OBSERVATION VII
(Levet. — Thèse de Paris, 1894.)
S... Henri, âgé de vingt-huit ans, journalier. Entré le- 13 janvier 18c5, salle Bouvier, hospice de la Salpêtrière.
Antécédents héréditaires. — Mère morte d’hydropisie à cinquante-sept ans, quatre frères bien portants plus âgés que lui. Deux sœurs : une morte de cancer à l'estomac, l’autre bien portante.
Pas de tare héréditaire névropathique connue de lui.
Antécédents personnels. — Fièvre typhoïde à seize mois. Il s'engage à dix-huit ans. A vingt-deux ans, chancre, avec adénite bilatérale non douloureuse, plaques muqueuses, laryngite, croûtes dans les cheveux, alopécie ; il est traité par des frictions mercurielles, puis par de la liqueur de Van Swieten.
Le malade passe en conseil de guerre pour refus d’obéissance, est envoyé en Afrique, où il but pendant un an beaucoup d’absinthe (un verre tous les jours et deux le dimanche). Depuis, d’ailleurs, il n’a plus fait d'excès de boisson.
Début. — En 1888 le malade éprouve quelques douleurs
dans le mollet droit, des tiraillements avec raideur du mem
bre pendantla marche sans qu’il ait rien ressenti dans la cuisse droite.
Cette douleur l'oblige à s'arrêter.
Au bout de dix à quinze minutes de repos il peut reprendre sa route sans souffrir, Mais cinq cents pas plus loin la douleur et la raideur apparaissent de nouveau et l'obligent à s'arrêter, elles disparaissent par le repos. Il observait que son pied devenait blanc, puis rouge pour reprendre sa coloration normale.
Le malade à ce moment était arte dans les bataillons disciplinaires d'infanterie légère d'Afrique. Ce ne fut qu'à grand'peine et après force punitions qu'il obtint d'être exempté de service à la chambrée où il resta pendant trois mois.
Il ne remarqua pas d'amaigrissement tout d’abord dans sa jambe, mais seulement vers 1890. En mème temps la marche devenait de plus en plus diflicile et fatigante.
Il fut libéré en mai 1892.
Depuis cette époque il a constaté que la jambe gauche à son tour se fatiguait plus vite ; il a remarqué la nuit des secousses musculaires, mais pas de crampes douloureuses comme dans la droite. !
Il y a dix mois (en 1893) il a remarqué un petit bouton sur la face dorsale du gros orteil droit; au niveau de l’articulation métatarso-phalangienne, petit bouton douloureux qui ne tarda pas à s'ulcérer et depuis l’ulcération n’a pas guéri.
Après un court séjour dans le service de M. Merklen, il entre à la Salpêtrière.
Etat acluel (17 janvier 1894). — Les battements de la