LA RENCONTRE-DU:ROI ET DE LA REINE À LYON
Ce fut une rencontre impromptue. Marie était dans un
hôtel x Lyon. Le 9 décembre, à la nuit tombée, l'époux qui
s'était fait attendre un peu survint incognito ; 1l ft valoir. que l'on n'avait préparé pour lui ni chambre ni lit. Le lendé-
main on passait à la cathédrale. Rubens a raconté avec esprit cétte rencontre conjugale entre deux cérémonies religieuses.
La chambre d'auberge s'est. métamorphosée en ces nuées divines dont Jupiter enveloppa Junon un jour qu'elle lui.
parut belle et l’enivra d'amour. Fourvières fut l’Ida de ce nouvel exploit mythologique. Le Béarnais grisonnant tent avec une aisance spirituelle le rôle de Jupiter — dont il pra-
tiquera d'ailleurs la désinvolture conjugale. Il enjambe sans
facon l'aigle et se penche en souriant vers la Junon florentine qui baisse timidement les yeux, inclinée, soumise devant cet époux au torse puissant. La constellation de Vénus illumine; l'hymen et les cupidons agitent leurs flambeaux, ‘au milieu des nuées complaisantes, tandis que, ‘sur terre, la ville de Lyon contemple et admiré, sans voir, Ce ciel oragéux où s’assurent la solidité du trôûe et la continuité de la dynastie. Son char est attelé de lions pacifiques, dociles aux deux plus
jolis amours qui soient sortis de l'atelier de Rubens et, si:
vous êtes ignorant du langage héraldique et Féseñs ble à
l'homonymie de la ville et des animaux, il vous reste encore, :
en regardant l'horizon, la cathédrale et la colline de Fourvières, la possibilité de reconnaître la ville de Francé qui eut la gloire d'assister à l apothéose matrimoniale du roi Henri et .
de la reine Marie.