QUAND FAUT-IL OPÉRER
A celte question nous répondrons : le plus tôt possible. Cette réponse, nous objectera-t-on, n’a rien d'assez précis; cela n’est malheureusement que trop vrai. C’est qu'ici entrent immédiatement en ligne de compte deux facteurs : le chirurgien qui, incertain de son diagnostic, recule à grand tort selon nous, devant une laparotomie exploratrice, le malade qui, espèrant toujours, remet, remet sans cesse, jusqu’au jour où sous l’empire d’atroces douleurs, il réclame à grands
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cris, comme la chose est fréquente en Allemagne, une opération tardive, désormais inutile, que souvent même il faut lui refuser.
Il faut opérer de bonne beure, car c’est dans ce cas
seul que le malade pourra supporter ce shock qui est la terreur de la chirurgie abdominale, C'est dans ce cas seul qu’on pourra réaliser l'opération type, et ne pas être réduit, devant l’envahissement du néoplasme, à des procédés plus ou moins atypiques, qui nuisent au bon succès de l’opération.
C'est ici, que devant l'impuissance où l’on se trouve dès le début de préciser un diagnostic, nous ne saurions trop proclamer hautement l'utilité de la laparotomie exploratrice.
Entre les mains de chirurgiens habiles, nous ne lui connaissons plus guère aujourd’hui que l'ennui de la chloroformisation, et elle a l’immense avantage de nous montrer, dès les premiers symptômes de sténose pylorique, si l’obstacle est bien au pylore et ce qu’il reste à faire,
La médecine a tout fait jusqu'ici pour essayer de préciser son diagnostic. Ses louables efforts sont restés impuissants. Successivement on a préconisé les poudres effervescentes (Billroth), l’insufflation de l’estomac (Angerer), la gastroscopie (Mikulicz), pour mettre en évidence la tumeur pylorique. Tous ces procédés sont incertains. La chirurgie seule peut parler. Qu'on la fasse donc parler ? C’est un mode d’investigation que par tous les moyens il nous faut tenter de faire pénétrer, à l’exemple des cliniques de l'étranger, dans nos mœurs chirurgicales.
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Il est des cas d'ailleurs où la laparotomie seule a donné les meilleurs résultats. M. Richelot (1), dans un mémoire publié en octobre 1891, insiste «sur les effets curateurs par action trophique de la simple incision abdominale (2). Tout le monde enfin sait quelle influence, aussi heureuse qu’inexpliquée, la simple laparotomie exerce sur les tumeurs intra-abdominales.