MORTALITÉ PRÉCOCE
Cette appellation groupe les décès se produisant, les malades encore hospitalisés, dans les 5 ou 6 jours qui suivent directement l’intervention.
Les 11 malades suivants se répartissent ainsi :
Les 5 premiers, opérés durant l’année 1943, font . partie d’une série de 24 gastrectomisés. |
Les 6 derniers, opérés durant l’année 1944, font partie d’une série de 34 gastrectomisés. ÿ Voici leurs observations :
OBSERVATION N° 1. — M. H. V.., 58 ans.
Le 17-10-42, consulte dans le service pour un syndrome ulcéreux typique datant de 4 à 5 mois. Il se plaint de douleurs épigastriques à type de brûlures, non réglées par les repas. L’appétit est conservé. Cependant, le ma-
lade a maigri de 15 kgs en six mois. La radio montre .
un ulcère géant du 1/3 inférieur de la P. €. Le 5-11-42 il est hospitalisé en médecine à la salle Lorain. Le 7-11-
42, une gastroscopie pratiquée à l'hôpital Broussais,
montre une lésion de la petite courbure énorme, puisque mesurant 10 à 12 cm. de haut sur 7 à 8 cm. de large avec une forte suspicion de néoplasme.
Cependant, un traitement médical d’épreuve (Soluprotine, Hépatrol) est institué. Le 28-11-42 une seconde gastroscopie constate cette fois, la disparition de l’ulcère.
Le 11-12-42, cependant devant les douleurs persistantes, le malade entre dans un service de chirurgie.
Examens préopératoires :
Urines So Ao T. A. — 16.9 Urée 0,46 T. S. 230 T. C 8’ ; Num, 3.980.000 GR 8600 GB 90 % d’Hb T. moyenne 37° 37°7,
Le 14-12-42, une gastrectomie est pratiquée sous ra-
chianesthésie et complétée d’anesthésie locale à la no-
vocaine.
CR.O. — MSO. On trouve un ulcère de la P. C. chevauchant sur la face postérieure, pénétrant largement dans le pancréas qui paraît induré dans son ensemble.
M DURS | Th LT
La gastrectomie à la Finsterer s'avère très difficile par
suite d’adhérences et de la périgastrite. On éprouve de la difficulté à la séparation de l’ulcère du pancréas. Le fond de la zone adhérente a un aspect inflammatoire, le reste de la gastrectomie s’effectue difficilement du fait
de la rétraction de la P. C. qui oblige à couper au voisinage de l’œsophage.
1 drain.
Voici quelles furent les suites opératoires :
Après des phénomènes de ballonnement abdominal importants au 5° jour, se produit soudain, une évacuation de liquide pancréatique. À ce moment, T. à 38°5, U. S.
à 1 gr., et le décès survient au 5° jour dans un tableau de collapsus, le 19-12-42.
‘L'autopsie révéla un foyer de nécrose pancréatique assez étendu, responsable du décès.
C. R. histol. Ulcère calleux de grande dimension à fond très scléreux avec mutilation considérable de la tunique musculeuse. Aucune image de malignité. Ganglion
également intact.
OBSERVATION N° 2. — M. G. B..., 43 ans.
Ce malade précédemment opéré d'urgence, en juin 1939 pour un uleère perforé, le 11-1-43 consulte dans le service pour douleurs épigastriques, vomissèements et un certain état de dysphagie. La radio montre un ulcère de la P. C. « image constante de rigidité de la P. C. avez
petit éperon persistant à sa partie inférieure ». En
raison de ses antécédents, le malade est adressé dans un
service de chirurgie (le dossier ne figurant plus dans le service, aucun examen préopératoire ne peut être rapporté ici). ;
Det: Dr
Le 9-2-43 une gastrectomie est pratiquée sous anesthésie locale associée au préalable de 3 morphines.
CRO. MSO. Adhérences très nombreuses et très ser: rées-du foie à la paroi, de l’estomac au foie, au pancréas et au plan prévertébral. Les parois gastriques ne sont pas très souples. Gastrectomie sans incidents, suivant le procédé Polya. Fermeture en 3 plans. Drain n° 35 entre foie et anastomose.
Voici les suites opératoires qui, normales pendant une quinzaine d'heures, prirent une tournure rapidement désastreuse. La T. s'élève bientôt à 40° et un collapsus vasculaire constitué en quelques minutes (tension imprenable, pouls incomptable, grosse dyspnée, cyanose) est amélioré passagèrement sous l'effet d’un traitement infiltration stellaire, novocaïne IV, sérum adfrénaliné chaud IV, en perfusion. Le 10-2-43, le lendemain même de l'intervention, à la 4° heure de perfusion, la mort survient,
Nous ne pouvons fournir de renseignements nécropsiques par suite d'opposition.
OBSERVATION N° 3: = M. C-J..., 57 ans.
Ce malade, porteur d’un ulcère duodénal diagnostiqué en 1933, fut opéré d'urgence en 1941, à l'hôpital St Louis pour perforation ; l’ulcère ne fut pas enlevé. En mars 1943, consulte dans le service pour reprise des douleurs : douleurs précoces continues à paroxysmes . post-prandiaux. Pas de vomissements ; quelquefois, nausées.
La radio montre en plus d’une hypertrophie des plis” de l’antre, un bulbe déformé et rarement injecté. Pas de niche visible,
r TS
Sn
Un traitement médical (Laristine, Histamyl) n’amène pas d'amélioration.
Le 27-5-43, le malade entre dans un service de chirurgie.
Examens pré-opératoires :
Urines So Ao T. A. 10.7.
Num. 4.090.000 GR 5800 GB 100 % -d’Hb.
T. moyenne 36°6 36°8.
Le 1-6-43 une gastrectomie est pratiquée sous rachianesthésie complétée de novocaïne locale.
C. R. O. — MSO. Adhérences multiples sous-hépatiques collant la P, C. au foie et progressivement libérées. Cicatrice d’ulcus duodénal juxta-pylorique collant au pancréas qu’on libère. Section et fermeture duodénales. Gastrectomie aux 2/3 de droite à gauche à la Finsterer avec surjet au catgut. Suspension sous-mésocolique de la bouche assez difficile car le mésocolon est très rétracté.
1 drain sous le foie. Fermeture pariétale.
Des suites opératoires inconnues n’expliquent pas le décès qui survint le 3-6-43, c’est-à-dire au 2° jour en poussée hyperthermique constante : 38°2 le premier jour, puis 39°2.
L’autopsie n’a pas été pratiquée ou ses conclusions n’ont pas été consignées.
OBSERVATION N° 4. — Mme M. G.., 68 ans.
En avril 1943, vient consulter pour douleurs épigastriques à type de pesanteur, survenant 2 heures après les repas, par crises séparées de 5 à 6 jours. Pas de vomissements, mais nausées. Cette malade a maigri de 20 kgs en 1 an.
La radio montre une niche en plateau à la partie moyenne de la face postérieure et débordant sur la PsE avec dilatation énorme de l’antre. Une gastroscopie confirme l’ulcère mais émet une suspicion de néoplasme. Un traitement d’épreuve à la Soluprotine est institué. En juin 1943, aucune amélioration n’est survenue et la radio montre l'augmentation de la niche.
Le 8-7-43, la malade entre en chirurgie.
Examens pré-opératoires :
Cœur, Poumons RAS.
Urines So Ao T. A. 14.8.
CUS OT CRIE Num. 3.340.000. GR 4.200. GB 90 % d’Hb.
Traitement préalable au K-Thrombyl et CF Ca (4 gr. par jour) pendant 4 jours.
Le 14-7-43 une gastrectomie est pratiquée sous anesthésie locale à la novocaïne à 1/200.
C. R. O. — MSO. On découvre sur la P. C., dans sa portion verticale une induration qui peut aussi bien être un néo qu’un ulcère. Il y a de gros ganglions assez mous dans la région préaortique et devant les courbures. Le foie est indemne, .
On fait une gastrectomie Finsterer aussi large que possible,
Septoplix. 1 drain.
Il faut noter que la zone indurée adhérant au RES n’était pas perforce,
Le 18-7-43. Décès au 4° jour avec T. à 40°, montée progressive de la température en 4 jours. Traitement sulfamidé dans les 2 derniers jours sans action. Aucun rapport d’autopsie dans le dossier. ‘
CR histol. C’est un ‘ulcus gastrique typique compor-
tant un processus congestif récent. Aucune malignité sur la pièce. Réticulose ganglionnaire diffuse. Pas de métastase,
OBSERVATION ND M B.S.., 4dians,
Le 6-8-43, le malade vu dans le service à cette date souffre depuis le mois de juillet 1943 de douleurs en ceinture avec irradiations dorsales sans horaire précis et
a fait, la veille, une hématémèse peu abondante. L’exa-"
men physique décèle un foie légèrement augmenté de volume. La radio montre un ulcère typique du bulbe. On essaie un traitement par Kaolin Laristine Paratyrone.
Le 11-10-43, le traitement s’avérant inopérant, le ma-
lade est envoyé dans un service de chirurgie pour inter-
vention.,
Examens préopératoires :
Urines So Ao°T. A 11,5 — 6,5 USA040 TSA8/2T. C.2/30. 2 Num. 3.760.000 GR 6.400 GB.
: F. L. 86 neutro, 2 éosino, 8 Gd mono, 4 Lympho.
Le 16-11-43 une gastrectomie est pratiquée sous anesthésie locale.