CHAMP OPÉRATOIRE
Comme dans toute opération chirurgicale l’antisepsie, dans la gastro-enlérostomie, est une règle absolue. Nous dirons même plus: elle est la pierre d’achoppement, la menace perpétuelle, la condition sine qua non du succès de l’opération. Ici plus que partout ailleurs elle est d'une importance capitale, car elle doit être double. Il faut préserver la cavité péritonéale de l'infection venant « du dehors» après la laparotomie, de l'infection venant « du dedans » après l'ouverture de l'estomac et de l'intestin, c’est-à-dire que le chirurgien doit se préoccuper de deux choses :
1° Assurer l’asepsie des voies digestives.
2° Assurer l’asepsie du champ opératoire.
Rendre aseptiques les voies digestives est assurément une chose impossible. Mais le chirurgien qui ne doit rien avoir à se reprocher, doit-il au moins faire tout son possible pour atteindre une asepsie relative.
(1) Cité par Guinard.
(2) Société de chirurgie, oct. 1891.
Le régime préopératoire devra d'abord atteindre ce double but, de donner au malade le summum de forces et d'énergie, sous une forme assimilable occupant le moins de volume possible, et pouvant passer de l'estomac dans l'intestin. Or dans le cas présent, le plus souvent il ne sera possible de donner autre chose au malade que du bouillon et du lait. On y joindra, comme le recommande Villar, des cachets de naphtol, de magnésie et de salicylate de bismuth, et, si on le juge nécessaire, on donnera au malade quelques lavements. nutritifs (1).
Pendant les jours qui précèderont l’opération, on veillera à l’évacuation des voies digestives par de nom- = breux lavements (Lauenstein). Il faudra se défier des - purgatifs (Vilar), de peur de la dépression qu’ils pourraient provoquer chez un malade déjà affaibli par une inanition progressive.
Quant à l’asepsie du champ opératoire ; elle est facile. On a proposé de grands bains quotidiens dans les jours qui précèdent l'opération; mais, comme ie fait remarquer fort bien M. Villar, outre que ces bains peuvent affaiblir le malade la plupart des laparotomies peuvent étre faites en se contentant des manœuvres antiseptiques ordinaires : savonnages à la brosse, — lotions avec un mélange d’alcool et d'éther, — puis lavage au sublimé.