PI. CCLXX
Capite , collo et corpore suprà nigrescente-fuscis ; subtüs rufescente ; urop ygio albo, nigro maculato. Adultus æstivus.
Capite nuchäque cinereis; corpore supr cinereo-cæœrulescente ; subtüs albo. Idem hiemalis.
Occipite nigricante maculato; corpore suprà cinereo lituris longitudinalibus flavescentibus. Junior.
Le Phalarope, Briss., Ornith., tom. 6, pag. 18, n° 1.
Le Phalarope à festons dentelés, Buff., Hist. nat. des Ois., tom. 8, pag. 226.
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CRYMOPHILES. 177
Tringa lobata, Linn., Gm., Syst. nat , édit. 13, n° 6.
Phalaropus lobatus, Lath., Index, n° 2.
Grey coot footed tringa, Edwards glean., pl. 308.
Grey Phalarope, Lath., Synopsis, tom. 3, pag. 272, n° 2.
Cet oiseau, qu’on voit quelquefois en France, a, pendant l'été, la tête, le dessus du cou, le dos et les couveïtures supérieures de la queue d’un brun noirâtre, entouré d'un rouge vif; les sourcils jaunâtres; lés couvertures supérieures des ailes noirâtres et terminées de blanc; le croupion de cette couleur avec des taches noires; le devant du cou et toutes les parties postérieures roussâtres; le bec jaunätre à sa base et brun vers la pointe ; les pieds d’un noir vert. Longueur totale, 8 pouces et demi environ.
Le même, pendant l'hiver, est cendré sur la tête et la nuque, d'une nuance qui tire au bleuâtre sur les bords des plumes du dos, du croupion, des scapulaires et des côtés de la poitrine, dont le fond est noirâtre ; quelques scapulaires sont terminées de blanc ; une bande de cette couleur traverse l'aile; les pennes de la queue sont brunes et bordées de cendré; le front, les côtés du cou, le milieu de la poitrine et Îles parties postérieures sont d’un blanc pur; les piéds couleur de plomb; le bec est noirâtre.
D’autres, à la même époque, ont le front blanc ; le sommet de la tête avec des taches obscures et longitudinales ; les plumes scapulaires bordées de jaune; les couvertures des ailes et des pennes primaires noirâtres; les premières bordées de blanc; les plumes de la poitrine et du ventre blanches et bordées de cendré.
Chez lé jeune, avant sa première mue, une tache noirâtre en forme de fer à cheval se fait remarquer sur l’occiput; une bande de cette couleur traverse l’œil ; les couvertures supérieures et les pennes latérales de la queue sont d’un brun cendré ; les plumes du dos, les scapulaires et les rectrices intermédiaires largement bordées de jaunâtre; le croupion est blanc et varié de brun; les couvertures supérieures des ailes sont bordées et terminées de blanc jaunûâtre ; toutes les parties inférieures et le front d'un blanc pur; les pieds d’un jaune verdâtre.
178 PHALAROPES.
3° prvision. PHALAROPE, Phalaropus.
Bec droit, presque rond, sillonné en dessus, grêle, pointu, un peu incliné à l'extrémité de sa partie supérieure. PI. V, n° 8.
Narines linéaires, situées dans un sillon.
Langue filiforme, pointue.
Tarses nus, réticulés.
Doïgts séparés dès leur origine; les antérieurs bordés d’une membrane découpée; le postérieur court, lisse, ne portant à terre que sur longle. PI. GG, fo ».
Ailes allongées ; première et deuxième rémiges les plus longues de toutes.
Queue à douze rectrices.
On ne connaît qu’une ou deux espèces de Phalaropes: cependant leur nombre serait plus grand, si réellement tous ceux qu’on a décrits pour telles, l’étaient réellement ; mais on ne les doit qu’à la variété de leur plumage, occasionée soit par l’âge, soit par les saisons. Ces oiseaux se plaisent sur les mers boréales de l’Europe et de l'Amérique, et en émigrent pendant l'hiver ; c’est alors qu’on en voit quelquefois sur les côtes maritimes de nos provinces septentrionales et de l'Angleterre. Ils nichent à
terre, et leur ponte est de quatre œufs.
LE PHALAROPE BRIDÉ, Phalaropus frenatus.
PI. CCLXXI.
Capite colloque suprà cinereis ; fasciatt nigr& ad oculos usque humeros ; corpore subtüs albo ; alis nigris.
Grey Phalarope, Wilson, am. ornith., pl. 73, fig. 3.
Wilson, célèbre ornithologiste américain, est le premier qui ait fait connaître cette nouvelle espèce dont il a vu un individu dans une collecüon à Albani (état de New-Yorck); mais la figure qu'il a publiée manque
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AVOCETTES. ; 179
d’exactitude quant au bec qui présente plutôt celui d'un Pluvier que celui du Phalarope; ce qu'on doit attribuer au dessin, qui étant fait avec de la mine de plomb, était presque effacé. De plus, la synonymie, portant à faux, peut encore induire en erreur; car cet oiseau m'est point celui qu'elle indique. La figure que nous publions est d’après un individu apporté nouvellement de New-Yorck, et que M. le comte de Riocour conserve dans sa riche et nombreuse collection.
Il a la tête, le dessus du cou et le dos d’un cendré clair, mais plus foncé sur le milieu de la dernière partie; une bande noire s'étend en forme de bride depuis l'angle intérieur de l'œil, et parcourt les côtés du cou jusqu'aux épaules; les ailes, le bec et les pieds sont de la même couleur’; toutes les parties inférieures sont d’un blanc pur. Longueur totale, 7 pouces environ.
15ème ramize. PALMIPÈDES, Palmipedes.
Bec plus long que la tête, ou grêle et entier, ou épais et dentelé en lame. »:
Jambes dénuées de plumes sur leur partie inférieure. Doigts au nombre de quatre, trois devant, un derrière. * J
xère prvision. AVOCETTE, Recurvirostra.
Bec long, subulé, un peu aplati en dessus, comprimé latéralement, retroussé, à pointe flexible, membraneuse, très-aiguëé ; mandibule supérieure sillonnée à sa base sur chaque côté. PL. V, n° 0.
Narines étroites, longitudinales , ouvertes, situées dans un sillon.
Langue courte , entière.
Tarses longs, nus, réticulés.
Doigts antérieurs réunis par une membrane échancrée dans le milieu ; pouce très-court et élevé de terre. PI. GG, n° 3.
Ongles courts , en forme de faux.
Ailes moyennes; première rémige la plus longue de toutes,
Queue à douze rectrices,
180 AVOCETTES.
Des quatre espèces de cette division, l’une se trouve en Europe, une autre dans l’Amérique septentrionale, et les deux autres dans l’Australasie. On ne connait pas bien encore le parti que ces oïseaux peuvent tirer d’un instrument aussi faible que leur bec, qui n’a pas la force de béqueter ni de saisir des corps un peu durs. On n’a presque jamais trouvé dans leurs viscères qu'une matière glutineuse, grasse au toucher, d’une couleur tirant sur le jaune orangé , dans laquelle on reconnaît encore le frai de poisson et des débris d’insectes aquatiques. Les Avocettes sillonnent et retournent avec leur bec flexible la vase la plus molle et l’écume des flots, pour y chercher quelque proie sans consistance, telles que les substances indiquées ci-dessus, qu’elles avalent avec de petites pierres qui s'y trouvent mêlées. Ayant un bec sans solidité, ne leur servant à rien pour leur propre défense, encore moins pour aitaquer, elles connaissent toute leur faiblesse, et n’ont pour leur sûreté que la triste ressource d’une défiance continuelle. Leur vie est sans cesse agitée par les inquiétudes qui les tiennent dans une surveillance active. Elles ne restent pas long-temps dans le même lieu, et il est fort difficile de les approcher, plus” encore de les surprendre.
Habituées à fuir à la moindre apparence du danger, elles ont acquis une grande“vivacité et beaucoup de prestesse dans leurs mouvemens; elles courent avec légèreté sur les rivages, et même, à l’aide de leurs longues jambes, sur des fonds couverts de cinq à six pouces d’eau : dans des eaux plus profondes elles nagent aussi vivement et avec une égale agilité. Ces oiseaux voyagent d'une contrée à une autre, préfèrent les pays froids aux tempérés, et ne se montrent pas dans les climats chauds. On les trouve plutôt sur les plages de la mer que près des eaux de l'intérieur des terres, et de préférence aux embouchures des fleuves et des rivières. Leur ponte est de deux œufs, rarement trois, qu’elles déposent dans un petit trou entouré d'herbes ou seulement dans le sable.
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Léthe: de l'Malti
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L'AVOCETTE A TÊTE BLANCHE, Recurvirostra leu-
cocephala.
PI. CCLXXIT.
Nivea ; remigibus nigris. En .
L’Avocette à tête blanche, deuxième édit. du nouv. Dict. d'histoire at., tom. 3, pag. 103. :
Cette espèce qu'on a rapportée des terrés australes, est totalement d'un blanc de neige, avec les ailes noires ; le bec est de cette couleur, et les pieds sont bruns. Longueur totale, 15 pouces environ.
ue nrvision. PHÉNICOPTÈRE, Phænicopterus.
Bec garni d’une membrane à sa base, épais, plus haut que large, plus long que la tête , cellulaire, étroit vers son extrémité, à bords finement dentelés en Dis mandibule supérieure convexe à sa base, courbée en travers dans son on ensuite aplatie et inclinée à sa pointe; l’inférieure plus épaisse, ovale , canaliculée en dedans. PI. V, n° 70.
INarines étroites, garnies d’une membrane en dessus, qui les couvre entièrement à la volonté de oiseau, longitudinales, situées dans un sillon.
Langue glanduleuse à sa base, épaisse, charnue, garnie de papilles recourbées en arrière, cartilagineuse et aiguë à sa pointe.
T'arses très-longs , nus, réticulés.
Doigts antérieurs engagés dans une membrane échancrée dans le mi- : lieu ; postérieur court, portant à terre sur le bout.
Ailes longues ; deuxième rémige la plus prolongée de toutes.
Queue à seize rectrices.
Les trois espèces, dont se compose cette division, sont susceptibles de deux sections ; la première renferme les grands Phénicoptères qui ont la surface interne de la mandibule supérieure partagée en deux, vers son milieu, par une arète assez mince; les bords internes de la
mandibule inferieure étroits. Chez le petit, dont nous publions la figure, la surface interne de la mandibule supérieure est verticale , trèshaute, aussi large à sa base que le demi-bec lui-même , et dont le bord se termine en tranchant très-acéré ; les bords internes de la mandibule inférieure sont très-larges.
Les Phénicoptères habitent en Europe , en Afrique et dans l'Amérique ; partout ils vivent en famfe fréquentent les bords de la mer, les marais qui l’avoisinent, les lacs salés et les lagunes. Ils se rangent en file, pour pêcher, ce qui de loin les fgrait prendre pour un escadron rangé en bataille ; ce goût de s’aligner leur reste même lorsqu'ils se reposent sur la plage. Cependant le goût pour la société paraît dépendre des localités ; car Sonnini les a vus en Egypte presque toujours isolés, surtout lorsqu'ils s’avancent dans l’intérieur des terres. Soit qu'ils se reposent, soit qu'ils pêchent, ils établissent des sentinelles, qui font alors une espèce de garde, et si quelque chose alarme celui qui est en vedette , il jette un cri bruyant , qui s'entend de très-loin, et qui est assez semblable au son d’une trompette : dès lors il s'envole le premier ; tous les autres le suivent et observent dans leur vol un ordre semblable à celui des Grues. Ils ont louïe et l’odorat si subtils, qu'ils éventent de loin les chasseurs et les armes à feu; et, pour éviter toute surprise, ils se posent le plus souvent dans les lieux découverts et au milieu des marécages. Partout ils fuient les lieux habités et ne fréquentent que les rivages solitaires. On les trouve souvent sur la vase molle, que le reflux laisse ‘à découvert; ils y enfoncent leur gros et singulier bec pour en tirer de petits poissons : ils se nourrissent aussi de petits coquillages, d'œufs de poissons et d'insectes aquatiques, qu'ils cherchent dans la vase, en y plongeant une partie de la tête, et en même temps ils remuent continuellement les pieds de bas en haut, pour porter la proie avec le limon dans leur bec, dont la dentelure sert à la retenir; c’est pourquoi l’on trouve aussi dans leur estomac de la vase et du sable fin. Lorsque ces oiseaux veulent manger, ils tournent la tête et le cou, de façon que la partie plate de la mandibule supérieure touche la terre, ensuite ils remuent la tête de côté et d’autre : c’est ainsi qu’ils saisissent leur proie. Lorsqu'ils dorment, ils ne s’accouvent point, ils
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retirent un de leurs pieds sous eux, restent debout sur l'autre, posent leur cou sur le dos, se cachent la tête entre le bout de leur aile et leur corps, mais toujours du côté opposé à la jambe qui est pliée. Ils font leur nid à terre; mais comme ils ne peuvent ni s’accroupir ni reployer leurs grandes jambes, la nature leur a donné l'instinct de le construire de manière à pouvoir couver leurs œufs sans les endommager: Ils le font dans les marais où il y a beaucoup de fanges, qu'ils amoncellent avec leurs pieds, et en font de petites hauteurs qui ressemblent à de petites îles, et qui paraissent hors de l'eau d’un piét et demi d’élévation ; ils donnent à la base de ce nid beaucoup de largeur , l'élèvent toujours en diminuant jusqu'au sommet, où ils laissent un petit trou dans lequel la femelle dépose ses œufs et qu’elle couve en se tenant debout, les jambes à terre et dans l’eau, se reposant contre le nid et le couvrant du bas-ventre et de la queue. La ponte est de deux ou trois œufs au plus; les petits courent avec une vitesse singulière peu de jours après leur naissance , et ne commencent à voler que lorsqu'ils ont acquis presque toute leur grandeur.
LE PETIT PHÉNICOPTÈRE , Phœnicopterus minor.
PI. CCLXXIIT.
Ruber, Senior, albus ; tectricibus alarum superioribus rubro nigroque transversim strialis ; collo cinereo-fusco maculato. Junior. * Le petit Phénicoptère, Geofroy Saint-Hilaire, bulletin des sciences de la Société philomathique ; tom. 1, pag. 97, n° 15. Idem, deuxième édit. du nouveau Dict. d'histoire nat., tom. 2b, pag. 320. ;:
Cet oiseau, qu’on trouve au Sénégal, est moitié plus petit et moitié moins gros que le Flammant. Il porte, dit-on, dans l’âge avancé, un plumage rouge avec des bandes alternativement de cette couleur, et noires sur les couvertures supérieures des ailes , dont les pennes sont de la première teinte, de même que le bec ; les pieds sont rouges. Dans sa jeunesse il est blanc, avec des bandes gris brun sur le cou, rases et plus grandes sur le dos et sur les couvertures des ailes; le bec ést brun , et les pieds sont gris.