LA DESTINÉE DE LA RÉINE
Marie n'est pas encore née et, déjà, les dieux s'occupent d'elle. Jamais Jupiter n’a connu une Junon aussi tendre, aussi câline ; 1l faut obtenir une heureuse destinée pour sa protégée. La reine du ciel paraît avoir adopté la fille des Médicis et nous verrons plusieurs fois le couple divin veiller sur elle: ainsi le bonheur de la-réine de France a-t-il réconcilié le ménage olympien. Jupiter, bien assis sur son trône de nuées, laisse tomber un regard favorable sur ‘les trois Parques ; le précieux fil glisse entre leurs doigts agiles et descend tout le long de ce panneau en hauteur. Ce ne sont point les implacables divinités de la Fable, mais trois belles filles de Rubens, une blonde aux chairs de lait; deux brunes au derme plus chaud et leurs torses fluides dessinent, dans cette atmosphère de nuages, de souples arabesques qui se répondent, se continuent et se complètent, évoquant déjà une suite de jours heureux, une destinée brillante et facile. Làbaut, la lumière dorée de l'Olympe et la légèreté de corps de ‘en bas, s'appuyant fortement sur le sol, un corps plus pesant. LA peinture entière; par sa transition de la lumière à l'ombre; de la transparence à la solidité, nous fait descendre du ciel sur la terre.