PAS 7 < VA L F Z
du Palais-Royal peuvent ici nous renseigner. Le portrait du peintre par luimême, désigné dans l’nventario comme /} uomo che si specchia, penitente filosofo, a bien l'aspect caractéristique du Caravage; le sujet, du moins, dont on peut juger, nous permet de le dire. Cet homme vêtu de haillons que l’on voit de profil — mais aussi de face dans le miroir carré qu'il tient devant lui — nous rappelle cet art à idées concrètes ; le philosophe s’observe, il se scrute et va comparer son visage avec cette tête de mort posée sur un parchemin, sous le miroir, puis il écrira quelque phrase sonore sur la vanité des choses humaines et sur la nécessité de la pénitence..….
Un imitateur assez habile du Corrège, Bartolomeo Schidone, figure à Bridgewater House : sa Vierge enseignant à lire à l'Enfant-Jésus est un petit panneau d’un joli effet. Lanfranc ne saurait nous arrêter, rien ne nous reste de ses trois tableaux, pas même une gravure.
Il en est de même de Garofalo qui représentait l'École de Ferrare chez le Régent avec Scarsellino. L’unique toile de celui-ci, artiste beaucoup moins connu que son compatriote, est à Bridgewater House; ses Pèlerins d’'Emmaüs se font remarquer par la bizarrerie de la composition, mais aussi par des qualités de couleur vénitienne. Le Christ, coiffé d'un grand chapeau auréolé d’or, se révèle aux pèlerins qui se sont levés de table et expriment ainsi leur admiration. Les costumes, l’'ameublement sont de la fin du xvr siècle; quelques détails comme un essuie-mains tournant et une cuvette sur le plancher indiquent les recherches naturalistes de ce peintre. À travers une fenêtre ouverte se voit un paysage. Rien de banal ni de poncif dans ce tableau.
Tel est le bilan des écoles de l'Italie centrale : des Léonard inauthentiques mais non négligeables, un Allori qui a sa beauté, le plus célèbre Corrège du
monde, et deux artistes absents du Louvre, Niccolo del’ Abbate et Scarsellino.