‹ La Gangrène Gazeuse et Ses Formes de DébutChapitre 21 sur 24 · RACINES · texte numérisé non relu

RACINES

pitation gazeuse remontant jusqu’à la partie toute supérieure du triangle de Scarpa.

Le 27 septembre, à 11 heures du soir, hémorragie abondante par la plaie. Le malade est transporté d'urgence à la salle d'opération. Creux poplité rempli de caillots qui, une fois * enlevés, laissent jaillir un jet de sang très violent. Impossibilité de lier dans le creux poplité par suite de la rupture des vaisseaux et de la présence de nombreux caillots. On fait la ligature de la fémorale dans le canal de Hunter.

Le 28 septembre, la vitalité du membre paraissant compromise, on fait (Dr Rio Branco) une amputation de cuisse circulaire. Puis incisions au-dessus de la ligne d'amputation dans les tissus infiltrés de gaz. On rapproche par 4 ou 5 fils de bronze sans serrer, ? gros drains. Lavage et pansement à l’eau oxygénée. 1%

Le 29 septembre, température : 38. On fait pendant trois semaines environ des pansements et lavages à l’eau oxygénée. Ensuite pansements secs à la gaze iodoformée.

Le 4 octobre, ablation des fils de bronze.

Le 7 octobre, petite hémorragie secondaire suite d'eschare.

Au début de novembre le malade est presque complètement guéri.

Examen de la pièce.

Le trajet des vaisseaux poplités est interrompu au niveau du creux poplité par une masse noirâtre volumineuse (anévrysme ?)

Au-dessous de la lésion, au niveau du mollet, les muscles ont un aspect blanchâtre, comme lavés.

A l’examén histologique pas d’altération.

Observation XVII.

DS

Plaies de la jambe et de la fesse gauche par éclats d'obus.

Le nommé G..., 33 ans.

Blessé le 24 septembre à la jambe gauche, près de Reims; se trouvait dans une tranchée. Également blessé à la fesse gauche.

Pansement individuel immédiat appliqué par un infirmier.

Pansé une seconde fois le 25 dans une ambulance avant d’être évacué directement sur Paris.

Entré le 26 sn à Laënnec, dans le service de M. Hartmann.

1° Sur la partie antéro- re de la jambe gauche, à l’union du tiers supérieur et du tiers moyen on trouve une plaie, de diamètre d'une pièce de 5 francs, à bords déchiquetés ; légerement verdâtres à leur partie interne. Par cette plaie font saillie des lambeaux musculaires. La jambe est œdématiée ; cet œdème descend sur le pied. La pression sur les parties environnantes fait sorlir par cette plare des bulles gazeuses. Autour de la plaie on voit une zone rougeâtre quise prolonge sur la face postérieure de la jambe et remonte jusque vers le pli fessier, Dans loute la jambe, depuis les plateaux tibiaux jusqu'au piéd il y a dé la crépitation gazeuse.

20 Sur la face interne de la fesse gauche, dans le pli génitocrural, -on remarque une entaïlle de 3 ou 4 centimètres de long, à fond sanieux, de laquelle sort du pus. Autour de cette entaille la peau présente une coloration rosée. Température 400,2. État général mauvais. ie

* Opératton. — Le même jour on fait une amputation de cuisse circulaire, avec fente externe. Le tissu cellulaire souscutané contient à sa partie antéro-externe des gaz.

Lavage à l'eau oxygénée au tiers.

La plaie est laissée largement ouverte avec deux mèches de

GR

gaze trempées dans eau oxygénée. Deux fils de bronze rapprochent mollement la partie moyenne de la plaie.

20 Débridement de la plaie suppurante périnéo-crurale. Extraction d’un débris d'obus et d'un morceau de pantalon rouge. Mèche de gaz trempée dans l’eau oxygénée.

(La radioscopie, non plus que l'examen, n’a décelé de fracture.)

Le 27 septembre, la température est tombée à 37°,8. Pendant une quinzaine de jours on fait des pansements humides avec eau oxygénée après lavages avec le même liquide.

Le 5 novembre, le malade est presque complètement guéri. |

Observation XVIII.

Plaies de la jambe droite par éclats d'obus.

Le nommé H. J..., 28 ans (infanterie coloniale).

. Blessé le 29 septembre aux environs de Péronne, par éclat d’obus à la jambe droite. Pansement individuel? Nouveau pansement seulement 3 ou 4 jours après. Pansé le 2 octobre pour la dernière fois.

* Entre le 3 octobre à l'Hôtel-Dieu, dans le service de M. Hartmann.

On trouve deux plaies au membre inférieur droit, l'une siégeant sur la jambe, l’autre sur le jarret.

Gangrène verdâtre de la jambe. Teinte couenne e de jambon sur la cuisse. Toute la cuisse en outre présente de la crépitation gazeuse remontant jusqu'au-dessus du pli inguinal.

Opération immédiate (M. Cruet). Consiste en une amputation haute de la cuisse, suivie d'incisions longitudinales faites au-dessus de la section circulaire de la peau, perpendiculairement à cette section. Par ces incisions on introduit des compresses imbibées d’eau oxygénée dont les chefs ressortent par la tranche d'amputalion.

L'état général était très fortement touche. La température à 40°,2. on if HR Le malade meurt 3 heures après son arrivée à l'Hôtel-Dieu.

Observation XIX.

Plaies du bras droit avec fracture compliquée de l'humérus.

Le nommé [..., âgé de 23 ans.

* Blessé le 21 septembre à Beaurieux (Aisne), au bras droit. Pansement le 21 septembre. Second pansement le 24. Entré. le 25 septembre à Laënnec, dans le service de

M. Hartmann.

A l'examen on constate une fracture compliquée esquilleuse

de l'humérus droit, à l'union du tiers supérieur et du tiers moyen. :

Éclatement large des téguments avec saillie des muscles et aponévroses à la face externe du bras.

Plaie plus petite siégeant à la face interne du bras.

Sur la partie inférieure du bras et sur l’avant-bras il y a des plaques rougeâtres. À la palpation toutes ces parties sont refroidies et insensibles. La palpation provoque de la crépitation gazeuse.

Température 390,5.

Opération. — Le jour même. Désarticulation de l'épaule.

Lavage au bock à l’eau oxygénée.

Le 26 septembre : Mort.

Observation XX.

Plaie de la cuisse.

Le nommé D...

Blessé le 26 septembre à 11 heures du matin. Pansement

no ;

Rp ee

immédiat. Hémorragie très abondante : le blessé se sent la jambe comme endormie presque aussitôt.

Entré le 28 septembre à l'Hôpital auxiliaire 58 Maison de santé de M. H. Hartmann).

A l'hôpital de Torny, le voyant très anémié et la cuisse gonflée, le major, pensant à une hémorragie interne, fait la ligature de la fémorale à la base du Scarpa. Il y avait un vaste hématome de la cuisse, et la plaie continuait à saigner. Température 400,4 le 28 au soir. À

. Le 29 septembre, le pied et la jambe sont froids. Il y a des gaz crépitants dans le tiers inférieur de la cuisse. État général très mauvais. Température : 40°,2.

Amputation haute de cuisse, ouverture d’une cavité remplie de caillots noirâtres, avec gaz remontant à la partie moyenne. Circulaire à fente externe.

Le malade ne se remonte pas et meurt 2 heures après l’opération.

Observation XXI.

Plaie du bras droit par balle. Plaie en séton de la cuisse gauche par balle.

Le nommé H..., 21 ans.

Blessé le 5 novembre près de Fismes. Pansement individuel immédiat, Second pansement à l’ambulance de Braisne.

Entré le 8 novembre à l'Hôtel-Dieu, dans le sgrvice de M. Hartmann. | |

1° Sur le bras droit, plaie par balle au niveau de la face poslérieure du coude; à 2 travers de doigt au-dessus de l’olécrâne, orifice arrondi de 8 millimètres environ. L'orifice de sortie siège à la partie moyenne de l’avant-bras sur la face antérieure; c’est une large plaie ovalaire de 10 centimètres sur 7 centimètres ; à petit axe parallèle à l'axe du membre. Les masses musculaires sphacélées font hernie par cet orifice. Il existe de: la. mobilité anormale au niveau de l'extrémité

EL SGR inférieure de l'humérus. Tuméfaction du coude et de l’avantbras, s’arrêlant nettement au niveau de la partie inférieure de la plaie. Pas d'ecchymoses. Mains légèrement œdémaliées.

Intervention, on débride l’orifice d'entrée. Dans le fond de la plaie on voit les deux fragments irréguliers de l'humérus et quelques esquilles flottantes. Lavage à l'eau phéniquée. On place un drain dans la plaie supérieure et un drain dans la plaie inférieure sortant par une contre-incision.

de La cuisse gauche présente une’ plaie en séton par la balle, non infectée. L'un des orifices siège à la face interne de la cuisse, à 5 travers de doigt au-dessous du pli inguinal:; le deuxième orifice est situé à la partie antéro-externe de la cuisse, à l'union du üers supérieur et du tiers moyen.

Le 11 novembre, on place un drain dans la plaie situé à la partie antéro-externe de la cuisse.

Le 14 novembre, on remplace par un drain plus grand. Température 38° le matin, 40° le soir.

Bras droit : le 14 novembre, nouvelle incision à la partie inférieure du bras légèrement en dehors de la ligne médiane. Passage d’un autre drain à la partie inférieure de l'avantbras, allant du petit orifice inférieur à la vaste plaie moyenne.

Cuisse gauche : le 16 novembre, le malade souffre du genou et de la cuisse pendant la nuit. Genou globuleux et chaud. On retire par ponction 1 centimètre cube environ de liquide d’hydarthrose. La cuisse est considérablement augmentée de volume.

On fait une incision sur la face externe de la cuisse à la partie moyenne, longue de 15 centimètres. Contre-incision à travers le tendon du biceps à travers de doigt au-dessus de l'interligne articulaire du genou. Il ne sort pas de pus, mais une sérosité d'œdème.

Drain en anse dans les 2 plaies. Drain remontant vers la hanche.

Le 17 novembre, le malade agité présente des paroles incohérentes. Température 419,2.

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