‹ La galerie des oiseauxChapitre 99 sur 170 · PHAÉTONS · texte numérisé non relu

PHAÉTONS

comme une espèce particulière. Les premiers indiquent comme des femelles ou des jeunes les individus à ventre blanc, tandis que les dermiers les isolent spécifiquement ; quant à nous, nous les regardons comme mâle et femelle. L’un a la tête, le cou et le haut de la poitrine d’un brun pâle ; un large trait blanc sur les côtés de la tête et du cou; le dos, les plumes scapulaires et les couvertures supérieures des ailes rayées de blane, sur un fond noir; le ventre de cette couleur ; le bec d’un vert bleuâtre en dessus et sur la moitié de sa partie inférieure, d’un violet foncé dans le reste ; l'iris d’une belle couleur d’or; les pieds jaunes en dedans, noirâtres en dehors et par derrière. Longueur totale, 34 pouces.

Chez la femelle toutes les parties supérieures, l'abdomen et les cuisses sont noirs; la poitrine et la partie supérieure du ventre d’un blanc de lait; la queue d’un noir foncé et mouchetée de blanc.

Le jeune est d’un gris roussätre sur la tête, le cou et le dessous du corps ; blanchâtre sur le ventre. Le même, avant sa sortie du nid, est revêtu d'un duvet blanc-et trèsépais, à l'exception d’un collier blanc bleuâtre sur la nuque. La tête est totalement dégarnie de plumes et d’une couleur de rose pâle, avec le tour de l'œil d’un noir qui s’étend en longueur jusqu’à l'oreille.

6ème prvision. PHAÉTON, Phaeton.

Bec allongé, un peu robuste, comprimé par les côtés, convexe en dessus, droit, à bords dentelés, incliné vers le bout, pointu. PI. X, n° 6.

Narines concaves, étroites, à demi-closes en dessus par une membrane.

Langue très-courte.

Tête parfaitement emplumée.

Jambes dénuées de plumes sur leur partie inférieure.

Tarses nus, réticulés.

Doigts engagés dans une membrane; le deûxtème le plus long de tous; l'externe bordé d’une petite palme en dehors; le postérieur dirigé presque en avant. PI. GG, ne 1.

Ailes aHongées ; première et deuxième rémiges les plus longues de toutes.

198 PHAËTONS.

Queue à douze rectrices; les deux intermédiaires étroites et très-lonques.

Les trois espèces de cette division sont fixées sur les mers de la zone torride, dont elles dépassent rarement les limités, d’où leur est venu le nom d'oiseaux des tropiques. On les connaît encore sous celui de Paille-en-queue , d'après la forme que présentent les deux pennes intermédiaires de la queue. Quand les navigateurs arrivent sous les tropiques, soit par le côté nord, soit par le côté sud, l’apparition de ces oiseaux est pour eux un signe certain qu'ils entrent sous la zone torride ; mais elle ne doit pas toujours être un indice de la proximité des terres, puisqu’à la faveur d’un vol puissant et rapide, les Phaétons s’avancent au large à une prodigieuse distance et souvent à plusieurs centaines de lieues. Indépendamment de cette faculté, ils ont, pour fournir ces longues traites, la facilité de se reposer sur l’eau, au moyen de leurs pieds entièrement palmés, et d'y passer la nuit, quandils sont trop éloignés de terre ,-fait dont je me suis assuré dans mes voyages en Amérique; souvent à cette époque ils voltigent à la cime des mâts et se reposent sur les vergues. Ayant les jambes courtes et placées presqu'à l'arrière du corps, ils ont une démarche pesante et sont aussi gènés dans leurs mouvemens, qu'ils sont lestes et agiles dans leur vol; aussi se posent-ils rarement à terre. Les trous, au sommet des rochers, les arbres les plus élevés sont les positions qui leur conviennent le mieux. Les poissons volans font leur principale nourriture, et c’est en rasant la surface de la mer qu'ils leur font la chasse. Les uns placent leur nid dans des creux d'arbre, les autres recherchent les rochers les plus escarpés pour y faire leur ponte, et tous habitent de préférence les îles peu fréquentées et isolées au milieu des mers qui baignent les deux continens.

PHAÉTONS. 199 LE PHAÉTON A BRINS ROUGES, Phaeton phœnicurus.

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