‹ La Galerie Médicis de Rubens au LouvreChapitre 7 sur 26 · PRÉSENTATION DU PORTRAIT DE MARIE DE MÉDICIS À HENRI IV · texte numérisé non relu

PRÉSENTATION DU PORTRAIT DE MARIE DE MÉDICIS À HENRI IV

Mais le grand événement fut le mariage qui fit de cette gracieuse Florentine une reine de France. Junon, pronuba Juno, est restée grande marieuse, malgré l'échec mémorable du mariage dé Didon. C’est donc elle qui adressa un jour à Henri IV le portrait de sa protégée peint par Pourbus ou. Susterman et ce furent l'Hymen et l'Amour qui le présen-. tèrent au roi. D’autres amours complices, de délicieux enfants à l'œil vif, enlevaient au guerrier son casque et son bouclier, bien lourds pour leurs petits bras. La France en personne intervint, une alerte femme, casquée comme une Minerve, aux jupes relevées pour mieux courir, aux couleurs de France ; elle soufflait au roi de s’abandonner à la séduction du beau portrait et l'attitude du Béarnais dans sa splendide armure, son spirituel profil un peu renversé, sa main levée, son pas suspendu dans une pose de ténor amoureux, nous font entendre le cri d’admiration du plus galant des rois de l'Europe devant le portrait de la plus belle de ses princesses. Les dieux, l'Amour, la France, tous étaient d'accord; comment le roi eût-il résisté ? Et si l’on voulait maintenant prouver combien Rubens eut raison de faire intervenir FOlympe dans son histoire, il n’est qu’à rappeler les sentiments du besogneux Béarnais à l'égard de son banquier de beaupère : « Je suis, écrivait-il alors, de ceux qui pensent qu'un ‘bon mariage leur doit aider à payer une partie de leurs dettes. » IL demandait 1.500.000 écus de dot; il en 6btint 600.000. Rubens n'était pas tenu d'entrer dans ces détails.

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