SIMON VOUET
A cette série appartenait un Gaucher de Chastillon, peint par Simon Vouet; ce grand panneau était, paraît-il, très faible et peu digne de cet artiste, un de nos premiers italianisés. Vouet, prince de l’Académie de Saint-Luc, était une manière de Carrache parisien, très apprécié, on le voit au nombre des monuments et palais qu'il fut chargé de décorer, aussi bien à Gênes, chez les Doria, qu'à Paris, au Louvre, au Luxembourg, chez le duc d’Aumont ou chez le maréchal d’Effiat. Mais son Gaucher de Chastillon fut jugé sévèrement. La tâche n'était pas facile de peindre ce héros du xn° siècle, ce connétable de France sous six rois; le peintre dut créer l'effigie de toute pièce et se rendit ridicule en imaginant une sorte de calembour parlant : il fait tenir à ce Gaucher sa pique de la main gauche... Sauval nous apprend que Vouet fit ce portrait « de caprice et tâcha simplement » de lui donner une tête et une attitude
qui répondissent à la grandeur de son âme. La recette est étrange.