L'ÉDUCATION DE MARIE DE MÉDICIS
L'éducation ne fut pas moins merveilleuse que la naissance. La petite princesse apprit à lire et à écrire sur les genoux de : Minerve et elle se-penchait devant la divinité casquée, gracieuse comme la Vierge devant sainte Anñe en guimpe de “matrone. Apollon en personne jouait du violoncelle pour lui enseigner la musique ou lui donner le goût de l'harmonie: Mercure, pour lui apporter l’éloquence, descendait du haut de ‘l'Olympe, d'un vol vertical que Rubens seul à su rendre, après Tintoret. La cascade qui étincelle dans le fond doitelle rappeler: la fontaine de Castalie ? Marie devait y reconnaître les grottes du jardin Boboli. D'ailleurs, tous ces dieux pédagogues font pauvre figure en face du groupe lumineux des Grâces. Ce triple exemplaire de la beauté féminine selon Rubens justifie l'emploi et même l'abus qu'il fait du nu, dans ses peintures. La plus belle, la blonde du milieu, tend une couronne du même geste indolent avec lequel elle recevrait la pomme du berger Pâris et sur ces corps aux mollesses un peu banales sont posées des têtes charmantes. L'influence de ces Grâces sur l'esprit de la petite princesse fut indéniable ; mais un peu plus tard, on s’inquiéta de la puissance de leurs-charmes et Félibien nous dit « qu'on les a couvertes de légers vêtements et par des sentiments d’une modestie chrétienne, on a cru devoir retrancher, non pas aux yeux des savants, mais au plaisir des sensuels ce que l'Art avait rendu de très accompli ». Depuis, on a retiré ces voiles, mais ce ne fut pas sans endommager un peu l’épiderme. de ces corps nacrés: ,