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II NOTICE

ironie, qui lance sa pointe quelquefois, l'aimable poète égayé, réjouit toujours et ne fatigue jamais.

La Gastronomie, gui paraît aujourd'hui dans la collection des Petits Chefs-d'œuvre, et dans laquelle Berchoux a semé toute la fleur de son esprit et de son talent, eut une vogue extraordinaire. Elle fit les délices de la France entière, surtout à cette époque du Consulat et de l'Empire où les esprits, enchaînés par les préoccupations politiques toujours croissantes de Vheure présente, dédaignant les vastes pensées, les larges horizons en littérature, accordaient de joyeux bravos aux poètes qui déridaient leur front par des badinages charmants et, provoquant un doux rire, leur faisaient oublier leurs ennuis.

Berchoux vint donc en un bon temps, et pendant que, dans le monde un peu remuant et remué de cette époque, on lisait avec autant d'avidité un article de l'impitoyable Geoffroy qu'un bulletin de la grande armée, le poème de la Gastronomie, bien que jeté au milieu de nos triomphes et de nos victoires, sut exciter une admiration universelle au sein d'une société qui, d'ailleurs, ne comptait pas les plaisirs de la table parmi ses dernières occupations. A ce moment-là nous avions encore de joyeux rires, assaisonnés de plaisanteries charmantes et parfaitement gauloises; et, pour les provoquer, le bon Désaugiers, ce chanson-

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