‹ La Gaspésie en 1888 [microforme]Chapitre 11 sur 12 · RES · texte numérisé non relu

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pauvres gens hurlaient: “A bas a taxe d'école!” Le jour de la Toussaint, à la sortie de l’église, on pouvait lire, écrit en gros caractères, ‘un avis convoquant pour le lendemain le ban et l’arrière-ban de la population d’Irish Town, dans le but

d'engager l’inspecteur' d'école à

ne plus parler de l'établissement de la taxe scolaire, et de le pen- ‘ dre, dans le cas où il ne voudrait pas promettre de ses désister.

L’inspecteur lut cette affiche, l'enleva de la porte de l’église où

elle était clouée et la déchira en

mille morceaux, en présénce de la foule. Il savait qu’on ne lui ferait rien aussi longtemps que, à la façon des lâches, les dupes de la maison Robin ne seraient

pas enivrés, et au sortir de l’ézlise, elles étaient toutes sobres.

Le soir du même jour, après le couchér du soleil, La Canadienné, commandant Fortin, velait jeter l’ancre dans l’anse du sud-ouest de Percé: c'était la Providence aui l’envoyait si’ à propos.

Je rédigeai une plainte et la portai à bord où je là remis au commandant Fortin, tenu par sa position de me protéger contre la pendaison dont j'étais menacé. Je trouvais ce remèdë où ette manière de se débarrasser de moi un peu ie: raide, et je protestais: qui n’en eût pas fait autant à ma place?

On a reproché (peut-être pas Sans raison) au commandant

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Mardi:

Fortin, tout le temps .qu’il a occupé sa position sur La Canadienne, d’avoit été-trop, beaucoup trop l'ami des marchands jersiais, les sangsues des pêcheurs et les ennemis nés de tout progrès sur la côte. Le commandant Lavoie s’est montré tout autre à l'égard de ces éteignoirs, et il a eu mille fois raison. Il s’est fait l’ami 4e ceuv qu’il avait pour mission de protéger et il a ignoré les oppresseurs. | Quoi qu’il en soit, le commandant Fortin s’acquitta bien de la iâche qu’il avait d’apaiser- la meute lancée contre moi par la maison Robin... et je ne fus point pendu. Ste Quelques semaines ‘après ce

coup monté et manqué, on essayait de mettre le feu, la nuit, à la maison que j’habitais avec ma famille. Grâce à un ami, qui urprit les malfaiteurs à temps, j'échappais à la corde, mais c’était pour tomber dans le feu.

Aussi, je jugeai prudent de quitter Percé pour aller demeurer à la Grande Rivière.

. Le chemin les voitures allant au Bassin de Gaspé, à 10 lieues de Percé, fait une ascension de

deux milles sur le flanc occiden- \ tal du mont Sainte-Anne, puis.

traverse les Cannes de Roche a-

vant d'arriver au Coin du Banc.

Le Banc, lui, se prolonge jus. :

qu'à la Barre à Choir (Barachois), où l'on traverse la rivière : en bac. Il y a ici une église de-. :

puis 1868 et le premier curé résident fut un M. Lamontagne.

On “trouve à cet endroit plusieurs chefs de famille du nom de Tapp, descendants d’ün “vieux - patriarche” de ce nom. Ce charmant-vieillard a toujours été l’ami dévoué des missionnaires, et c'était de plus un Catholique fer.

vent et sincère, Ses fils et petits-fils forment l'élite, de la po- /Puülation de Barre-à-Choir, entre | auares M. Thomas ou Tom Tapp, .ue j'ai connu intimement, lui et son aimable famille. à “En bateau, on se voit pas les Cannes-de-Rochëé: mais on aperçoit facilement la Barre-à-Choir et son église, dans l’enfoncement )û-elles se trouvent et à une dis- \tañce de 9 à 10 milles. On évite

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l'ellipse que forme le rivage et l'on va droit à la pointe Saint- Pierre, où était autrefois l’église de cette mission, desservie par le curé de Douglastown.: La résidence du curé a été transporée à Barre-à-Choir tel que je ’ai dit plus haut.

Nous passons tout près du Plateau, rocher plat situé à une petite distance de la pointe St-

Pierre; puis nous voici en face d’un endroit qui porte le nom assez drôle de Chien-Blanc: c’est une mission du curé de Saint- Pierre de la Malbaie ou Barré-à- Choir. Vous voyez d'ici, sur cette éminence, l’église propre et graciéuse le ce groupe de catholiques isolé des Jersiais de la Pointe Saint-Pierre. Te Chien-

en mn,

k + Blanc a reçu le nom de Saint- 3 George en l’honrieur de M. George Prével, citoyen fort honorable et fort respecté, mort il ya deux ans.

Plus loin, à gauche et en avançant toujours vers le Bassin, ous voyez, perchée sur des côteaux, la paroisse de Dougiastown, fondée vers 1845. Toute la population se compose d'I-- Er, | landais de naissance ou de des-

: =. cendance.

Nous voici à l'entrée de la Baie-de-Gaspé, formant sept lieues de longueur, de La Vieïlle au fond du Bassin. A droite, Vous avez la Grande Grave (non:

pas Grève comme'on l'écrit gé.

néralement), le Cap aux Os, ete.

A gauche, le Banc de Sable

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(Sandy. Beach), où je trouvais, en 1859 ou en 1860; le cadavre d’un matelot de La Canadienne, qui s'était noyé avec deux de ses

camanades de bord. , 4 Nous sommes enfin au Bassin, # vaste nappe d’eau entourrée de “à côteaux verts. Un navire ici est à aussi en sûreté qu’un rat dans + son fromage, Le vent peut souf- 2 er, la tempête peut déchaîner F:

oute sa fureur, jeter à la côte à es plus gros navires, tandis É.

-que les eaux du Bassin sont à É peine ridées. | bé

Le Bassin ou Gaspé (ces deux nots sont synonymes ici) a été + a résidence de M. Jean Boutil- SA ier, qui a été le député du com- 4 ‘6 ‘une trentaine d’années. Ce :

monsieur le Boutillier, qui a fait les affaires considérables au

Bassin, à Percé, à l’Anse au Grisfonds, Ste-Anne des Monts, tc., s'était allié à une Canalienne catholique, et, quelque temps avant dé mourir, il s'était fait catholique lui-même, de sore que, heureusement, il n'avait blus de jersiais que le nom, transmis à une famille nombreu- .

se. É Il y a un quart de sièele, le Rév. M. de la Mare, ministre jersiais, les deux frères Eden, marchands, un cultivateur portant le nom lugubre de Coffin, et le colonel! Belleau, un compatriote, s’il vous plaît, étaient les commissaires de la municipalité scolaire du Bassin. Cette moitié de décemvirat scolaire avait . tellement l’amour des écoles qu’-

ièrent avec leur petit bonheur,

elle faisait pour plaire à messieurs les Jersiais de la maison Robin, ve guerre acharnée à

‘établissement de la taxe des écoles. +

“Messieurs, équatre d’entre vous sont des hommes de position et gagnant leur vie honorablement au moyen de l’éducation qu'ils ont reçue. Vous n’avez donc aucune raison plausible de VOUS opjx<er à une loi qui doit propager Jes bienfaits de l’éducation dans votre municipalité. Je vous condamne donc au maxinum de la peine légale, et je regrette seulement que. le maxinum ne soit pas pas d’un chiffre lus élevé,”

Ces éteignoirs payèrent aaende et frais et. s’en retour-

nais pas avant d’avoir été prenire un verre de consolation avec es agents de Ch. Robin et Cie.

À propos d'écoles, je place ici .'école avait ure horreur instine tive, comme le très grand nombre de ses congénères, d tout ce qui touchait de loin où de près au français, et ce fanatisme, il le poussait jusqu’au point de faire angliciscr par ses élèves les 1oms propres d'origine française, : j in dernier souvenir, qui fera voir comment on enseignait l'Histoire, dans les écoics jersiaises de cette époque. | Il y avait alors, entre le Capaux-Os et le Bassin, une école tenue par un Jersiais du nom de Cole. Non seulement ce maïtre + A ma première visite officiel-

ke, je me mis tout d’abord à in

terroger les élèves sur l’His.o:

re du Canada, et fallait-il encore poser les questions en anglais : pour être compris.

. — What is the name of the discoverer of Canada ? demandaije aux élèves.

— I know it, ï ie it, répondirènt en même temps plusieurs écoliers.

— Well, what is it?

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