DE MARIE DE MÉDICIS À MARSEILLE
Un mois plus tard, une galère, aux armes des Médicis, richement sculptée, abordait à Marseille ; toujours aecompagnée de la grande-duchesse de Toscane et de sa sœur, la duchesse de Mantoue, la nouvelle reine s’avançäit sur le ponton, digne et gracieuse, accueillie (À bras ouverts » pat cette : même France qui, naguère, présentait son portrait à Henri IV. Et tandis qu'une Renommée impétueuse .s’élancait, sans doute pour avertir le roi, un Neptune ruisselant commandait à ses Tritons et Sirènes la manœuvre pour amarrer la fastueuse galère ; tous manifestent leur Joie en battant les flots, par. une gesticulation exubérante Les tritons soufflent à pleines joues dans leurs conques ; trois inoubliables sirènes : tordent leurs chairs éblouissantes avec la souplesse et les détentes de vigoureux poissons. Rubens a peint de sa main ces torses de femmes torpilles : il avait commandé d'avance, avant de venir à Paris, « les deux dames Capaïo etaussi leur petite nièce Louysa, car je compte faire en grandeur naturelle | trois. études de sirènes ». Mais quel renversement hiérarchique dans le protocole de cette réception royale ! Voici que les charmes des dames Capaïo et aussi de la petite nièce Louysa nous empêchent de regarder et presque de voir le défilé de la reine et des duchesses..