Jambes nues sur leur partie inférieure, couvertes de plumes chez les Frégates, Cormorans, Manchots.
Tarses plus ou moins comprimés latéralement, réticulés, glabres à demi emplumés chez les Frégates.
Doigts palmés ou lobés, disposés 3-1-3-0-4-0; pouce allongé et portant à terre sur toute sa longueur chez quelques-uns; court, élevé de terre ou n’y posant que sur le bout chez les autres ; simple ou pinné, le plus souvent libre, quelquefois réuni au doigt interne seulement à la base , ou totalement engagé dans la même membrane que les autres, et tourné presque en devant. ;
Ongles ordinairement courts, comprimés et un peu pointus @u aplatis, larges et arrondis; l'intermédiaire pectiné sur le bord interne chez quelques-uns.
Bec de diverses formes.
Les oiseaux que renferme cet ordre se distinguent de tous les autres en ce qu'ils ont les tarses courts et des doigts lobés ou palmés, à l’exception des Foulques , Crymophiles, Phalaropes , Avocettes et Phénicoptères que leurs longues jambes placent naturellement parmi les Échassiers. Le corps des Nageurs est arqué et bombé comme la carène d’un vaisseau ; leur plumage serré, lustré ,est imbibé d'huile et garni d’un duvet épais qui les garantit de l'humidité, et les fait flotter plus légèrement sur l’eau, que la nature leur à assignée pour leur demeure la plus habituelle. Ce sont aussi les seuls où le cou dépasse ,et quelquefois de beaucoup, la longueur du pied. parce qu’en nageant à la surface de l’eau ,ils ont souvent à chercher leur nourriture dans sa profondeur. Leur sternum est très-long, garantissant bien Ta plus grande. partie de leurs viscères, et n'ayant de chaque côté qu'une échancrure ou un trou ovale, garni de membranes; ils ont généralement le gésier musculeux, et le larynx inférieur simple. Tous se
nourrissent plus ou moins de poissons ; les uns nichent à terre dans les herbes marécageuses ou dans les roseaux , les autres sur les arbres ou sur les rochers. On trouve parmi eux des monogames et des polygames.
rèe rAmILLE. SYNDACTILES, Syndactili.
Pieds à l'équilibre du corps ou à peu près.
Jambes nues ou emplumées sur leur partie inférieure. Doigts au nombre de quatre; postérieur dirigé en avant. Bec plus long que la tête et de diverses formes.
1° prvison. FRÉGATE, Zachypetes.
Bec plus long que la tête, robuste, entier, suturé en dessus; mandibules très-crochues et acuminées à la pointe. PI, X, n° r.
Narines situées dans une rainure.
Langue très-courte , lancéolée.
Orbites nues.
Bouche très-ample.
Gorge extensible.
Tarses demi-emplumés.
Doigts engagés dans la même membrane et dirigés en devant. PI. GG, FA
Ongles aigus.
Ailes très-longues; première et deuxième rémiges les plus longues de toutes. |
Queue fourchue, à douze rectrices.
On reconnaît facilement en mer, les deux espèces qui composent cette division, à la longueur démesurée de leurs ailes et à leur queue trèsfourchue. Elles doivent leur nom de Frégaie à la rapidité de leur vol et à leur taille allongée. De tous les oiseaux de mer, ce sont ceux qui ont le
plus de rapport avec l’Aigle, ils semblent le remplacer sur cet élément. GALERIE DES oIsEAUx. Ve ET DERNIÈRE PARTIE. 24
Armés d’un bec terminé par un croc aigu, de pieds courts, robustes et en partie couverts de plumes, de serres aiguës, servis par une vue trèspercante et un vol des plus rapides, ils possèdent tous les attributs qui caractérisent un tyran de l'air. Si le paisible poisson volant en s’élevant hors de l’eau, évite la poursuite des Dorades et des Bonites , il devient souvent la proie de la Frégate; celles-ci même n’échappent pas toujours à leur voracité; elle les saisit adroitement , lorsqu'elles se jouent sur la surface des flots ou qu’elles s’élancent après leurs faibles victimes. Mais ce n’est pas sur des poissons seuls que ces oiseaux exercent leur empire, ils forcent les Fous d'être leurs pourvoyeurs et leur font à coups d'ailes et de bec dégorger le poisson qu'ils ont pêché, et le saisissent avec adresse avant qu'il soit tombé à la mer. On assure qu'ils font aussi la guerre au Pélican, et qu’ils usent des mêmes moyens pour lui faire lâcher sa proie.
Favorisée d’un vol fort étendu et très-puissant , la Frégate est de tous les oiseaux de mer, celui qui pousse le plus loin ses courses. Elle brave le vent et les tempêtes, s'élève au-dessus des orages , se porte au large à plus de quatre cents lieues de toute terre, parcourt du même vol ces traites immenses; et comme la durée du jour ne suffit pas, elle est forcée de continuer sa route pendant la nuit, n'ayant pas la faculté de se reposer long-temps sur l’eau, où elle périrait, puisque le dessous de son corps n’est pas revêtu d’un duvet assez épais pour le rendre impénétrable à l’eau. A l’aide de sa vue perçante elle discerne très-bien du plus haut des airs les bandes de poissons volans, fond sur elles avec la rapidité de la foudre et ne manque guère d’en saisir avec son bec et ses griffes; mais on assure qu’elle ne peut les prendre dans l’eau; ses pieds, dit-on, ne leur permettent pas de nager; cependant ils sont palmés et plus largement que ceux de certains oiseaux de mer. On trouve un second obstacle dans la longueur de ses ailes, qui, privées d’un espace assez grand , ne peuvent prendre les mouvemens nécessaires, pour qu’elle puisse s'élever de dessus l’eau. Lorsqu'elle se précipite du haut des airs, elle s'arrête à une certaine élévation, fait un mouvement dirigé avec adresse , relève ses ailes,et, les fixant l’une contre l’autre au-dessus de son dos, fond sur
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sa proie et la saisit à la superficie des flots : d’autres fois elle les effleure en rasant leur surface par un vol rapide, mais toujours mesuré sur la distance des victimes qu’elle saisit alors avec son bec et ses griffes.
Si elle doit la domination sur les mers à la puissance de ses ailes, leur longueur l’expose à plus d’un danger, lorsqu'elle est posée à terre; car elles l’embarrassent, et ne pouvant s’en servir pour prendre son essor, on l’assomme alors aussi aisément que les Fous; il lui faut, pour pouvoir s'élever, une pointe de rocher ou la cime d’un arbre; aussi c’est sur les écueils élevés et dans les îles boisées , que les Frégates se retirent pour se reposer. Elles placent leur nid sur les arbres dans les lieux solitaires et voisins de la mer, ou dans les creux qui se trouvent sur les rochers à une certaine élévation. La ponte n’est que d’un œuf ou de deux. Les petits sont nourris dans le nid et ne le quittent que lorsqu'ils sont en état de voler. On rencontre ordinairement les Frégates entre les deux tropiques, rarement ‘elles s’avancent au-delà , soit vers le nord, soit vers le sud.
LA GRANDE FREGATE, Tachypetes Aquila.
PI. CCLXXIV.
Corpore orbitisque nigris ; rostro rubro. Mas. Ventre albo. Femina.
La Frégate, Briss., Ornith., tom. 6, pag. 506, ne 6, pl. 43, fig. 2.
Idem, Buff., Hist. nat. des Ois. , tom. 8, pag. 381, pl. enl., m9 bis, sous lenom de grande Frégate de Cayenne.
Pelicanus aquilus, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 0.
Idem, Lath., Index, n 10.
Frégate, Lath., Synopsis, tom. 3, pag. 587.
Tout le plumage de cette Frégate est noir avec de faibles reflets bleuâtres; les lorums sont dénués de plumes et noirs; le bec est rouge, les pieds et l'iris noirs; les orbites d’un noir bleuâtre. Longueur totale, 3 pieds. Le mâle, dans l’âge avancé, a sous la gorge deux grandes membranes charnues, d’un rouge vif, plus ou moins renflées et pendantes. La femelle diffère du mäle en