‹ La Gangrène Des MembresChapitre 33 sur 34 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

(Communiquée par M. le professeur Gaucher.)

M... X..., trente-sept ans, vient consulter M. le professeur Gaucher, le 21 mars 1905.

Le malade a eu la syphilis il y a dix ans. Cette syphilis s’est manifesiée par une roséole, des syphilides palmaires et des plaques muqueuses de la gorge. Le malade s’est traité pendant deux ou trois ans par des frictions mercurielles. Il de marié depuis cinq ans et n’a pas d'enfants ; il a fumé beaucoup, bu un peu et il accuse des excès de coït.

Il y a deux ans le malade a ressenti de vives douleurs dans la jambe droite, en particulier dans le mollet. Un traitement hydro-minéral sulfureux n’a pas amendé ces phénomènes douloureux. Quelques mois après il s’est déclaré une gangrène du pied droit. Cette gangrène qui avait les caractères de la gangrène sèche a nécessité une amputation de la

jambe pratiquée en mars 1904. Une nouvelle amputation plus

élevée a dû être faite en octobre 1904: la plaie résultant de la prémière opération s'était rouverte mais il ny avait pas -eu de nouvelle gangrène.

En novembre 1904, des douleurs ont fait leur apparition dans la jambe gauche qui, depuis, est le siège de sensations de refroidissement et de fourmillements. En même temps ils’est développé une bande rouge violacée Le long de la jambe et sur la face dorsale du pied.

Actuellement ces phénomènes douloureux persistent toujours. Ilexiste un érythème squameux viclacé des deux tiers inférieurs de la jambe gauche et du dos du pied ; par place cet érythème s'accompagne d'épaississement de la peau. Le pied et la jambe sont froids.

Il n'existe point de signes d'affection viscérale. Ce malade n'est pas diabétique.

En somme le malade a eu très probablement il y a deux ans une artérite syphilitique de la jambe droite compliquée de gangrène du pied. Actuellement il existe des menaces d'artérite de la jambe gauche et on est en droit de craindre une récidive des phénomènes gangreneux. Aussi M. Gaucher prescrit un traitement spécifique actif : injection quotidienne de o gr. o2 de benzoate de mercure et iodure de potas-

sium.

OBSERVATION XIV (Communiquée par M. le D' Emery.)

Un homme de cinquante ans, alcoolique invétérée et pré-

sentant les premiers signes d’une cirrhose atrophique dufoie,

contracte un chancre syphilitique de la verge. A la suite, roséole, syphilides papuleuses et plaques muqueuses de la bouche. Cette syphilis fut soignée dès le début par des injections mercurielles.

Dix-huit mois après le chancre, le malade éprouva de vives douleurs dans l'index gauche. Ces douleurs lancinantes et constantes ne tardèrent pas à s'accompagner de l'apparition de plaques noirâtres développées autour de l’ongle du mème doigt. Ces plaques s'étendirent, se fusionnèrent et le doigt, se momifiant présenta tous les caractères de la gangrène sèche. |

Il n'y avait point de glycosurie et M. Emery fit le diagnostic d’artérite syphilitique des artères du doigt compliquée de gangrène.

Le traitement spécifique n'eut aucune action sur ces phénomènes gangreneux et il fallut recourir à l'intervention chirurgicale. M. le D' Ravanier pratiqua la désarticulation de

l'index.

V Lai

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