LA FUITE DU CHATEAU DE BLOIS
C'est ici que le récit devient difficile. Rubens aurait dû nous conter la brouille avec Louis XIII, le meurtre de Concini, la fuite de la reine, son exil, son internement à Blois. La fuite de Paris avait été esquissée et peut-être exécutée. Elle disparut pour faire place à la protection des beaux-arts. Mais la reine a consenti à voir rappeler son évasion du chàteau de Blois. C'était par uné nuit d'hiver de 1619. À Ja faveur des voiles que la nuit jetait sur cet exploit, au moment où le jour commencait à pointer, la reine-mère descendit par une échelle de Corde dans les fossés du château ; une suivante prit le même chemin, portant le coffret à bijoux. Minerve présidait et protégeait, ce qui nous atteste la sagesse de l'entreprise, à moins qu'il ne faille encore reconnaître la France qui prend décidément parti pour la mére contre le fils. Marie conserve dans les piresmoments sa dignité de veuve douloureuse ; ses gentilshommes l’accueillent par de grandes tou de dévouement ; c’est, dans la nuit, un beau tumulte d'armes et de reflets de torches. Comment Marie a-t-elle tenu à conserver cet épisode? Parce qu'il était tout à l'honneur de son courage et de sa décision et qu'il rappelait discrètement les mauvais traitements subis. Les héroïnes de l’Ariosté eussent applaudi ; celles de la Fronde ne s’étonneront pas. Enfin, il y avait dans l'aventure un côté plaisant qui permettait le sourire et quand ‘on sourit, on est désarmé.