‹ La Galerie Médicis de Rubens au LouvreChapitre 1 sur 26 · LA GALERIE DE MÉDICIS · texte numérisé non relu

LA GALERIE DE MÉDICIS

Marie de Médicis s'étant réconciliée avec son fils Louis XII, le 12 août 1620, par l'intermédiaire du cardinal de Richelieu, put enfin, après un éloignement de trois années, rentrer dans son beau palais du Luxembourg. L'édifice commencé en 1613 par l'architecte Salomon de Brosse, n'était point achevé lorsque, à la mort du favori Concini, en 1617, la Reine avait dû quitter Paris. En retrouvant sa chère demeure, son premier souci fut d'en reprendre la décoration. Elle était Médicis, elle était florentine et, parmi ses meilleures vertus, il faut placer son amour pour la belle peinture. Les historiens racontent sans excès d’admiration la biographie de cette reine qui vécut en querelles continues avec son mari, puis avec son fils; mais les historiens de l'art lui doivent une gratitude infinie pour avoir demandé à Rubens de magnifier les pauvres aventures de sa vie royale. Les petits miroirs de Venise où elle se contemplait ne lui renvoyaient qu'un visage un peu lourd, d'une beauté assez insignifiante ; la peinture du grand Flamand lui offrait vraiment une image de reine qui flattait davantage sa vanité ; c'est sur les panneaux

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de Rubens qu'elle aimait à se voir. Songeait-elle à la postérité ? Alors, elle ne calculait pas mal. S il n yavait d’autres témoignages que ceux de Part, le règne de Marie de Médicis resterait, de par le pinceau de Rubens, le plus glorieux de notre histoire.

On peut se demander pour quelles raisons cette reine de France, venue de Florence pour régner à Paris, eut l'idée de choisir son peintre à Anvers. Il en est une qui apparaît aujourd'hui souveraine à nos yeux. Plusieurs siècles d'art nous ont enseigné que | Europe ne connut jamais un autre artiste capable de conduire une telle entreprise. En 1620 déjà, il y”avait des gens-qui savaient que Rubens était le plus beau peintre de son temps et Marie de Médicis était de ces gens-là. Elle avait pu l’apprendre par sa sœur, la duchesse de Mantoue, à la cour de laquelle Rubens avait vécu près de dix ans ; elle pouvait aussi le savoir par son amie, la gouvernante des Pays-Bas, l'archiduchesse Isabelle Claire Eugénie. C'est l'ambassadeur de celle-ci à Paris, le baron de Vicq, qui fut chargé des premières négociations. Il en fut récompensé par un beau portrait, maintenant au Louvre. |

Au premier appel, Rubens accourut. Il vint trois fois à Paris. À son premier voyage (janvier-février 1622), il vit l'emplacement à décorer, —1l devait aussi peindre une galerie consacrée à la vie d Henri IV — ; après discussion, les sujets furent choisis, tout au moins les quinzé premiers qui sont les moins scabreux. Quand Rubens repartit, il emportait à Anvers quelques croquis, d’après le visage de la reine ; il se servira aussi des médailles de Dupré, spécialement pour le profil

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